Pourquoi l’IoT n’est pas (encore) un mass market ?

Si l’IoT fait parler, les chiffres d’affaires générés par ce secteur ne sont pas encore impressionnants. Entre la sécurisation des données et l’agilité à améliorer dans les grands groupes, les freins au développement de l’Internet des objets sont encore nombreux. Un débat présenté en amont du SIdO, le premier showroom professionnel des objets connectés, qui se tient à Lyon les 6 et 7 avril prochain, a fait le point sur le marché de l’IoT. 

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Pourquoi l’IoT n’est pas (encore) un mass market ?
Au-delà de la domotique et le grand public, c'est l'industrie qui se penche avec intérêt sur l'IoT.

"Les chiffres sur le marché de l’IoT, c’est n’importe quoi". Luc Bretones, EVP Techno centre Orange annonce la couleur. Il reste que "l’IoT est une tendance lourde, massive et qui ne se démentira pas". Luc Bretones a pris part, le 10 mars 2016 à un débat sur le marché des objets connectés, en amont du SIdO, le premier salon showroom professionnel dédié à l’IoT, c'est à dire l'Internet des objets, qui se tient à Lyon les 6 et 7 avril prochain. "Nous pouvons retenir des ordres de grandeur, analyse l’EVP Techno centre Orange, c’est un marché de 7 milliards d’euros à l’horizon 2020 en Europe, et d’1 à 2 milliards d’euros en France". Pour ce quadragénaire, "Internet active le monde réel et va révolutionner notre monde de tous les jours". Au-delà du chiffre d’affaires généré par les objets connectés, c’est le gain en productivité qui est à souligner : "Avec les voitures autonomes, c’est 15% de temps gagné au quotidien, explique-t-il, le gain de productivité sera bien supérieur au chiffre d’affaires des objets connectés".

L’IoT, un enjeu de poids pour l’industrie

Si le monde de l’IoT est souvent observé sous le prisme de la domotique et des objets grand public, l’industrie prend aussi le sujet avec sérieux. "L’IoT offre des opportunités sur l’ensemble des secteurs, annonce Sylvain Paineau, le directeur innovation et partenariat Europe de Schneider Electric, pour rester un grand groupe, nous n’avons aucun intérêt à rester seul, en 10 ans nous avons triplé et nous sommes devenu leader du data center" pointe-t-il. Le directeur innovation de Schneider Electric poursuit, "notre rôle est de travailler en open innovation, nous devons intégrer les technologies des start-ups dans nos solutions, mais nous n’avons pas la flexibilité de cette forme d’entreprise". Luc Bretones confirme, "il est compliqué pour un grand groupe de travailler de manière agile, nous devons aller au-delà, et s’adapter à leurs méthodes flexibles". Carolyn Hogg, directrice générale de la start-up Haapie observe pourtant du mieux : "Il y a un changement d’attitude des grands groupes, ils vont de plus en plus vers les start-ups" explique-t-elle. Et les grands groupes ont des choses à apprendre aux start-ups, "ils ont un vrai historique et une connaissance pointue du marché, la start-up, elle, amène la technologie" ajoute Stéphane Daucourt, le PDG de la start-up Team8.

Le véritable enjeu de l’IoT, c’est la data

Carolyn Hogg, rappelle les réactions suscités par l’affaire des données enregistrées par Samsung aux Etats-Unis, "il faut faire quelque chose d’utile avec l’ensemble de ces datas" assure-t-elle. Finalement, au-delà de l’objet connecté, dont la valeur va diminuer progressivement, c’est dans les plateformes de données que la valeur se concentre, "la différenciation va se faire sur l’algorithme" explique Luc Bretones. Mais, "aujourd’hui les objets connectés, c’est higway to hacking*" sourit-il. Sylvain Paineau de chez Schneider Electric affirme que le rôle des grands groupes est de définir les standards, les Etats doivent assurer la sécurisation. "Le grand public est ouvert à être maître de ses données" note Stéphane Daucourt, PDG de la start-up Team8. Mais, tout le cadre juridique est à mettre en place. Pour Luc Bretones, "l’Union Européenne doit avoir son mot à dire sur ces choix, l’importance des données privées et leur utilisation". Il poursuit, "socialement, éthiquement, moralement c’est fondamental. Le problème n’est pas technique mais de choix de société".

*La ligne droite vers le piratage

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