Pour mieux rebondir, Findus s'offre une cure d'amaigrissement

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Findus quitte définitivement Nestlé pour devenir autonome. La nouvelle structure, Findus France, pourra toutefois s'appuyer sur la puissance financière du repreneur scandinave, EQT.

Chez Findus France, les derniers cartons sont prêts. Dans quelques jours, les salariés de cette nouvelle société, créée à l'occasion de la cession par Nestlé de Findus et de ses activités à moindre valeur ajoutée (légumes, poissons) au scandinave EQT, quitteront le siège de Noisiel. Le déménagement ne devrait pas poser de problème. Le directeur de Findus France, Éric Seynave, a choisi d'implanter ses bureaux à quelques encablures seulement. Par peur de couper le cordon ombilical ? Éric Seynave balaie d'un revers de la main toute tentative de psychanalyse de comptoir. « Si nous avons choisi de nous installer à proximité, c'est avant tout pour des raisons pratiques. La cession d'une marque comme Findus ne se fait pas du jour au lendemain. Nous avons encore beaucoup d'informations à échanger avec Nestlé. » Findus France ne récupère pas seulement une marque. Les 40 salariés que le groupe emmène dans ses nouveaux locaux sont tous des transfuges de Nestlé. Éric Seynave lui-même y a passé vingt-six ans de sa carrière. Il a choisi de s'appuyer sur une équipe réduite. Nommé directeur commercial, Bruno d'Innocenti, qui a notamment travaillé pour la division nutrition de Nestlé et pour Nescafé, sera secondé par Jacques Pages, directeur du marketing. Ancien administrateur financier de Nestlé France, Michel Seron a également choisi de franchir le pas, pour devenir directeur financier. « Findus France se rapproche plus d'une PME que d'une multinationale », s'amuse Éric Seynave. 700 millions de francs (106,71 M EUR) de chiffre d'affaires ; 320 salariés, dont 250 à l'usine de Boulogne : la cure d'amaigrissement est impressionnante, certes. Mais elle aussi est relative : EQT Scandinavia, son nouveau propriétaire, pèse plusieurs milliards de francs. Ce fonds d'investissement, jusqu'à présent absent de l'alimentaire, est-il prêt à laisser une large autonomie à sa filiale française ? Éric Seynave insiste : « Nous sommes entièrement responsable du développement de la marque. » La taille réduite de la nouvelle entité a aussi d'autres avantages, selon lui, à commencer par « des équipes totalement concentrées sur Findus, contrairement à l'ancienne structure ». Ce ne sera pas de trop. Les poissons et les légumes surgelés que vient de récupérer Findus France ne font pas partie des produits les plus rentables du rayon surgelés. La guerre des prix y fait rage. Et les marques de distributeurs y sont omniprésentes. « Findus bénéficie d'une très belle image de marque, que nous allons entretenir en continuant à communiquer massivement », plaide Éric Seynave. Le groupe sait également qu'il pourra s'appuyer sur le centre de recherche et développement, racheté à Nestlé. Mais le plus surprenant est encore à venir : il n'est pas impossible, en effet, qu'à terme Findus réinvestisse tous les segments du rayon surgelés ! « Parmi les 14 usines européennes que vient de récupérer EQT, certaines, à l'instar de celle basée en Angleterre, produisent déjà des plats cuisinés », rappelle Éric Seynave. Voilà qui ne devrait pas faire plaisir à Nestlé, aujourd'hui occupé à imposer Maggi au rayon surgelés
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Article extrait
du magazine N° 1670

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