Première échappée industrielle pour Intersport

|
Twitter Facebook Linkedin Google + Email Imprimer

En saisissant l'opportunité de reprendre l'usine d'assemblage de vélos Cycleurope à Machecoul (44), le groupe de distribution d'articles de sport s'organise, pour le futur, sur le plan industriel.

 François Bouche, secrétaire général d'Intersport.
François Bouche, secrétaire général d'Intersport. © DR

Intersport change de braquet en affirmant ses ambitions dans le domaine du vélo (8,5% de son chiffre d'affaires, dont 4% en matériel et accessoires). L'enseigne en vend 250 000 par an, dont 200 000 sous sa propre marque, Nakamura. Et pour devenir un « acteur incontournable sur le marché du cycle », Intersport a saisi une occasion, en se dotant, pour la première fois, d'un outil industriel, avec la reprise de l'ex-usine Cycleurope de Machecoul, en Loire-Atlantique (38 millions d'euros de chiffre d'affaires l'an dernier).

Intersport

  • 1,4 Mrd € de chiffre d'affaires en France en 2012
  • 8,5% du chiffre d'affaires dans le cycle, dont 4% en matériel et accessoires
  • 250 000 vélos vendus, dont 200 000 sous sa propre marque, Nakamura
  • 580 points de vente en France
  • 63 pays dans le monde où l'enseigne est présente au travers de 5 830 magasins

Source : Intersport

Vers la grande distribution

« Pour nous, c'est un projet commercial, industriel, logistique et d'amélioration de services, insiste François Bouche, secrétaire général du groupe Intersport. Nous allons aussi optimiser les coûts en rassemblant sur un même lieu la production et la distribution de nos vélos. » Notamment en matière de logistique, il est déjà prévu la construction d'une plate-forme logistique d'environ 10 000 m² sur le site de Machecoul. En outre, grâce à cet outil industriel, Intersport envisage déjà la création d'une nouvelle marque, plutôt haut de gamme.

L'objectif n'est pas pour autant de faire de Machecoul « l'usine Nakamura ». « Nous allons continuer de travailler pour la grande distribution et les spécialistes du sport, d'autant que cette unité a fait ses preuves en termes de qualité de production et de maîtrise des coûts », ajoute François Bouche. Ainsi, si Nakamura apportera un volume de 100 000 vélos dès la première année, l'objectif de production annuelle est de 300 000 cycles. Des enseignes sont déjà intéressées, à commencer par Système U ou Go Sport. D'autres devraient suivre, d'autant qu'Intersport a joué finement en engageant directement deux anciens cadres qui avaient présenté devant le tribunal de commerce l'offre de reprise concurrente. Leur projet était justement basé sur une activité d'assemblage de vélos pour le compte de la grande distribution, avec des enseignes telles que Cora, Carrefour, Casino et d'autres.

En même temps, Intersport étoffe son organigramme sur l'aspect industriel et sourcing. C'est ainsi que Patrick Guihal devient directeur industriel d'Intersport et que Pascal Perrocheau a été recruté au titre de directeur du développement des ventes et du sourcing.

Les objectifs de la Manufacture française du cycle

  • 300 000 vélos assemblés par an, dont 100 000 pour Intersport sous marque Nakamura
  • 6 M € d'investissements
  • Création d'une plate-forme logistique d'environ 10 000 m² sur le site de Machecoul (44)
  • 175 emplois conservés sur 254

Toujours à l'affût d'opportunités

S'il n'y a pas forcément aujourd'hui de volonté d'élargir l'activité industrielle, François Bouche reconnaît qu'Intersport « ne s'interdit pas de rater la bonne échappée » si d'autres occasions venaient à se présenter. Dans l'immédiat, aucune catégorie de produits n'est ciblée. « Il faudra regarder ce qui a du sens pour nous : c'était assez évident pour le cycle, ça l'est moins pour le textile et la chaussure, par exemple. » Il reste que le modèle d'Intersport, qui distribue 80% de marques et ne réalise que 20% de son activité en marque propre, limite forcément le développement d'une partie industrielle.

Le vélo et la Manufacture française de cycles, le nouveau nom de Cycleurope, pourraient être aussi un tremplin pour Intersport qui veut devenir l'enseigne préférée des Français, comme le rappelle souvent son président, Jacky Rihouet. Intersport est déjà le partenaire principal de l'Olympique de Marseille pour cette saison et la prochaine. Un engagement dans le cyclisme, avec des épreuves très populaires telles que le Tour de France, « aurait du sens », même si rien n'est décidé pour l'instant.

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 2266

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous

 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA