Pimkie va se séparer de 37 magasins et supprimer jusqu’à 208 emplois

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Pimkie, en proie à des résultats déficitaires depuis 2015, entend recourir à la toute nouvelle procédure de la rupture conventionnelle collective pour céder, ou fermer, 37 magasins, et supprimer jusqu'à 208 emplois.

Pimkie va céder ou fermer 37 magasins dans le monde dans les deux à venir. Cette mesure, annoncée ce lundi 8 janvier 2018 lors d’un comité central d’entreprise, s’accompagne d’un projet de réorganisation plus large qui, en plus de la suppression d’un maximum de 83 postes en magasins, entraînera la perte de 41 postes en logistique et de 84 au siège international et au siège en France. Soit un maximum de 208 emplois perdus.

Pour engager cette procédure, « l’entreprise se propose de recourir au nouveau dispositif issu de la réforme du code du travail privilégiant les départs volontaires : la rupture conventionnelle collective (RCC) ». Ce qui signifie donc que ces départs devront se faire sur la base du volontariat, et qu’il convient dans tous les cas de trouver un accord avec les représentants du personnel et les organisations syndicales. « Les négociations s’ouvriront dès demain, mardi 9 janvier », précise le groupe Pimkie, dans un communiqué.

Pimkie, qui compte aujourd’hui 754 magasins, dont 321 en France, 150 en Allemagne, 120 en Espagne, 100 en Italie ou 30 en Belgique, est poussée à cette restructuration par ses mauvais résultats récents. « L’entreprise présente des résultats déficitaires depuis 2015 et un chiffre d’affaires 2017 en baisse de 10% par rapport à l’année précédente », précise ainsi l’enseigne.

Un prix moyen trop élevé pour rester dans le coup

La cause de cette dégringolade ? Elles sont doubles, au moins. Citons d’abord un marché de la mode en déclin constant depuis dix ans en France – entre 18% et 20% du chiffre d’affaires du secteur s’est envolé depuis 2008. Et évoquons, également, ce qui est la conséquence directe du premier point : à savoir la complète réattribution des cartes sur ce marché. Or Pimkie, malgré ses 46 ans d’histoire – l’enseigne est née en 1971 - et ses 563 millions d’euros de chiffre d’affaires revendiqués sur son site internet, n’a pas réussi à se réinventer.

C’était pourtant une nécessité quand, dans le sillage d’un insolent Primark, tous les codes anciens de la mode ont volé en éclat. A commencer par celui de l’image-prix. Chez Pimkie, on dit avoir vendu 42 millions de pièces en 2016. Une simple règle de trois permet par conséquent de définir le prix moyen d’un article : un peu plus de 13 euros. C’est beaucoup trop pour une enseigne connotée d’entrée de gamme.

Pimkie n’a pas su, ou pas pu, revoir sa stratégie à temps

Comparaison n’est pas raison mais, chez Kiabi, le prix moyen est tombé à 7,30 euros en 2017, fruit d’un immense travail de remise à plat de l’offre. Ainsi, pour la seule année 2014, Kiabi avait fait chuter ses prix de 17% pour demeurer compétitif alors même que Primark, justement, faisait son entrée en France. Même politique adoptée par Gémo : « Nous avons baissé nos prix de 15 % sur les trois dernières années », nous expliquait ainsi Hubert Aubry, le directeur général de Gémo. Pimkie, qui n’a pas su, ou pas pu prendre ce problème à bras le corps, s’en mord maintenant les doigts. 

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