Marchés

Pourquoi les ventes de fours micro-ondes s’effondrent aux Etats-Unis

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Avec des ventes annuelles en recul de 40% depuis 2004, le four micro-ondes ne fait plus recette aux Etats-Unis. La faute aux nouvelles habitudes de consommation. Le phénomène va-t-il toucher la France ?  

Le four micro-ondes Mono Fonction de Sharp

Le four micro-onde est-il condamné ? C’est peut-être le cas aux Etats-Unis, pays qui en est paradoxalement l’inventeur. Dans une intéressante interview sur le site Atlantico, Christophe Benavant, professeur de marketing à Paris Ouest dresse le constat. Après avoir atteint un pic en 2004 à près de 12 millions d’unités, les ventes de four micro-ondes ne cessent depuis de dégringoler et se sont établies à 7 millions en 2013, soit une chute de 40%.


Pourquoi une telle désaffection ? « Car il y a des changements profonds dans la consommation, relève Christophe Benavant. Le premier à très long terme est celui du nombre de repas pris à l'extérieur qui est passé de moins de 17% dans les années 60 à plus de 33% aujourd'hui. » Une tendance qui s’accompagne de l’explosion du snacking et de la livraison à domicile. « De ce point de vue, note-t-il, le véritable concurrent du micro-onde est le sandwich et le fast-food, plus encore la livraison de repas à domicile, de la pizza au sushi. »

Le coût du travail protège le micro-onde

Le phénomène va-t-il gagner la France ? Peut-être mais pas tout de suite (les ventes de fours à micro-onde en France sont stables à 2,2 millions d’unités pour 2013 selon le Gifam). D’abord parce que la prise de repas hors domicile est moins répandue qu’aux Etats-Unis. Selon Eurogroup Consulting, si cette pratique connait une forte croissance, elle ne concernerait que 17% des repas pris en France aujourd’hui. La tradition culinaire en France expliquant en partie ce « retard » hexagonal.

Mais pas seulement. Le coût du travail est une autre donnée de l’équation favorable au four à micro-ondes en France. « La limite en Europe est que les salaires minimaux, et les charges sociales, font que la livraison n'est pas une solution économique, observe Christophe Benavant. Rappelons qu'aux Etats-Unis le salaire dans un fast food est de l'ordre de 5 à 7 $ de l'heure, celui des livreurs est du même ordre. » L’économie américain des services est même qualifiée de « tiers monde » par le professeur de marketing, ce que les pays européens se refusent à accepter. Les syndicats sont peut-être les meilleurs garants des ventes de micro-ondes en Europe…

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