Pourquoi ouvrir le dimanche n’est pas forcément un bon calcul économique

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Jean-Claude Bourrelier, le patron de Bricorama, a été le premier à reconnaître que le fait d’ouvrir ses magasins le dimanche ne lui avait pas permis de "retrouver l’intégralité de sa clientèle". Christophe Rollet, à la tête du réseau Point S, va dans le même sens. Alors,  l'ouverture le dimance, une fausse bonne idée ?

Pour le patron de Point S, ouvrir le dimanche ne tient pas la route économiquement.
Pour le patron de Point S, ouvrir le dimanche ne tient pas la route économiquement.© Point S

Les propositions d’Emmanuel Macron la semaine dernière visant à assouplir l’ouverture des commerces le dimanche ne fait qu’accroître la confusion. C’est du moins ce que pense l’iconoclaste Christophe Rollet, qui dirige Point S, un des leaders de l’entretien auto en France avec 440 points de vente et un chiffre d’affaires de 410 millions d’euros. "Le Ministre fait preuve d’une méconnaissance par rapport à la gestion d’une entreprise. Personne ne va s’y retrouver, ni le salarié, ni le chef d’entreprise, ni le consommateur". Seul point à trouver grâce aux yeux de Christophe Rollet, l’ouverture des commerces dans une douzaine de gares et la création de zones touristiques nouvelles. "Il n'y a pas de raison que les gares soient fermées alors que le commerce dans les aéroports sont ouverts. De même, la France doit avoir des zones touristiques où les commerces sont ouverts, et pas seulement à Paris d’ailleurs. En revanche, il faut que ce soit l’Etat qui gère cela, et Emmanuel Macron ne nous éclaire pas sur ce sujet".

L'obligation d’ouvrir le dimanche, une absurdité selon Point S
Pour Christophe Rollet, c’est clair : l’obligation d’ouvrir douze dimanches par an est absurde. "Cela devient obligatoire. On va forcer des zones entières à ouvrir alors que ce n’est pas forcément nécessaire. De plus, comme cela se fera à la discrétion des maires, il y aura du lobbying d’une commune à l’autre". Et d’enfoncer le clou : "L’Etat se décharge littéralement". Le patron de Point S en est persuadé : "ce n’est pas en ouvrant le dimanche que l’on va créer plus de pouvoir d’achat ; le porte-monnaie des consommateurs n’est pas extensible. Ils n’achèteront pas le lundi ou le mardi ce qu’ils ont acheté le dimanche !". Point S en a fait l’expérience à la fin des années 2010. Quant aux salariés et aux chefs d’entreprise, les propositions d’Emmanuel Macron n’auraient que des effets négatifs. "Le volontariat est souvent imposé et le chef d’entreprise se retrouve pris en otage. Plus il ouvre le dimanche, plus il a de charges et de coûts et plus il doit les répercuter". Sur qui ? Sur le consommateur, pardi !

Et ailleurs, dans les autres pays européens ?
"Nous avons des centres-auto en Allemagne et en Grande-Bretagne que nous sommes obligés d’ouvrir. Cela ne marche pas économiquement". Et ce n’est pas une manière de répondre à la concurrence d’Internet, comme le soulignait Emmanuel Macron. "La réponse à Internet, ce n’est pas d’ouvrir le dimanche, mais d’offrir des services supplémentaires, par exemple", conclut Christophe Rollet.

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