Pourquoi l'enseigne de déstockage Noz ferme des magasins à tour de bras

L'enseigne de déstockage Noz fait face à des difficultés majeures ces derniers mois. Pour preuve, cette vague de fermetures de magasins que l'on observe un peu partout en France actuellement. Une vingtaine de points de vente, sur un peu plus de 300, seraient ainsi concernés déjà.

Partager
Pourquoi l'enseigne de déstockage Noz ferme des magasins à tour de bras
Vague de fermetures pour l'enseigne Noz en ce mois de septembre 2022.

Saint-Brieuc, Lorient, La Ferté-Bernard, Courrières, Lens, Flers, Le Mans, Saint-Quentin, Château-Gontier-sur-Mayenne… Taper le nom de l’enseigne Noz dans l’onglet Actualités de son moteur de recherche favori donne ces jours-ci des résultats bien étonnants. Loin des bonnes affaires alléchantes que l’on s’apprête à trouver, c’est plutôt de la « casse sociale » qui nous assaille.

Noz ferme en effet des magasins à tours de bras et la presse quotidienne régionale s’en fait évidemment écho. C’est le cas, notamment, de Ouest-France, journal particulièrement concerné puisque le siège social de la célèbre enseigne de déstockage est situé en Mayenne, du côté de Saint-Berthevin. Le quotidien, dans un article pas spécialement tendre pour Noz, recense ainsi pas moins de vingt fermetures un peu partout en France.

Des difficultés d'approvionnement

Ouest-France va plus loin encore, en faisant mention d’un courriel que plusieurs journalistes auraient reçu, en régions ; « un copié-collé (…) où seul change le nom des magasins », précise l’auteur de l’article : « Le magasin Noz de XXX fait face à une baisse de chiffre d’affaires depuis quelques mois. Malheureusement dans le contexte économique actuel, nous connaissons des difficultés d’approvisionnement au niveau des centrales d’achat. (...) Nous ne sommes plus en mesure de continuer à approvisionner correctement certains magasins. Malgré les différentes actions menées, les résultats ne sont pas là pour ces magasins. »

Ces quelques lignes sont diablement intéressantes. A première vue, on aurait pu croire Noz, enseigne de déstockage créée en 1976 (1992 pour son appellation actuelle), taillée pour la crise : pensez donc, une enseigne qui vend à bas prix ne peut, en période d’inflation galopante, que bien se porter… A fortiori quand elle avance avec un poids revendiqué, sur son site internet, de quelque 550 millions d’euros de chiffre d’affaires pour un peu plus de 300 magasins en France.

Organisation "amont" chamboulée

Las, c’est faire fi des conditions d’approvisionnement, évoquées dans ce fameux courriel. Noz, c’est le principe même du déstockage, doit pister partout dans le monde, auprès des industriels, les stocks d’invendus qu’il pourra récupérer et, ensuite, écouler dans ses magasins à prix cassés. Pour que cela fonctionne à plein régime, deux éléments clés sont à respecter. Le premier, c’est qu’il y ait des invendus à racheter : là-dessus, même si les industriels ont largement amélioré leurs process pour mieux produire, au plus près de leurs besoins, pas trop de problème, il leur reste toujours des lots sur les bras… Le second, c’est que la logistique, pour rapatrier tous ces stocks rachetés, suive. Et c’est là, sans doute, que le bât blesse. Avec la hausse des tarifs des containers et les difficultés à trouver de la place sur des cargos encombrés, c’est toute la chaîne « amont » qui s’en trouve chamboulée. Le Covid, puis une reprise ultra-rapide, notamment aux Etats-Unis et, enfin, cerise sur le gâteau, la guerre en Ukraine et le conflit avec la Russie, ont ainsi contribué à désorganiser l’économie de la logistique.

Un problème plus grave encore?

Pour autant, est-ce suffisant pour expliquer cette vague de fermetures? Sans doute pas. Noz, depuis plus de quarante-cinq ans qu'il fait ce métier de déstockeur, en connaît toutes les arcanes. Et son armée d'acheteurs est rôdée au système ultra-discount de l'enseigne. En clair : normalement, ils savent acheter, c'est leur métier. Et ils savent où dénicher les stocks. Alors, quand bien même la désorganisation de la filière est réelle, elle ne peut pas tout expliquer. Le problème est assurément plus grave. "Quand vous avez des problèmes d'approvisionnement, ce qui n'est pas rare en ce moment, vous les gérez comme vous pouvez, vous faites avec les inévitables ruptures mais vous continuez à ouvrir vos magasins. Ils sont moins bien achalandés, et alors? Mieux vaut quand même rester ouvert et vendre au moins ce qui est reste en rayons. Et ce d'autant que fermer un magasin, cela coûte beaucoup d'argent", pointe ainsi un expert du secteur, bon connaisseur du marché, qui estime donc que le problème est sans doute plus grave qu'il n'y paraît.

Quand bien même un déstokeur travaille en effet sur des "coups" aux achats, ceux-ci sont malgré tout "industrialisés" et les aléas inhérents au métier se doivent d'être pris en compte. Pour dire les choses autrement : déstockage ou pas, Noël sera toujours en décembre et les saisons se préparent longtemps en amont. Ne pas avoir les stocks suffisants pour assurer la rentrée de septembre convenablement est donc pour le moins... surprenant. Au-delà des explications conjoncturelles, il y aurait donc assez clairement des facteurs structurels, donc bien plus embêtants pour l'enseigne.

Une concurrence qui fait du mal?

Il faut dire que la concurrence, sur le marché du petits prix, est rude. B&M, Action, etc. ce ne sont pas les rivaux qui manquent, même si tous avancent avec des concepts particuliers et évitent soigneusement d'entrer en réelle concurrence frontale les uns avec les autres. Noz, restée sur un concept ultra-discount a parfois ainsi du mal à briller quand un Action s'installe à proximité: confort d'achat, merchandising, attractivité de l'enseigne... Noz perd sur ce terrain bon nombre de batailles. Et c'est là aussi qu'il faut peut-être regarder les causes de ces fermetures. Contactée par nos soins en ce vendredi 9 septembre 2022, Noz n’a pour l'heure toujours pas donné suite à nos questions.

Sujets associés

NEWSLETTER Quotidienne

Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes...

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

LES ÉVÉNEMENTS

Tous les événements

Les formations LSA CONSO

Toutes les formations

LES SERVICES DE LSA CONSO

Trouvez les entreprises de la conso qui recrutent des talents

MICHAEL PAGE

Directeur Régional Centre-Est H/F

MICHAEL PAGE - 01/10/2022 - CDI - Troyes

+ 550 offres d’emploi

Tout voir
Proposé par
LSA

Détectez vos opportunités d'affaires

85 - LA ROCHE SUR YON

Fourniture Fruits et Légumes frais.

DATE DE REPONSE 11/08/2022

+ de 10.000 avis par jour

Tout voir
Proposé par
Marchés Online

ARTICLES LES PLUS LUS