Producteurs sud-européens : vers la médiation

Producteurs français « contre » espagnols : une nouvelle association européenne, l'Arefl, veut rapprocher les « frères ennemis » du marché des fruits et légumes.

L'arrivée des premiers fruits d'été réveille le souvenir des conflits de l'an dernier. Conflits que l'Arefl (Association des régions européennes fruitières et légumières), née le 15 mars à Agen, espère bien limiter : « Les tensions sur ce marché sont en partie liées aux surproductions, avec une régulation inefficace de l'offre au niveau européen », explique Thierry Mazet, chef du secteur agroalimentaire au Conseil régional d'Aquitaine. Les fruits et légumes - exclus de la Pac - sont parmi les « parents pauvres » de l'Union européenne : s'ils représentent 13 à 14 % du CA agricole, ils ne reçoivent que 3,5 % des aides. L'Organisation commune des marchés, qui les régit à Bruxelles, a, jusqu'en 1997, encouragé la production, alternant rachats de stocks en cas de surproduction et subventions d'aides à l'exportation. Avec l'effet pervers classique : l'inflation des hectares cultivés. Depuis trois ans, la nouvelle OCM est plus restrictive, d'où les problèmes de surproduction.

L'Arefl s'est construite, à l'initiative de Guy Saint-Martin, vice- président du conseil régional d'Aquitaine, autour de la volonté de résoudre ensemble des problèmes communs. Elle regroupe en deux collèges (politiques et professionnels) des représentants de régions d'Europe où la production de fruits et légumes est une activité économique forte. Avec le souci de parler d'une même voix et de peser plus lourd face à la Commission européenne et aux pays tiers (tels le Maroc ou les pays de l'Est).

Même si la grande distribution n'est pas la cible, « il est inconcevable de pas l'inclure dans notre réflexion, souligne François Lafitte, président du Comité économique du Grand Sud-Ouest, c'est notre partenaire direct dans la mesure où nos produits ne sont pas transformés. » Mais c'est sutout du côté des linéaires que l'Arefl attend un soutien : « Nous comptons sur les distributeurs pour ne pas standardiser l'offre, donc les goûts, confie François Lafitte. En proposant à la fois des fraises premier prix venues d'Espagne, et des gariguettes spécifiques de notre pays. »
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Article extrait
du magazine N° 1671

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