Pour la FNIL, la distribution doit accepter le retournement du marché laitier

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A deux semaines de la fin des négociations commerciales annuelles entre les industriels et la distribution, les tensions sont vives. La Fédération Nationale des Industries Laitières appelle la distribution à arrêter de demander des baisses de tarifs alors que le prix du lait remonte.

Pour la FNIL, il faut faire évoluer la LME et cesser la guerre des prix
Pour la FNIL, il faut faire évoluer la LME et cesser la guerre des prix© Sylvain Aubril

Depuis juin 2016, la production laitière baisse. Mécaniquement, les cours remontent. Si dans les pays européens, la grande distribution a répercuté ces hausses en magasins (+30 % sur le beurre en Allemagne, par exemple), la France fait figure d’exception. « Avec la LME, nous sommes sur des négociations annuelles avec la distribution. Malgré la remontée des cours, nous sommes toujours sur des prix définis en février 2016 », explique Olivier Picot, président de la Fédération Nationale des Industries Laitières (FNIL). Avec la guerre des prix, les distributeurs refusent d’augmenter les tarifs en magasins, de peur de perdre des parts de marché. « Les enseignes refusent les rendez-vous avec les industriels, ne répondent pas aux mails. Personne ne se voit et rien ne se passe. Ils jouent la course contre la montre. Il faut arrêter de bloquer le système, qui va mener à la perte des producteurs, des transformateurs et des PME », ajoute-t-il. La Fédération, qui s’oppose à la LME depuis 2007, souhaite avoir les mêmes règles que les autres pays européens mais doute que des changements aient lieu avant 2018-2019, au mieux. Avec le retournement du marché laitier en 2016, il serait donc nécessaire de répercuter ces prix aux producteurs. « Nous souhaitons que la grande distribution accepte ces évolutions de marché. Les sommes en jeu sont énormes et ne peuvent pas être absorbées par les flux de marché, ni par les transformateurs. Le consommateur ne doit pas et mis en dehors de l’équation », détaille Olivier Picot. Dans cette situation, la Fédération n’est pas sereine. Au mieux, elle s’attend à ce que la distribution ne demande pas de baisses de tarifs et accepte de rester sur des niveaux de prix similaires à 2016. Ce qui serait dévastateur pour la filière.

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