PRÊT-À-VENDRE

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EDITORIAL?PLUS QU'UNE MÉTHODE DE PRÉSENTATION, UNE ORGANISATION?



Comme il y a eu la révolution du libre-service, peut-on aujourd'hui parler de la révolution du prêt-à-vendre, ce principe qui consiste à installer les produits dans des barquettes, des présentoirs ou sur des palettes afin d'accélérer les mises en rayons ? Une telle affirmation serait pour le moins excessive. Pourtant, les adeptes de cette pratique ne manquent pas d'ambition, à l'image de Carrefour qui estime pouvoir réaliser ainsi la moitié de ses volumes d'ici à 2007. À l'origine, les premières grandes surfaces alimentaires ne travaillaient d'ailleurs pas autrement. C'était les palettes à même le sol, quand il ne s'agissait pas de camions entiers sur les parkings. Mais la montée en gamme, la multiplication de l'offre, le désir de confort de la part des consommateurs et un certain embourgeoisement de la part des distributeurs ont orienté différemment les stratégies merchandising. Laissant le hard-discount devenir le chantre de cette méthode de présentation... et, surtout, d'organisation.

Car l'enjeu est bel et bien là. Il est de revoir, en grande partie, les façons de travailler. Chez les industriels, qui doivent ajuster certaines lignes de production pour expédier les références dans les emballages souhaités pour chaque enseigne. Mais aussi chez les distributeurs, qui se réorganisent pour placer les articles en rayons, évacuer les déchets, calculer autrement les réapprovisionnements, redimensionner les gondoles, ou du moins harmoniser leur parc. Un enjeu qui dépasse donc de loin la simple présentation.

À terme, pour ne pas dire dès à présent, ce sont les relations entre les enseignes et les fournisseurs qui seront touchées. Notamment afin de savoir, une nouvelle fois, qui payera. Et même si ce point fait - à juste titre- débat, les distributeurs ne peuvent faire l'économie d'une telle réflexion. Ils perçoivent bien la montée du hard-discount ; ils déplorent la baisse de leur chiffre d'affaires ; ils craignent d'afficher des résultats négatifs ; et ils savent pertinemment qu'il leur faut débusquer des gains de productivité. Or, le prêt-à-vendre génère immanquablement une baisse de la masse salariale (objectif recherché par plusieurs enseignes), mais aussi une diminution des ruptures (ambition de tous les groupes).Autant dire que cette arme, si elle recèle quelques risques, comme l'altération de l'image qualitative, la paupérisation de l'offre ou de rudes négociations avec les industriels, peut s'avérer diablement efficace par les temps qui courent.

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