Piyawat Titasattavorakul (7-Eleven) : « Nous visons 3 000 magasins en Thaïlande »

7-Eleven dispose de 1 670 magasins à travers la Thaïlande, ce qui en fait son quatrième marché mondial. La chaîne de convenience stores n'entend pas arrêter là son développement, comme l'explique Piyawat Titasattavorakul, directeur général de CP 7-Eleven Public Co, Ltd, master franchisé de 7-Eleven en Thaïlande.

LSA Glob@l Retail : Comment expliquer cette réussite thaïlandaise ?

P.T. : D'abord, le développement est loin d'être fini ! Nous visons 3 000 magasins d'ici à cinq ans, avec une progression régulière de 200 magasins par an. Ensuite, l'explication de notre réussite tient dans plusieurs facteurs. Quand nous sommes rentrés dans la famille 7-Eleven, il y a 12 ans, la Thaïlande était en plein boom économique, ce qui nous a permis un bon départ.

Par ailleurs, nous nous sommes sérieusement concentrés sur le choix des lieux. Nous occupons et achetons les meilleurs emplacements, et nous sommes les plus rapides pour cela. D'ailleurs nous n'avons fermé que 60 magasins depuis nos débuts, [soit 3,6 % en 12 ans], contre une moyenne de 3 à 5 % par an dans le monde.

Enfin, notre troisième facteur de réussite provient des services que nous offrons. Par exemple, dans plus de 1 000 magasins, il est possible de payer sa facture de téléphone ou d'électricité. Ce service n'est pas vraiment rentable, mais c'est une valeur ajoutée importante pour les consommateurs.

L.G.R. : Vos concurrents, Family Mart et AM/PM en tête, sont nombreux. Comment vous démarquez-vous ?

P.T. : Nous nous concentrons sur les produits frais et les repas à emporter. Nous proposons actuellement 75 % de produits alimentaires, mais il faut que nous augmentions encore plus cette part, afin d'améliorer notre marge, qui n'est actuellement que de 24 %, contre 35 % aux Etats-Unis.

L.G.R. : Vous ouvrez 24 heures sur 24, 7-Eleven est-elle responsable de la mort des petits commerces ?

P.T. : Pas du tout. Nous sommes d'accord avec la politique du gouvernement de se concentrer principalement sur les hypermarchés ! Nos prix sont élevés et ne peuvent concurrencer les petits commerces.

En revanche, les hypermarchés se battent sur les prix, et vendent en grandes quantités. Ce sont eux qui tuent les petits commerces. D'ailleurs, les enfants de ces épiceries viennent chez nous acheter des glaces, preuve que nous ne sommes pas en concurrence. Et puis, il y a 300 000 petits commerces en Thaïlande. Nous ne représentons donc que 0,5 % du total.

L.G.R. : Vous préparez-vous au développement du e-commerce ?

P.T. : Nous avons mis en place un système pilote de « pick and pay » dans 50 magasins : le client peut commander sur catalogue et venir chercher ses produits en magasin et régler à la caisse. Pour cela, nous sommes en train de passer au système du code-barres et nous mettons en place un centre de distribution commun où toutes les données sont centralisées. L'investissement, de 26,67 millions de dollars, nous permettra d'améliorer notre stratégie mais aussi d'être prêts quand arrivera le moment du « B to C ». Ce moment ne viendra toutefois pas avant au moins cinq ans.
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Article extrait
du magazine N° 0063

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