Présidentielle 2017: les ambitions de Montebourg et de Sarkozy, en attendant Macron ?

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C’est parti pour la présidentielle 2017 et les annonces de candidature de Nicolas Sarkozy, après Arnaud Montebourg. Qui pourraient bien précéder celle d’Emmanuel Macron. Tous ex-locataires de Bercy, ils ont un avantage précieux : celui de bien connaître les acteurs économiques et les priorités des Français, chômage, impôts et pouvoir d’achat…

Arnaud Montebourg, dimanche 21 août, au Mont Beuvray, lors de l'annonce de sa candidature à l'élection présidentielle
Arnaud Montebourg, dimanche 21 août, au Mont Beuvray, lors de l'annonce de sa candidature à l'élection présidentielle

C’est parti pour l’élection présidentielle. Nicolas Sarkozy, sans surprise, est candidat à la primaire de la droite. Il signe un livre, “Tout pour la France”, qui sert de base à son programme, notamment économique. L’ex-président de la République, ex-locataire de Bercy, base toujours son programme sur le thème “travailler plus pour gagner plus”, en déverrouillant les relations sociales dans les entreprises. Arnaud Montebourg bouscule plus les codes habituels, en se servant de son passage à Bercy et de sa connaissance de l’économie et des entreprises - souvent nommées, ce qui rend le message moins flou - pour dérouler son programme. Fiscalité, pouvoir d’achat, chômage, PME, grande distribution, coopératives, Florange, Technip, Alstom, Arcelor Mittal étaient ainsi cités. Le niveau semble s’élever. Un nouveau style s’impose.

Arnaud Montebourg connaît ses dossiers et les patrons, qu’il n’hésite pas à tancer. Rien à voir avec l’Assemblée nationale où l’on s’interdit de citer le moindre nom de société, comme s’il s’agissait d’une maladie honteuse, qu’il s’agisse d’en dénoncer les pratiques ou d’en vanter les mérites ! C’est exactement ce même style qu’a imposé Emmanuel Macron à Bercy, très inspiré par l’un de ses mentors, le président de l’Autorité de la concurrence, Bruno Lasserre, qui a mis en avant son action en citant les noms des sociétés condamnées pour entente. Emmanuel Macron, qui ne s’est pas encore dévoilé, mais qui est aussi insatisfait qu’Arnaud Montebourg que sa loi “Nouvelles opportunités économiques” ait été retoquée par le président de la République au profit de celle Michel Sapin contre la corruption, pourrait bien aussi faire son entrée en scène.

"Les PME sont le trésor de notre pays et nous les maltraitons"

Du coup, l’exercice de candidature devient plus intéressant. Que veut Arnaud Montebourg, en matière économique ? En priorité, soutenir les PME et le Made in France, thème dont il a fait son fer de lance, d’abord à Bercy, puis après sa démission de ministre de l’Economie et du Redressement productif, lors de multiples prises de paroles avec le centriste Yves Jego. «Les PME? Elles sont plus de 3 millions et demi de moins de 10 salariés. Il suffirait d'une seule embauche dans chacune d'entre elles pour régler l'essentiel du problème du chômage», a-t-il précisé. Certes, dans les 3 millions, la plupart n’ont qu’un salarié, ce qui reviendrait à doubler la masse salariale...et encore faut-il qu’elles trouvent des clients. Mais elles bénéficieraient d’une baisse de leur fiscalité, de marchés publics, d’un nouveau “Crédit national” à leur disposition, etc. Montebourg n’a pas parlé des ETI, dont il vantait pourtant l’absolue nécessité à Bercy. Sans dout l’acronyme n’est-il pas assez vendeur pour une élection présidentielle.

"Les Pme ? Elles sont le trésor de notre pays mais nous les maltraitons. Ces sont les héroïnes du made in France qui se battent au quotidien pour produire en France, créer et maintenir des emplois sur nos territoires et pourtant ce sont elles qu’on ignore, qu’on méprise, qu’on méconnaît. Ce sont elles qui permettront de concrétiser le retour du Made in France, cette grande cause nationale que désormais un grand nombre de Français soutiennent dans leur vie quotidienne. Le patronat devra s’intéresser aux petites entreprises plutôt qu’aux grandes, les syndicats devront s’y implanter, les grands groupes devront les soutenir, la grande distribution les respecter et l’Etat les protéger”. Forcément, alors que les négociations commerciales se dérouleront en plein campagne électorale, les enseignes n’auront d’autre choix que de tenir compte de ses propos.

Arnaud Montebourg veut aussi revenir sur la hausse de la fiscalité qui frappe les ménages depuis 2012. “Je propose l’annulation progressive des hausses d’impôts sur les revenus du travail des classes moyennes et populaires. Ces baisses d’impôts feront rentrer l’argent dans les caisses de l’Etat et non l’inverse, et permettront de faire redécoller l’économie.” Evidemment, toute la subtilité est dans le terme “progressive”... Enfin, côté réduction des dépenses publiques, peu évoquées, il veut diminuer le nombre de députés à 300 au lieu de 577 dont 70 élus à la proportionnelle, et réduire le nombre de sénateurs à 200 dont 100 tirés au sort parmi la population, et supprimer le Conseil économique et social ! Pas sûr que les élus qui ont quelqu’influence sur les colleurs d’affiches ou les militants soient séduits. Arnaud Montebourg déroulera à nouveau son discours à Amiens en septembre, lors des Assises du Made In France. Amazon en sera, sur le thème "Comment développer vos ventes en ligne en France et en Europe avec Amazon". Les invitations sont déjà lancées ! 

Macron, déjà "En Marche" pour 2017 ou pas encore ? 

Pour Nicolas Sarkozy, l'orientation économique que le pays doit prendre doit "être focalisée pour et sur les entreprises", Il propose une baisse des cotisations de 34 milliards d'euros ainsi que la fin de la "durée unique du temps de travail". Chaque entreprise pourra fixer son temps de travail et les salariés seront payés en conséquence. Trente cinq heures seront payées 35, 36h seront payées 36, etc. Les heures supplémentaires seront de nouveau défiscalisées, l'âge de départ à la retraite repoussé à 63 ans en 2020 et 64 en 2025, et les allocations chômage seront dégressives, sur la base d’une aide unique de 75 % du SMIC la première année, puis 20 % de moins au bout de 12 mois et encore 20 % de moins au bout de 18 mois. Et comme Arnaud Montebourg, il veut réduire le nombre de parlementaires, mais seulement d’un tiers…

Voilà pour les programmes des derniers jours. Mais les candidatures foisonnent, les dernières étant à l’initiative de Benoît Hamon, qui veut réduire le temps de travail, et de Cécile Duflot, tous démissionnaires des gouvernements socialistes. Il ne manque plus qu’Emmanuel Macron. Sautera-t-il le pas, avec son mouvement “En Marche” ? On le donnait partant du gouvernement en juillet. En août, il est toujours là. Mais si les candidatures d’un François Hollande, d’un Nicolas Sarkozy ou d’Alain Juppé sont parfaitement attendues, ceux qui peuvent bousculer la donne, au moins par le nombre de voix qu’ils sont susceptibles de capter, attireront forcément plus les regards. Et c’est le cas surtout pour Arnaud Montebourg et Emmanuel Macron, à gauche. A droite, c’est plutôt la bataille Sarkozy-Juppé lors des primaires qui est attendue...

 
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