Pourquoi se former à l’écoconduite

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CAS PRATIQUE Depuis quelques années, l’accent est mis sur la formation des conducteurs, tout à la fois pour mieux connaître et maîtriser leur véhicule, et adopter une technique de conduite débouchant sur une consommation plus sobre.

L’écoconduite a le vent en poupe depuis quelques années dans le transport routier de marchandises. La crise économique de 2009 et l’envolée du prix des carburants, ainsi qu’une pression sociétale sur le transport en général, et le transport routier de marchandises en particulier, ont accéléré la mise en place de plans de formation chez les principaux transporteurs, qui en ont fait l’un des volets de leur politique environnementale, volet figurant par ailleurs souvent dans les « chartes d’engagements volontaires de réduction des émissions de CO2 » établis auprès de l’Ademe.

Qu’est-ce que l’écoconduite

Cela désigne l’usage du poids lourd réduisant la consommation de carburant, et donc les émissions de CO2, touchant à la conduite du véhicule, mais aussi à son utilisation. L’écoconduite entre dans la boîte à outils « optimisation du transport » au service des transporteurs, et son champ d’application est beaucoup plus large que la simple application de bonnes mesures (lire encadré). « L’écoconduite doit s’inscrire dans une démarche globale d’actions à mettre en œuvre pour réduire l’impact écologique de l’activité du transport. L’augmentation des coefficients de chargement des véhicules ou l’adaptation des matériels aux conditions d’utilisation sont indissociables pour obtenir le niveau de performance attendu », explique Jean-Marc Bruère, directeur général délégué de Stef Transport. Le spécialiste européen de la logistique du froid a aussi investi dans un parc de véhicules plus propres, constitué en intégralité de camions aux normes antipollution Euro 5. Vient ensuite, donc, la formation des utilisateurs, c’est-à-dire les chauffeurs.

En quoi consiste le plan de formation

Chez Stef, un module « écoconduite » de sept heures a été bâti en interne, puis mis en œuvre dès l’année 2010 par 21 formateurs. « À ce jour, les 3 000 conducteurs de notre société ont tous été au moins formés une fois », précise Gilles Thourot, responsable formations métiers chez Stef. Auparavant existait une formation « écocitoyen », insistant sur la prévention et la sécurité routière, afin de prévenir l’accidentologie. Un volet englobé dans l’écoconduite. « La technique et la connaissance du véhicule sont bien sûr importantes, notamment sur les nouveaux véhicules riches en options, et font l’objet de deux heures et demie de formation, note Gilles Thourot. Mais l’écoconduite, c’est aussi un apprentissage de la capacité à bien anticiper les feux, les ralentissements de la circulation… »  

Le reste de la formation est constitué de travaux pratiques, au travers d’un parcours type à effectuer pour le conducteur (autoroute, zone industrielle, milieu urbain, route départementale…). « Nous procédons ensuite à un debriefing des différentes phases de sa conduite, grâce à des outils embarqués, avec analyse, en compagnie du chauffeur, des moments où il est perfectible », indique Gilles Thourot. Un second trajet est effectué dans la foulée, et mesure l’écart obtenu en matière de consommation, notamment. « L’objectif est que le collaborateur reproduise les bonnes pratiques tout au long de l’année. »  

Quels sont les gains enregistrés

« Outre les gains directs liés aux baisses de consommation, les modifications comportementales des conducteurs ont aussi des résultats positifs sur la sinistralité et les coûts d’entretien des véhicules », note Jean-Marc Bruère. Un chiffre dans la moyenne de ce que déclarent les transporteurs. Concrètement, Stef a relevé une consommation moyenne de 34 litres aux 100 km voilà quelques années, contre une moyenne de 31,5 l’an dernier. « L’écoconduite n’est qu’un des leviers de la mise en performance d’une organisation transport. Elle doit s’inscrire dans une volonté clairement définie de l’entreprise visant à l’amélioration continue », nuance-t-il. Massification des flux, optimisation des tournées, choix d’un matériel innovant… fournissent les armes principales.

L’écoconduite a au moins deux autres atouts, comme le fait remarquer Charles-Abraham Moreau, directeur adjoint de TSR International, une société française spécialisée dans le développement d’outils d’aide à l’écoconduite. « D’abord, les clients chargeurs apprécient une démarche innovante qui, outre l’aspect écologique et de réduction de coûts, limite l’accidentologie », relève-t-il. Sur le volet émission de CO2, il est d’ailleurs obligatoire aujourd’hui, pour les transporteurs, de mentionner le taux d’émission de CO2 nécessaire au transport de marchandises dans la facture qu’il adresse à son chargeur. Seconde raison, selon Charles-Abraham Moreau, les assurances y sont sensibles, à cause du volet « accidentologie » cette fois-ci.

Comment suivre et maintenir les acquis dans le temps

Les piqûres de rappel de la formation sont nécessaires mais, pour être utile, celle-ci doit s’appuyer sur des éléments tangibles. La solution La télématique embarquée, une « boîte noire » qui permet de suivre le comportement de conduite à la lumière des critères de l’écoconduite. L’outil EcoPerformer de TSR, par exemple, permet ce suivi « en exploitation » après formation. 

5% 

La réduction de la consommation de carburant grâce à l’écoconduite

Sources : transporteurs, prestataires

Les bonnes pratiques

  • Mettre l’accent sur l’entretien régulier du véhicule.
  • Préparer son itinéraire en fonction du trafic, des heures de pointe, en s’aidant de l’info trafic, des GPS, etc.
  • Changer les rapports en accélérant à bas régime moteur, limiter les accélérations, anticiper les modifications de vitesse…
  • Arrêter son moteur lors des stationnements.
  • Différents systèmes peuvent aider le chauffeur, comme l’analyseur de consommation, le système d’écocontrôle…
  • Conduire avec une vitesse constante.

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Article extrait
du magazine N° 2322

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