Pourquoi la filière française craint les importations de bœufs américains

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L’interprofession des viandes et du bétail, Interbev, met en garde contre cette nouvelle concurrence potentielle, alors que l’Union européenne est entrée en négociations avec les Etats-Unis le Canada et le Mercosur pour un accord de libre-échange.

Les importations américaines pourraient représenter entre 300 000 et 600 000 tonnes par an, selon Interbev.
Les importations américaines pourraient représenter entre 300 000 et 600 000 tonnes par an, selon Interbev.

Verra-t-on bientôt dans les rayons de la grande distribution du bœuf en provenance des Etats-Unis ou du Canada? Le traité de libre-échange (également nommé aussi appelé Ttip ou Tafta) actuellement en négociations entre Bruxelles et Washington, a pour objectif de créer un marché commun entre l'Europe et les États-Unis.

En France, les professionnels de la viande ne voient pas d’un bon œil l’arrivée massive de cette importation, qui pourrait représenter selon eux « entre 300 000 et 600 000 tonnes de viande, soit 7 à 8 % des morceaux nobles présents sur les étals », assure Dominique Langlois, président d’Interbev, quand les Européens en consomment 7,8 millions de tonnes.

Il détaille les craintes soulevées par ce projet.

Des normes bien différentes

L’Europe multiplie les démarches de traçabilité pour ses viandes. Avec le scandale du horsegate, les efforts se sont accrus. Concernant les bovins en France, soit le gros producteur de troupeaux allaitants, les bêtes sont « nourries à 80 % avec de l’herbe» précise Dominique Langlois. Aux Etats-Unis, la situation est bien différente... Les hormones, les antibiotiques donnés à titre préventif et pour accélérer la croissance des animaux, ou encore les farines animales sont autorisées, mais pas dans le Vieux Continent. Problème : en Europe comme ailleurs, les contrôles des produits importés ne sont ni obligatoires ni systématisés. Si l’accord est signé, Interbev craint ainsi « de niveler le marché européen par le bas ».

Un prix en deçà du marché

Si l’accord aboutit, Interbev estime que les prix proposés avec les produits américains seraient environ 30 % plus bas que les prix du marché actuel. Christian Le Lann, président de la Confédération française de la boucherie précise que les pièces importées seraient surtout « des morceaux à griller », de type faux-filet ou aloyau. Un argument qui pourrait faire mouche auprès des distributeurs européens…

Quelle(s) contrepartie(s) ?

Interbev estime que les viandes européennes seront peu attractives en Amérique: « On ne pourra pas exporter de viande européenne aux Etats-Unis et au Canada, c'est un leurre. Nos produits sont trop chers, nous resterons une niche pour quelques grands restaurants », assure Dominique Langlois.

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