Pourquoi les têtes de mort sont-elles aussi tendance ?

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  • Bonbons, sucettes... la tête de mort sous toutes ses formes se mange de plus en plus. 
  • Énorme succès  pour les premières poupées gothiques (Frankie Stein,  Draculaura, Clawdeen  Wolf...), de Monster High.
  • Les objets se parent aussi de signes ostentatoires morbides, tel ce mug à crâne rouge, signé The New English.

MÊME PLUS PEUR ! Aujourd'hui, la mort, ou plutôt sa représentation la plus classique, la tête de mort, s'affiche partout. Sur des sous-vêtements, des baskets, des bijoux, des foulards, des tapis de souris, des assiettes et s'invite même en cuisine, sur des grille-pain, des cupcakes ou des boîtes de gâteaux. N'en déplaise aux adeptes du gothique et autres rebelles purs et durs, M. et Mme Tout-le-monde, ou presque, sont « accros ».

« On n'est plus dans le marginal ni dans l'underground. C'est un courant émergent, qui commence à devenir une vraie tendance de fond avec, devant elle, une durée de vie d'au moins vingt ans », lance Christine Pollet, fondatrice d'Inter°View et directrice conseil du département Consumer Lab du groupe Colorado, spécialiste des études qualitatives, quantitatives et prospectives.

Car, derrière le phénomène de mode, d'autres enjeux plus « profonds » se dessinent : briser un sujet tabou dans nos sociétés européennes et latines, imprégnées de culture catholique. « Nous sommes en train d'apprivoiser progressivement la question de la mort et d'exorciser nos peurs », poursuit l'auteur d'une vaste étude « La mort et l'immortalité ». Au diable toutefois les discours sombres et déprimés, qui ont souvent nourri avec brio l'art au cours des siècles.

Place donc à la magie, au mystère, au fantastique et, surtout, à l'humour, vecteur efficace de dédramatisation. Au-delà des artistes, tel Damien Hirst dont les têtes de mort s'arrachent à prix d'or, qui ont concouru à propager le mouvement, le grand public, emmené par la jeune génération, se familiarise avec la mort.

La célèbre famille de croque-morts de Six Feet Under - un déclencheur majeur - doit ainsi composer comme tout le monde avec les problèmes du quotidien, le vampire se fait beau et « végétarien » à la Twilight, La fille de Frankenstein, membre des Monster High, vient concurrencer Barbie. Et les petites filles en redemandent. Pas de doute, la mort a de beaux jours devant elle !

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Article extrait
du magazine N° 2299

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