Polémique autour de substances toxiques dans les couches pour bébé

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Selon une enquête de 60 Millions de consommateurs, dix couches-culottes sur douze testées contiennent des substances potentiellement toxiques. Le syndicat professionnel des fabricants de produits à usage unique pour l'hygiène, la santé et l'essuyage, Group'Hygiène, se veut rassurant.

Selon une enquête de 60 Millions de consommateurs, la majorité des couches pour bébé contiennent, en faible quantité, des substances toxiques.
Selon une enquête de 60 Millions de consommateurs, la majorité des couches pour bébé contiennent, en faible quantité, des substances toxiques. © vitaliy_melnik - Fotolia.com

Pas très nettes, les couches-culottes ? C'est en tous cas le cri d'alarme lancé par notre confrère 60 Millions de consommateurs qui a testé la composition de douze changes pour bébé. Verdict : dix d'entre elles comportent des traces de substances à la "toxicité suspectée ou avérée"... aussi bien sur des couches-culottes classiques (dont les célèbres Pampers Baby Dry) que sur des références étiquetées écologiques (comme les couches Eco Planet de Carrefour). 

Traces de pesticides et autres hydrocarbures

Parmi ces composants indésirables, le mensuel pointe notamment la présence de traces de glyphosate, connu pour être le principe actif de l'herbicide Roundup, mais aussi d'autres types de pesticides, de dioxines, d'hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et autres composés organiques volatiles tels le toluène et le styrène. Seules deux marques ne contiennent pas de substance toxique : la marque écologique Love & Green et Mots d'Enfants de Leclerc.

Si 60 Millions de consommateurs reconnaît que "les concentrations restent en deçà des seuils fixés par la réglementation – quand de tels seuils existent…", le mensuel appelle à une meilleure transparence sur la composition des couches : "parce que cette exposition concerne des nourrissons et s’exerce au niveau du siège des bébés, le principe de précaution doit prévaloir. Tout résidu potentiellement à risque doit être écarté des couches pour nourrissons ! Cet objectif est atteignable, puisque deux références de notre essai n’incorporent aucune des molécules préoccupantes recherchées", explique le magazine.

Les fabricants rassurent

De leur côté, les fabricants se veulent rassurants. Ainsi, le syndicat professionnel des fabricants de produits à usage unique pour l'hygiène, la santé et l'essuyage, Goup'Hygiène, rappelle que "les couches-bébés sont fabriquées selon des règles strictes de fabrication et de sélection des matières premières" [dans le cas des couches, principalement de la cellulose et de matières plastiques, NDLR]. Et de citer le Dr François Hubert, toxicologue : "l'important ce n'est pas tant telle ou telle substance citée, extraite expérimentalement, mais de savoir si dans les conditions normales d'utilisation, il peut exister un risque lié à cette substance. Or ce qui est détecté dans des conditions expérimentales très lointaines des conditions d'utilisations réelles, ce sont des traces infinitésimales, pouvant être jusqu'à quelques millions de fois plus faibles qu'une dose tolérable.

Un point qui, justement, fait débat pour 60 Millions de consommateurs qui rappelle que ces produits sont, par définition, en contact direct avec la peau des bébés. Le mensuel consumériste plaide également pour un changement de la réglementation afin d'obliger les fabricants à détailler la composition de leurs couches, comme c'est déjà le cas pour les produits cosmétiques notamment.

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