Pourquoi le paiement sans contact doit s’installer

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Le ministère de l’Économie cherche à promouvoir le paiement sans contact via la carte bancaire ou le smartphone, afin de garder la main sur cette pratique face aux géants du web. État des lieux du déploiement de la technologie.

Le nombre de transactions sans contact a été multiplié par 7 entre janvier 2014 et janvier 2015.
Le nombre de transactions sans contact a été multiplié par 7 entre janvier 2014 et janvier 2015.© thinkstock

En France, le produit le plus acheté avec un paiement sans contact est… le pain ! La boulangerie concentre 1,64 million de transactions, pour un volume global de 11 millions et un panier moyen de 11 €. Plus globalement, le profil type de l’utilisateur est une femme âgée de 58 ans. Autrement dit, « l’enjeu n’est pas technologique, puisque cette technologie existe depuis longtemps, mais il se situe dans la diffusion des usages et dans l’appropriation de l’ensemble des acteurs », a expliqué Axelle Lemaire, secrétaire d’État chargée du Numérique, lors d’une conférence tenue le 10 avril dernier pour promouvoir le paiement sans contact. En effet, le gouvernement veut convaincre de l’utilité de cet outil. Axelle Lemaire souhaite que « les géants du web qui ont les yeux rivés sur les moyens de paiement ne trustent pas ce marché alors que les Français disposent d’un véritable savoir-faire dans le domaine ». Cocorico, rappelons que la France a été le berceau de la carte à puce ! le ministère de l’Économie a donc réuni l’ensemble des acteurs autour de la table afin de jouer collectif pour accélérer cette technologie.

Exit le frein du chargement de la carte

Concrètement, le paiement sans contact permet au consommateur de délaisser la recherche de pièces ou de billets pour ses transactions ne dépassant pas 20€, et de régler plus rapidement ses achats. Il faut compter quinze secondes de validation contre quarante-cinq secondes avec le système classique de paiement avec un code confidentiel. Le client positionne simplement sa carte ou son mobile à quelques centimètres (moins de 3 à 4 cm) du terminal de paiement (TPE). Techniquement, il soumet sa carte à un champ magnétique qui va alimenter la carte et générer l’échange de données avec le TPE.

Moneo, officiellement abandonné au 30 avril, devait jouer ce rôle de porte-monnaie pour payer les petites sommes, mais cette technologie n’a jamais trouvé son public. Le fait de devoir recharger la carte représentait un frein. Pas d’écueil de ce type avec le paiement sans contact, le consommateur n’a pas de manipulation particulière à faire en amont. De plus, du côté des magasins, la commission demandée pour Moneo était jugée trop élevée. Avec le sans-contact, les banques assurent que les frais restent abordables. Autre attrait pour les points de vente, les études révèlent que les utilisateurs du sans-contact ont un panier moyen plus élevé.

Aujourd’hui, plus de 30 millions de cartes sont en circulation et un mobile sur deux est compatible NFC. Quant aux terminaux de paiement, le parc s’est considérablement étendu et 50% des commerces qui proposent des produits à moins de 20€ disposent désormais du matériel adéquat. L’objectif de 100% d’équipement pour les cartes comme pour les TPE a été fixé respectivement à 2016 et 2020.

 Un système des plus sécurisés

Au-delà de l’aspect équipement, le paiement sans contact peine à se développer car il traîne de nombreux préjugés quant à sa sécurité. « Jamais un dispositif de paiement n’a bénéficié d’autant de protection et de garantie, assure Bruno de Laage, représentant de GIE Cartes bancaires CB. Les banques ne le font pas par philanthropie, mais bien parce qu’elles croient en cette technologie et sa sécurité. » Certaines banques ont même mis un plafond (de l’ordre 50 à 150 €) pour ce type de transactions et, une fois atteint, le client doit renseigner son code confidentiel pour valider le paiement.

Le gouvernement l’assure, le paiement ne peut se faire sans le consentement du client et le vol de données à distance se révèle peu probable. Encore une fois, la validation du paiement demande une forte proximité du lecteur, et les fraudeurs devraient utiliser un dispositif encombrant avec une antenne assez puissante pour absorber les informations. Ces paramètres rendent complexe une fraude massive et « intéressante » pour des voleurs. D’ailleurs, aucune capture de données ni fraude massive n’ont été constatées avec les cartes depuis l’introduction du sans-contact, en France comme à l’étranger. Même constat avec le mobile, bien que le recul sur cet usage reste moins important.

Communication à grande échelle

Surtout, le taux d’équipement des magasins s’avère désormais suffisant pour imaginer une communication auprès du grand public. Une campagne de communication du GIE Cartes bancaires tourne actuellement en télévision et sur le web pour vanter, sur un ton humoristique, l’usage du paiement sans contact. Quatre vagues dans l’année ont été prévues. Et du côté des enseignes, en grande distribution notamment, elles communiquent sur cette technologie, qui peut servir – via les smartphones – à coupler programme de fidélité, promotions ciblées et moyen de paiement. Grâce à quoi, selon Thierry Millet, directeur des services financiers mobiles d’Orange, « les commerçants pourront proposer des offres contextualisées et personnalisées qui renforceront la relation client ». De quoi parier sur un bel avenir pour cette technologie chez la plupart des commerçants.

100%

D’ici à 2020, tous les terminaux de paiement Visa et Mastercard devront permettre les transactions sans contact.

Source : ministère de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique

L’essayer c’est l’adopter

  • Facile

Pour payer, il suffit d’approcher la carte ou le mobile à moins de 3 à 4 cm du terminal de paiement.

  • Plafonné

Pour raison de sécurité, la transaction ne peut dépasser 20 €.

  • Rapide

Il faut 15 secondes pour valider le paiement, contre 45 secondes pour un paiement CB classique.

  • Européen

Le paiement sans contact est déployé dans toute l’Europe. 

Bardé de Sécurité

Des mécanismes ont été mis en place pour sécuriser le paiement sans contact. Aucun risque d’activation à distance, le client doit approcher la carte ou le mobile à une distance de moins de 4 cm du terminal de paiement. Les transactions sont limitées à 20 € et, au-delà d’un certain plafond (entre 50 et 150 € selon les banques), le code confidentiel est demandé.

3 millions de transactions sans contact par an chez Carrefour 

267 000 commerçants acceptent le paiement sans contact, mais Carrefour reste pionnier sur le sujet et dispose de 22 000 terminaux acceptant cette technologie dans ses 2 250 points de vente. Près de 3 millions de transactions en sans contact ont été réalisées en 2014. Cette fonctionnalité a été généralisée auprès de tous les porteurs de carte Pass Mastercard. Carrefour a déjà communiqué en 2009 et prépare actuellement un dispositif de communication dédié à ce sujet.

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Article extrait
du magazine N° 2364

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