Procos se justifie sur son calcul contesté des taux de vacance en centres commerciaux.

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C’est en amalgamant la « vacance conjoncturelle » et la « vacance structurelle » que la fédération du commerce spécialisé a provoqué l’ire des professionnels des centres commerciaux. Ces derniers s’en tenant à une vision financière qui établit le rapport entre loyers attendus et loyers perçus. Quand Procos opère l’observation stricte des cellules inoccupées dans un ensemble commercial.

Procos a publié son étude sur les taux de vacances des centres commerciaux français - établi à 7,6% - le mercredi 5 novembre. Provocant les contestations successives d’Unibail-Rodamco, du Conseil National des Centres Commerciaux et Apsys, en fin de semaine dernière.
Procos a publié son étude sur les taux de vacances des centres commerciaux français - établi à 7,6% - le mercredi 5 novembre. Provocant les contestations successives d’Unibail-Rodamco, du Conseil National des Centres Commerciaux et Apsys, en fin de semaine dernière.

Suite aux nombreuses réactions liées à la publication de sa dernière étude sur la vacance commerciale – chiffrée au taux moyen de 7,6% pour l’ensemble des centres commerciaux français - la fédération Procos a émis un communiqué, ce mercredi 12 novembre, en fin de journée. En deux grands points.

Précision technique

Si ce paragraphe arrive en second, il est «techniquement » le plus attendu. Puisqu’il éclaire sur la technique de calcul dudit taux de vacances. Procos reprécise donc la méthodologie de son étude. «Cette dernière porte sur la vacance commerciale (mesurée par le nombre de cellules inoccupées dans un ensemble commercial), et non sur la vacance financière (rapport loyers attendus sur loyers perçus, comme le mesure par exemple l’Epra). Procos ne détient pas le monopole de l’information en la matière et tout un chacun peut la vérifier en consultant d’autres sources (telle que Codata) ou en se rendant dans les centres. Certes, l’étude de Procos amalgame la vacance conjoncturelle et la vacance structurelle. Toutefois, elle fournit une mesure objective de la commercialité dans un ensemble commercial, telle qu’elle est perçue de visu par n’importe quel consommateur qui le visite. Et c’est bien aux perceptions et aux attentes de ce consommateur, que l’ensemble de la filière de l’immobilier de commerce doit d’abord rester attentive. ».

Justification déontologique

Cette éclaircissement est précédé, dans le communiqué, d’un autre paragraphe que nous qualifierons de plus « diplomatique ». Puisque la Fédération Procos rappelle « qu’elle a pour vocation, en tant qu’organisation professionnelle technique, de fournir des outils fiables et impartiaux de veille et d’analyse des marchés de consommation et immobilier aux entreprises du commerce spécialisé. Dans la conjoncture actuelle très tendue, la vacance commerciale, reflet de la fragilité des sites, constitue un indicateur aussi important que la mesure de l’évolution des chiffres d’affaires ou des loyers. Au demeurant, cet indicateur est connu sur les marchés du logement ou de bureau sans que les acteurs ne s’en émeuvent. L’étude vient simplement apporter de la transparence sur le marché de l’immobilier de commerce. ».

Concert de dénégations à trois voix

Rappelons que le numéro un de l’immobilier commercial européen, Unibail-Rodamco avait été le premier à réagir en contestant le taux de de 6,5% attribué à ses centres. Pour lui opposer le « très officiel » 2,5% publié lors des résultats semestriels du groupe mi-2014. Puis le Conseil National des Centres Commerciaux apportait à son tour « un démenti formel » aux chiffres de vacance publiés par Procos la semaine dernière. Et Apsys s’était à son tour joint au concert en « démentant formellement le taux de vacance commerciale qui lui a été attribué par Procos ». Soit le taux de vacance de 11,2 %. «Ce chiffre est faux et ne reflète en rien la réalité commerciale et le dynamisme des centres commerciaux du patrimoine Apsys. En effet, le taux de vacance des centres commerciaux de ce patrimoine s’établit à 2.7%, selon le mode de calcul de l’Epra (European Public Real Estate Association) qui fait référence dans la profession (taux de vacance financière). ».

 

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