Prix et marges : le rapport Chalmin dévoilé demain

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Les résultats de l’Observatoire des prix et des marges, présidé par l’économiste Philippe Chalmin, seront dévoilés demain et devraient donner lieu à de nouveaux débats entre producteurs, industriels et distributeurs sur les marges réalisées par la grande distribution avec les produits alimentaires.

stéphane le foll

Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture et Guillaume Garot, ministre de l’Agroalimentaire, qui tiendront ensemble une conférence de presse pour présenter les résultats, pourraient bien être tentés de pointer les enseignes du doigt sur le niveau élevé de marges brutes qu’elles réalisent, et celles-ci de tenter de défendre de leur côté les très faibles marges nettes qu’elles réalisent  sur la plupart des rayons.

Sur 100 euros de dépense, 5,4 pour l'agriculture

Selon les informations que LSA a réussi à se procurer en avant-première, pour 100 euros de dépenses alimentaires, 26,8 € sont constituées d’importations, 20,8 € de valeur ajoutée dans le commerce, 20 € dans les services, 11,3 € dans les industries alimentaires, 7,6 € dans l’agriculture et la pêche, 3,8 € dans les autres industries et 9,8 € en taxes sur les produits. « Sur 100 euros de dépense alimentaire, 5,4 euros servent de revenu brut à l’agriculture », souligne le rapport. Un chiffre que ne manqueront pas d’exploiter les lobbies agricoles, même si c’est bien le transport, la transformation et la vente qui constituent l’essentiel du prix d’un produit. L’Observatoire relève par ailleurs que sur une côte de porc découpée en magasin (au kilo), la marge brute de la grande distribution s’élève à 2,52 €, contre 0,41 pour l’usine d’abattage et 2,06 pour le producteur de porc.

Le jambon rapporte plus que le yaourt

Pour les mêmes côtes découpées par l’industrie, la marge brute des enseignes est de 1,03 €, 1,89 € pour l’industrie et toujours 2,06 € pour le producteur. Sur le jambon, l’enseigne réalise 4,21 € de marge brute, les charcutiers 1,62 €, les abatteurs 0,61 € et les producteurs 3,69 € ; dans le poulet, la grande distribution réalise 1,66 € de marge brute, contre 0,91 pour les abatteurs et 1,30 euros pour les producteurs. Dans le yaourt, en revanche – alors que l’industrie est en crise, la grande distribution ne réalise que 0,32 € de marge brute, contre 0,92 € pour l’industrie laitière et 0,29 euros pour le producteur de lait. Compte tenu de la structuration des prix, l’avantage apparaît presque toujours au bénéfice des enseignes, quand bien même la structuration des prix ne ferait pas l’objet de marges abusives, mais reflétant tout simplement les coûts de revente en personnel et charges diverses.

Le rapport Chalmin reprend les marges nettes faibles des enseignes.

Pourtant, le rapport Chalmin reprend aussi les chiffres de marge nette que la FCD a publié en juin dernier  - une première – qui montre des marges moyenne très faibles : pour la boucherie : -1,9% ; pour les fruits et légumes : +0,6% ; pour les roduits laitiers : +1,9% ; pour les volailles  +5,9% et pour la charcuterie : +5,1%. Soit une marge moyenne  de 1,9 %. Pour autant, la messe pourrait bien déjà être dite : les enseignes réalisent des marges brutes trop élevées. « Grâce à la participation des sept grandes enseignes de la grande distribution et sur la base d'une méthode élaborée par les services de l'observatoire, le rapport 2012 présente pour la première fois une approche analytique des charges, et donc des marges nettes, par rayon pour les familles de produits concernés : boucherie, charcuterie, volailles, fruits et légumes, produits laitiers. Les données présentées ont fait l'objet de tous les recoupements nécessaires et nous les estimons fiables quoiqu'elles puissent contenir encore quelques imprécisions notamment en ce qui concerne la rubrique « autres charges », indique toutefois le rapport Chalmin. Une vraie reconnaissance du travail effectué, mais qui ne devrait pas modifier la vision de chacun des protagonistes… alors que les négociations commerciales sont lancées et qu'une grand messe sur le sujet doit avoir lieu le 21 novembre, au ministère de l'Agriculture.  

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