PPR investit dans sa distribution

|

Stratégie - Déjà porté en partie, en 2007, par le développement et par la modernisation de ses points de vente, le groupe veut conforter en 2008 ses investissements dans ce domaine, qu'il s'agisse de son pôle grand public ou de celui du luxe.

Nos différences sont notre force ! C'est l'un des messages forts qu'a tenu à délivrer François-Henri Pinault, le 27 février dernier, lors de la présentation des résultats annuels de son groupe. S'appuyant sur des performances 2007 opérationnelles et financières excellentes, sous l'effet, notamment, de l'intégration de Puma, le PDG de PPR s'est posé une nouvelle fois en ardent défenseur de son modèle stratégique, basé à la fois sur les marchés grand public et sur le luxe. « On peut critiquer le profil de conglomérat du groupe, mais notre succès réside dans la gestion de marques globales et puissantes, portées par des modèles de distribution différenciants », a-t-il déclaré comme pour mieux devancer la question sur l'avenir de la distribution au sein du groupe.

Relancer Conforama et Redcats

Il n'empêche. Interrogé sur la cession de Conforama et de Redcats, ses deux filiales en cours de repositionnement stratégique, François-Henri Pinault a démenti - sans surprise, mais sans convaincre totalement - ce scénario. « Ces enseignes n'ont jamais été, ne sont pas et ne seront jamais à vendre. Même si elles traversent quelques difficultés, elles jouissent d'une position de leader sur des marchés à potentiel et gardent, de plus, des niveaux de rentabilité très supérieurs à leurs pairs. Nous avons tout intérêt à les conserver, et nous allons poursuivre nos investissements pour assurer leur relance commerciale. » Et de citer l'exemple de Conforama.

Après avoir reconnu avoir surfé trop longtemps sur le succès de cette filiale, le patron de PPR a déclaré qu'il était en train de rectifier le tir. « Nous entendons accélérer la modernisation de l'enseigne tant au niveau de notre offre que de nos points de vente, à travers des remodelages complets ou simplifiés », confirme Christophe Cuvillier, PDG de l'enseigne. Au total, 36 chantiers ont été menés en 2007 (contre 21 en 2006) et 19 magasins refaits. En 2008, près de 15 autres magasins seront remodelés. L'ensemble du parc devrait être rénové d'ici à 2011-2012, et permettre peut-être au leader du marché d'infléchir légèrement l'ascension d'Ikea. Indispensable pour assurer l'avenir de Conforama, cet investissement massif sur les points de vente se révèle un élément stratégique clé pour le groupe, qu'il s'agisse du pôle grand public ou du luxe. « Investir dans les magasins est une façon, pour PPR, d'améliorer les marges et de mieux piloter le positionnement de la marque ou de l'enseigne », remarque Boris Bourdet, analyste chez Natixis Securities. La Fnac, qui affiche la meilleure rentabilité du groupe, a ainsi signé une année historique avec l'ouverture de 14 points de vente, parmi lesquels six Fnac Périphérie. « À moyen terme, nous visons trente magasins à ce format et une part de marché identique à celle en centre-ville, soit 25 %, contre 5 % actuellement », précise Thierry Guibert, directeur général de l'international et du développement de la Fnac.

27 nouveaux Puma en 2007

La nouvelle petite perle du groupe, Puma, a fortement poussé aussi son réseau de magasins, en ouvrant 27 concept stores en 2007, soit presque un quart du parc existant (116 unités). Les ventes de la marque dans son réseau propre représentent désormais plus du 15 % du chiffre d'affaires. « Le niveau d'investissement pour financer la création de magasins sera maintenu en 2008 », a souligné PPR qui a confirmé chercher un emplacement dans Paris.

Le pôle luxe poursuivra également à un rythme soutenu son programme d'ouvertures de magasins - surtout en Asie -, ce qui devrait lui permettre de dégager une croissance supérieure à la moyenne du marché du luxe, a précisé François-Henri Pinault.

Enfin, même le véadiste Redcats est apparu particulièrement dynamique dans le développement de son réseau physique. Celui-ci a bouclé l'acquisition d'une chaîne de magasins de prêt-à-porter de grande taille aux États-Unis et ouvert 32 unités en France, soit un quart de son parc actuel. « Le canal physique représente 12 % de nos ventes, contre 4 % en 2006 », précise Thierry Falque-Pierrotin, PDG de Redcats Group, qui estime que sa stratégie multicanal est totalement opérationnelle. De quoi en faire un poste d'observation idéal pour toutes les évolutions de l'e-commerce. Car, si le groupe mise sur le développement de son réseau physique, il nourrit aussi de fortes ambitions sur le Net. « Le concept le plus puissant, aujourd'hui, c'est la complémentarité entre le " click " et le " mortar " », confirme Thierry Guibert, qui entend faire passer, à moyen terme, le chiffre d'affaires web de la Fnac de 8 à 15 %. Au-delà de l'expérience et de l'expertise de Redcats et de la Fnac, Conforama, qui déclare d'ores et déjà être le premier site d'équipement de la maison, lancera, lui, une nouvelle version de conforama.fr, qui devrait devenir le premier magasin de l'enseigne d'ici à trois ans, prévoit Christophe Cuvillier. Puma ne cache pas non plus ses ambitions dans ce domaine. Quant au luxe, il se vend de plus en plus sur internet. Alors, pourquoi pas chez PPR ?

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 2034

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous