Procter & Gamble se structure par produits

Après Unilever, Nestlé et Danone, Procter & Gamble opte pour une organisation mondiale par catégorie de produits. Et pour un découpage du monde en huit zones. Objectif avoué : améliorer les résultats du groupe.

«Pour travailler mondialement, la solution c'est d'être global et local au même moment. » Lancée par John E.Pepper, actuel président de Procter & Gamble, cette phrase résume la nouvelle stratégie du géant américain. Baptisée Organisation 2005, date à laquelle elle sera finalisée, cette restructuration modifie la culture d'un groupe segmenté en quatre zones géographiques.
Aujourd'hui, Procter mise sur sept unités globales par type de produits (voir tableau). Chacune d'elle chapeautée par un président. Le monde est lui aussi redécoupé : huit zones géographiques (au lieu de quatre). Et chaque pays dispose de structures pour développer des initiatives locales.
Partant du principe que 40 % de la croissance proviendra de quatre catégories clés (lessives, produits capillaires, protections féminines et couches-culottes) et 25 % du développement sur les marchés émergents, le groupe entend doubler le volume de ses ventes dans les dix prochaines années.
Procter & Gamble n'est pas le premier à adopter ce mode d'organisation. Nestlé, Danone et Unilever l'ont déjà fait. Et les résultats sont probants : les bénéfices nets de Danone sont ainsi passés de 2,1 milliards de francs en 1995 à 3,7 milliards l'an dernier. L'organisation du géant américain, qui possède 300 marques, lui permettra de se recentrer sur les plus fortes.
Les nouveaux produits et leurs emballages seront standardisés, les achats centralisés, la logistique optimisée et une seule force de vente devrait suffire dans chaque pays, comme c'est déjà le cas en France. « La concentration des achats par les distributeurs induit fatalement une réduction du nombre de marques », prédit même Jean-Noël Vieille, directeur de recherche à la société de bourse Meeschaert.
Par ailleurs, Procter souffre d'un problème d'identité. On peut s'attendre à la mise en place d'une communication globale, voire la création d'une marque unique comme Danone. A l'intérieur de chaque pays, les rapports au consommateur seront améliorés par la création d'une unité unique dédiée aux services.
Dernier arrivé dans la course à la réorganisation, Procter & Gamble n'entend pas se laisser distancer.

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 1597

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous