Pourquoi le paiement nomade ne rencontre pas encore le succès escompté

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TRIBUNE D'EXPERTS Les mPOS (mobile point of sale), beaucoup plus simples mais aussi moins coûteux que les permiers terminaux de paiement mobile vont doper le paiement en mode nomade à condition qu'ils offrent un véritable outil de CRM et de gestion des promotions. L'analyse de Vincent Lenglet, Product marketing manager de Monext

Vincent Lenglet est product marketing manager de Monext, spécialiste des moyens de paiement innovants et transactions électroniques.
Vincent Lenglet est product marketing manager de Monext, spécialiste des moyens de paiement innovants et transactions électroniques. © Jérémy GUILLAUME

Le paiement en mode nomade est une des fortes tendances à laquelle se sont massivement intéressées les banques européennes ces derniers mois. La promesse portée par cette tendance ? Adresser un certain segment du commerce n’encaissant pas ou peu par carte bancaire : commerçants itinérants, professions indépendantes, micro-marchands, etc. Et aussi les plus grandes enseignes qui veulent améliorer l’expérience clientèle en magasin.

Un marché qui pourrait peser jusqu’à 5 milliards d’euros sur les 5 prochaines années, selon Monext.

Le mPOS, produit miracle ?

Le produit miracle ? Le mobile point of sale, communément appelé mPOS, dont le principe consiste à adjoindre au smartphone du commerçant un petit lecteur de carte. Exit les coûteux terminaux de paiement GPRS, désormais c’est la puce du smartphone qui sert à envoyer les paiements à la banque. Emballées par le concept, toutes les banques (ou presque) ont voulu proposer une solution de mPOS, copiée sur les traditionnels terminaux de paiement, mais plus accessible et surtout …mobile. Elles ont donc naturellement copié ce qui existait déjà et avait été adopté par l’ensemble des commerçants, mais en version mobile.

Un copycat light, rien de plus. Un me-too, simplement un me-too. Et ça n’a pas marché.

Analyse d’une désillusion

S’il faut retenir de ces solutions de mPOS une innovation valant pertinence, c’est la seule mobilité qui ressort. Or, c’est un argument somme toute faible, dont la majorité a su se passer. A trop occulter les raisons pour lesquelles certaines catégories de commerçants sont traditionnellement peu équipées en terminaux de paiements, on finit par oublier la véritable valeur ajoutée susceptible de les convertir. La mobilité est nécessaire, mais c’est loin d’être suffisant. Imaginez donc proposer à ces commerçants des services en plus. Pas seulement une simple solution mobile de paiement par carte, mais un véritable outil de CRM et de promotion.

Le mPOS comme point d’entrée d’un CRM facile

Imaginez un jeune pâtissier qui se lance dans la livraison à domicile de macarons. Si sa banque lui propose de pouvoir accepter les paiements par carte, et donc bénéficier de la garantie de paiement, avec un dispositif tactile et mobile lié à son smartphone ou à sa tablette ; il sera satisfait. Mais si en plus ce dispositif lui permet d’accéder à toutes les analyses sur ses ventes liées aux informations de paiement et de connaître avec précision l’ensemble de sa clientèle qui paie par carte : produits les plus vendus, à quelle heure, pour quel montant, par quel type de carte etc. ; il sera ravi. Il comprendra rapidement tous les bénéfices de ces informations pour imaginer des opérations promotionnelles personnalisées.

Le mPOS avec services séduit aussi la grande distribution

De nombreuses enseignes cherchent tous les moyens d’améliorer la mobilité et donc l’expérience clientèle en magasin. Certaines ont déjà équipé leurs vendeurs de tablettes ou d’iPod Touch. Les vendeurs consultent les fiches produits en ligne pour mieux conseiller les clients du magasin, peuvent même prendre en photo la carte de fidélité et accéder ainsi au profil historique de leur client. Mais au moment du paiement, abandon ! Le client est laissé seul et doit faire la queue à la caisse, comme au siècle passé.

En dotant ces vendeurs d’un mPOS lié à une tablette, l’expérience clientèle sera vraiment complète,  elle ira jusqu’au paiement, éternel oublié de la parfaite expérience d’achat. Et si en plus, le mPOS sait proposer une interaction semblable à celle en ligne, jouant par exemple sur une interface tactile, tous les parcours cross-canal deviennent concevables. Imaginez un vendeur doté de ce mPOS dans un magasin de vêtements. Le client ne viendra plus pour essayer un modèle pour l’acheter en ligne ensuite : il essaiera, ça lui plaira et le vendeur pourra encaisser le règlement, et ce faisant vérifier son adresse de livraison et passer cette commande au stock central.

Voilà pourquoi les premiers terminaux de paiement en mode mobile n’ont pas fonctionné. Ils n’ont pas innové et proposé d’autres usages que le paiement mobile. Mais en proposant aux petits commerçants comme aux grands, une solution qui concentre un ensemble de services pour développer les usages, nous tiendrons là les terminaux mPOS de demain, qui séduiront sans aucun doute, petits ou grands commerçants.

L'auteur
Vincent LENGLET est Product Marketing Manager de Monext, un spécialiste des moyens de paiement innovants et transactions électroniques.


 
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