Produits de la mer : Ce saumon qui pèse si lourd...

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Dire que la vie est un long fleuve tranquille pour les rayons frais dédiés aux poissons serait un peu rapide.

Balance-poisson

Certes, les produits de la mer possèdent un atout rare et de poids : ils sont plébiscités par les clients, qui assurent même vouloir en consommer davantage. Le poisson bénéficie ainsi d’une image très qualitative, aux vertus nutritionnelles bien ancrées dans l’esprit du public.

Quels sont alors les freins qui empêchent ce marché de se maintenir en bonne santé ? Le prix d’abord, jugé élevé, ralentit les ardeurs pour passer à l’achat. Affiché au kilo, le montant sur l’ardoise semble souvent trop élevé. Qui plus est, le taux de change peu favorable aux pays de la zone euro est venu alourdir la facture. Le coût de poissons comme le saumon ou le cabillaud, soit les deux poids lourds du rayon traditionnel, a ainsi augmenté de plus de 30% depuis le début de l’année, note l’Association des entreprises de produits alimentaires élaborés (Adepale).

Deuxième élément qui sape les ventes, le savoir-faire culinaire des clients qui se perd… La monotonie des plats qui colle à la peau des poissons pèse sur ces rayons. Les fiches recettes, animations culinaires en magasins et autres générateurs de recettes simples aident à mettre les Français aux fourneaux, mais ils ne suffisent pas encore.

Ajoutez à ces facteurs structurels une conjoncture peu propice pour certains produits… Le surimi, premier marché en volume sur le poisson, peine toujours à retrouver son dynamisme lié à la mode du régime Dukan. Le saumon fumé, lui, aurait bien besoin d’une tendance similaire pour se faire une deuxième jeunesse. Au rayon du traiteur de la mer, il reste, certes, le premier marché en valeur (avec 500 millions d’euros de chiffre d’affaires), mais ces évolutions touchent le fond depuis près d’un an et demi, avec - 9,5% en volume et - 4,6% en valeur. Malgré un Noël en légère hausse, le poisson roi en Norvège reste fortement plombé par les polémiques de l’année 2013…

Quelques alternatives, comme la morue sur les stands traditionnels ou encore la truite fumée au rayon traiteur, tirent parti, toutes proportions gardées, de cette chute, mais le bilan global laisse le marché dans le rouge. Quelques niches échappent également à cette morosité, à l’instar du saumon fumé sauvage. Preuve, s’il en était besoin, que les catégories les plus haut de gamme arrivent encore à tirer leur épingle du jeu.

Les tendances

  • Les acteurs jouent sur la transparence pour tenter de conquérir la confiance des consommateurs.
  • Les arguments de la saisonnalité sont de plus en plus diffusés auprès du public : une offre moins chère, variée, avec un gage de fraîcheur.
  • Sur le surimi, les efforts pour retrouver la croissance sont nombreux.

Les tops

  • La morue

+ 49% L’évolution en valeur, CAM au 1er mars 2015, vs 2014, HM + SM

  • Le saumon fumé sauvage

+ 18,6%

  • Les bâtonnets de surimi fourrés

+ 10,9%

Source : Iri

Les flops

  • Le saumon fumé de Norvège

- 14,7 %

  • Le saumon fumé en aide culinaire

- 13,3 %

  • Le saumon fumé de l’Atlantique

- 12,8 %

Traiteur de la mer

- 1,4% L’évolution en valeur, à 1,6 Mrd €stable en volume,à 435 millions d’unités

POISSONNERIE

- 0,8% L’évolution en valeur, à 2,1 Mrds €(poids variable pourles volumes)

Chiffres en CAM au 1er mars 2015, HS + SM, source : Iri

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Article extrait
du magazine N° 2362

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