[Black Friday 2018] Pourquoi la Camif ferme son site marchand

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Alors que les distributeurs et enseignes multiplient les annonces en vue du Black Friday, Camif.fr a annoncé sa fermeture le 23 novembre, qui dénonce, entre autres, une journée de "fausses promotions".

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Déjà engagée en 2017 dans le "No Black Friday", la Camif persiste et signe. Dans un document intitulé "Pourquoi la Camif dit non au Black Friday", publié le 19 novembre et que LSA a pu consulter, l’acteur historique de la vente par correspondance devenu e-commerçant explique pourquoi il fermera son site le 23 novembre prochain. Car la Camif va loin. Non seulement elle ne proposera pas d’offres spéciales aux cyberacheteurs, mais elle rendra son site e-marchand inaccessible. Une façon de se démarquer des distributeurs et enseignes dont les annonces se multiplient depuis quelques jours. "La grand-messe de la surconsommation battra son plein, précise cette note. Le Black Friday déferlera sur la France pour nous proposer une overdose d’offres promotionnelles, soi-disant irrésistibles. Cette journée est le syndrome de la surconsommation, à l’origine des désastres écologiques et sociaux que plus personne n’ignore". Le commerçant précise par ailleurs que son siège, situé au 66 rue Jacques Daguerre à Niort, sera ouvert au grand public pour le sensibiliser à la consommation responsable.

De fausses opérations commerciales 

Le spécialiste de l’équipement de la maison, qui propose une offre de fabrication française et durable, dénonce : "le Black Friday représente l’inverse de ce que nous prônons à la Camif : cette consommation rendue compulsive par un matraquage à faire perdre la raison, qui n’a aucun sens ! Notre décision de fermer notre site Camif.fr ce jour-là n’a pas pour but de culpabiliser le consommateur, mais, de lui ouvrir les yeux sur le pouvoir qui est le sien". L’entreprise encourage ainsi les consommateurs à limiter des achats compulsifs, à privilégier les produits de qualité et made in France et à réfléchir sur les conséquences de la consommation à outrance. "Les consommateurs ont oublié le coût réel des produits. Ils ont du mal à comprendre que celui-ci puisse varier du simple au double, en fonction de l’endroit où il est fabriqué, de la qualité des matériaux utilisés ou encore des bonnes pratiques RSE qui sous-tendent sa création".

Mais la consommation responsable n’est pas le seul argument avancé par la Camif. La société niortaise souhaite aussi alerter les consommateurs sur des promotions qu’elle juge trompeuses. "Lors de ce fameux jour du Black Friday, le rabais réel n’est que de 2%. Les fausses promotions sont légion", dénonce Emery Jacquillat, président du site Camif.fr. Le vrai coût des prix bas est d’abord social et environnemental. À moyen terme, c’est l’essentiel de la valeur créée par nos entreprises, qui se trouve concentré dans une seule main : celle des GAFA. Est-ce vraiment ce à quoi nous aspirons ? Ne devons-nous pas, au contraire, redonner du sens et de la valeur à notre consommation ?", s’interroge-t-il.

D'autres enseignes détournent le Black Friday

La Camif n’est pas le seul commerçant à rejeter ce temps fort du mois de novembre. Cette journée de promotions, qui commence en réalité avant le vendredi 23 novembre et qui se prolonge jusqu’au lundi suivant (Cyber Monday), soulève des mouvements de protestation de la part d’autres commerçants. Le Slip Français a indiqué pour sa part ne pas participer pour ne pas "sur-produire, sur-stocker, mais proposer des produits de qualité, au bon prix. C’est pour ces raisons-là que nous ne faisons pas de promotions en dehors des périodes de soldes", se justifie l'entreprise française. Le réseau Envie, spécialisé dans la collecte et la réparation des équipements électroménagers pour les revendre à bas prix, réitère cette année son Green Friday, "alternative à la consommation compulsive, aux achats non nécessaires dictés par la logique promotionnelle, sans culpabiliser les consommateurs mais en les responsabilisant et en faisant appel à leur libre arbitre d’acteurs-consommateurs". Le mouvement est suivi par Altermundi, Ethiquable ou encore DreamAct. Aux Etats-Unis, REi, précurseur en la matière, n’a pas traité l’année dernière les commandes passées le 23 novembre, et ferme encore cette année l'ensemble de ses points de vente.

D’autres grand noms du commerce préfèrent détourner le Black Friday. Ils profitent de l'événement pour lier leurs ventes à un acte de consommation responsable, comme des dons à des œuvres caritatives, comme le fait Patagonia depuis quelques années aux Etats-unis. C’est le cas de Greenweez, qui tient depuis le lundi 19 novembre sa Green Week en partenariat avec Planète Urgence. Pour toute commande passée sur le site, l’acteur du marché bio en ligne s'engage à planter un arbre en faveur de la protection de l'environnement. Naturalia a choisi de détourner le Black Friday en mettant en place un événement du 22 au 26 novembre dans ses magasins, baptisé le Vrack Friday, et qui a pour objectif de sensibiliser les consommateurs au zéro déchet. Baume (groupe Richemont) va quant à elle offrir 20% de réduction à ses clients qu'elle reversera à l'association Waste Free Oceans.

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