Pour une politique industrielle commune

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Pour Gilles Charpentier, président de la Feef, il faut « convaincre les décideurs publics et tous nos interlocuteurs de la nécessité de mettre en place une politique industrielle commune ». Tour d'horizon des enjeux.

Instaurer une politique industrielle commune (PIC), c'est d'abord rechercher tous les systèmes économiques ou sociaux susceptibles de renforcer la compétitivité de nos entreprises et, par conséquent, celle de la France. Nous sommes dans un pays où l'on oublie trop souvent que l'essentiel de ce qui fait la santé, la vigueur, la richesse et l'emploi du pays, ce sont ses entreprises.

 

Le coût et la qualité

C'est considérer la question du coût du travail, qui freine actuellement la compétitivité de nos entreprises, comme une grande cause nationale. Je pense qu'il est intéressant de proposer aux pouvoirs publics non pas de baisser ce coût en général, car ce sera de toute façon impossible dans les prochaines années, mais de mettre en place un nouveau modèle économique. Les entreprises qui emploient et recrutent devraient avoir accès à un coût du travail différencié. Il s'agit de solutions sur lesquelles nous sommes prêts à travailler avec les pouvoirs publics et qui touchent autant nos entreprises que celles de nos clients.

C'est également faire reconnaître par les consommateurs les exigences de qualité qui nous sont imposées. Il faut que nos politiques prennent conscience que ces exigences font notre spécificité sur le marché européen. Mettre en circulation des produits fabriqués par nos entreprises, c'est garantir la qualité et l'origine des produits. Pour ce faire, il faut créer une « Marque fédérative citoyenne » qui s'intègre dans le projet politique de la marque France. Grâce à cette marque, le réseau de la Feef se distinguera par des valeurs communes qu'incarne également la marque France, c'est-à-dire la richesse et la force de nos entreprises.

C'est aussi mettre en place des chantiers de réflexion pour tendre vers le respect des exigences de la RSE (responsabilité sociale des entreprises) avec, par exemple, la création d'une taxe carbone.

 

Concurrence déloyale

Une telle politique devrait permettre de réduire les poches de concurrence déloyale en Europe comme hors d'Europe, en instaurant une cohérence politique, sociale, économique et environnementale, alors que, pour l'instant, la mondialisation n'a été qu'économique. En effet, dans le modèle actuel, un distributeur fait son travail en allant chercher des solutions plus économiques, y compris au détriment de la qualité.

 

Un chantier majeur

Les règles que les politiques doivent construire permettront aux distributeurs de favoriser naturellement les entreprises qui se sont adaptées aux lois européennes. Sans modèle politique vertueux, la distribution sera toujours obligée de chercher en permanence des solutions extrêmes.

Ce sera donc un chantier politique majeur et un élément fondateur d'une relation nouvelle entre la distribution et les industriels. Vous l'aurez compris, il ne s'agit pas de mettre en place un nouveau protectionnisme, mais de faire en sorte que tous les produits vendus dans l'UE supportent les mêmes contraintes. C'est la condition indispensable pour un développement durable de nos entreprises.

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Article extrait
du magazine N° 2164

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