Pouvoir d'achat : les mesures annoncées reçoivent un accueil mitigé

Très attendues, les mesures annoncées par Emmanuel Macron le 10 décembre satisfont dans l'ensemble les représentants des entreprises, mais moins les syndicats. Reste à chiffrer le coût de la facture après quatre samedis de mobilisation et de pillage des commerces.

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Pouvoir d'achat : les mesures annoncées reçoivent un accueil mitigé
Les mesures dévoilées par Emmanuel Macron suffiront-elles à éviter un acte V samedi prochain?

Il ne s'était pas exprimé depuis le 2 décembre, depuis le sommet des Etats en Argentine. C'est dire si le président de la République était attendu au tournant par tous, entreprises, syndicats et participants au mouvement des "gilets jaunes", notamment sur la question du pouvoir d'achat, au coeur des revendications. Emmanuel Macron a donc annoncé quatre mesures phare censées redonner du pouvoir d'achat aux ménages les plus modestes.

Hausse de la prime d'activité de 100 euros

C'est la mesure la plus emblématique, réclamée par les gilets jaunes. A partir du 1er janvier 2019, le salaire minimum augmentera de 100 euros..."sans qu'il en coûte un euro de plus pour l'employeur". En réalité, c'est la prime d'activité qui sera majorée de 80 euros, en intégrant les hausses programmées les deux années suivantes. Cela s'ajoute à la hausse déjà prévue de 1,8% au 1er janvier prochain (20 euros) Ce qui fait dire à François Asselin, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises, que "100 euros par mois, c'est tout de même 8% d'augmentation pour une personne au smic".

Retour à la défiscalisation des heures supplémentaires

Mise en place par Nicolas Sarkozy au début de son quinquennat, puis supprimée, la défiscalisation des heures supplémentaires revient au programme. "Une très bonne nouvelle, pour le patron de la CGPME. C'est un excellent moyen d'améliorer les fins de mois". Ces heures supplémentaires seront dispensées également de cotisations salariales.Prévue à partir du 1er septembre 2019, la mesure a donc été avancée de quelques mois. Selon Bercy, cela coûterait au total 2,5 milliards d'euros.

Prime de fin d'année exceptionnelle

Une prime de Noël? Pourquoi pas...à condition que les entreprises le veuillent. "Je vais demander à tous les employeurs qui le peuvent de verser une prime de fin d'année à leurs employeurs". Prime qui, comme les heures supplémentaires, sera exonérée de charges et d'impôts. Elle ne coûtera rien à l'employeur. Geoffroy Roux de Béziers, le patron des patrons, s'est dit satisfait. "Emmanuel Macron a globalement répondu aux demandes sans être contraignant pour les entreprises". Pour mémoire, une telle prime appelée prime de partage des profits avait été rendue obligatoire par un certain Nicolas Sarkozy pour les entreprises qui gagnaient de l'argent. Alors que la crise des "giles jaunes" a engendré des pertes de chiffre d'affaires conséquentes -1 milliard d'euros pour les grandes surfaces selon la FCE-, le versement d'une prime de fin d'année paraît compliqué.

Un coût de 8 à 10 milliards d'euros

Enfin, on les a vus nombreux sur les ronds-points de la colère, les retraités ont obtenu gain de cause sur une chose : la hausse de la CSG est abandonnée pour les retraités qui touchent moins de 2000 euros par mois. De quoi redonner de l'oxygène aux ménages les plus modestes et éviter un acte V samedi prochain? Rien n'est moins sûr. Les syndicats se montrant prudents, sinon déçus. Même la CFE-CGC, qui représente les cadres, a jugé "le geste insuffisant", malgré un "accroissement des revenus pas négligeable". Parmi les autres syndicats, la CFTC fait partie des rares à saluer des "mesures concrètes et immédiates". Au total, le coût pour l'Etat sera entre 8 et 10 milliards d'euros, a chiffré Bercy ce matin. Le Premier ministre Edouard Philippe devrait apporter des précisions cet après-midi à l'Assemblée nationale. Reste la bataille de l'opinion. Selon un sondage effectué par Opinion Way hier soir, les deux tiers des Français (66%) soutiennent les "gilets jaunes". Soit beaucoup moins que les semaines passées. Et 54% souhaitent que le mouvement s'arrête.

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