Protéger ses entrepôts faceaux vols et cambriolages

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CAS PRATIQUE Le problème reste important dans la grande consommation. Les réponses tiennent tout autant à des mesures basiqueset rationnelles qu’à l’adoption de moyens de protection adaptés, renforcés par les progrès technologiques.

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SERL ParcIndustrielde1.jpg© DR

Les cambriolages et le vol de marchandises en entrepôts restent un fléau dans l’univers de la grande consommation, d’autant que le nombre d’entrepôts croît rapidement, avec l’essor de l’e-commerce. Le risque est également renforcé par la multiplication des entrées et sorties de marchandises, mais aussi par le recours massif au personnel intérimaire, tandis que les rotations de salariés sont fortes. « 70 à 80% des vols et actes de malveillance ont une source interne », rappelle un e-commerçant.

Parmi les produits sensibles au vol : les plus onéreux et de taille modeste, comme les parfums, les bijoux ou les produits électroniques (smartphones, tablettes…). Vêtements, chaussures, maroquinerie, ainsi que denrées alimentaires sont aussi régulièrement dérobés.

« Sur ce sujet, la veille et l’innovation en liaison avec des partenaires installateurs et spécialistes doivent être continues et impliquer les équipes des sites. La remise en question est permanente », insiste Thierry Daux, directeur sécurité et gestion du risque opérationnel d’ID Logistics, qui opère sur 85 sites logistiques en France pour des acteurs de la grande distribution ou de la parfumerie.

Identifier les multiples facteurs de risques

Beaucoup d’entrepôts de grande distribution sont implantés dans des zones dont l’attrait est aussi facteur de risque en matière de cambriolage : facilité d’accès par l’autoroute, lieu relativement isolé pour cause de foncier moins cher, voisinage lointain pour minimiser les nuisances… Plus ces caractéristiques sont réunies, plus le risque est grand et décuplé, bien sûr, par la typologie des produits entreposés.

« Un autre cas d’augmentation du risque de vol est constitué par le nombre de déplacements des produits dans l’entrepôt, jusqu’au picking de départ. La traçabilité est alors compliquée et les lieux pas tous aussi aisés à surveiller », note Jean-Jacques Wagner, PDG du Groupe Solutions, expert en sécurité. Autre cas de figure parfois rencontré : laisser des produits stockés dans des camions pendant la nuit reste peu recommandé. Le marquage apparent, sur des colis, de produits pouvant attirer l’œil des voleurs, est aussi à proscrire.

Dernier et principal facteur, donc, l’humain. Outre la grivèlerie interne, les entrepôts sont de plus en plus exposés du fait des extensions des horaires de travail – certains fonctionnent vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept. Le site étant le plus mis en danger lorsqu’il est en production, et par le brassage de salariés. Hormis les permanents, un nombre considérable d’intérimaires renforce traditionnellement les équipes, encore plus lors des pics saisonniers, Noël par exemple. « Nous avons eu des cas avérés de faux intérimaires restant deux jours, le temps de repérer les lieux pour commettre des vols ou des cambriolages », raconte un patron logistique de l’e-commerce.

Sécuriser les zones du site

Pour Jean-Jacques Wagner, les réponses « passives » sont un premier niveau à ne pas négliger. La plupart des grands entrepôts étant soumis préalablement aux études de sécurité et de sûreté publique (ESSP), qui ont pour objectif d’évaluer les forces et les faiblesses d’un site en matière de sécurité, ceux-ci doivent s’intéresser à la circulation des flux. « Le parcours des camions qui déchargent puis chargent, ainsi que tout le flux produits à l’intérieur de l’entrepôt, doivent être bien identifiés et rationalisés. Cela afin de sécuriser par la suite l’ensemble de ces zones et éviter que les marchandises ne se trouvent à des emplacements non prévus. » Les moyens La signalétique, ou le guidage au sol, un plan précis.

D’autre part, les informations au personnel doivent être abondantes pour faire mention des moyens mis en place pour sécuriser le site : vidéosurveillance etc. La dissuasion est un autre niveau de sécurité « passive ».

Installer des dispositifsanti-intrusion

« Aucun site n’est inviolable, indique Thierry Daux. Ce qui est impératif, c’est de freiner le plus possible le cambrioleur dans sa tentative d’intrusion. Si, au bout d’un certain nombre de minutes, il n’a pas atteint son objectif et que les alarmes se déclenchent, il abandonne. »

Selon lui, plusieurs outils sont nécessaires. Tous les dispositifs anti-intrusion, y compris les alarmes, associés à un système de télésurveillance. « Un opérateur à distance est alerté lors d’une potentielle intrusion, et dispose des moyens pour procéder à la levée de doutes, par visionnage vidéo notamment. Il est à même de prévenir police ou gendarmerie. » Chaque entrée, lieu de passage… doit être ainsi protégé. La vidéo­surveillance procure des images pour l’analyse d’un délit. « Des enregistrements de qualité ont pour but de fournir des informations et des éléments de preuve aux forces de l’ordre », souligne Thierry Daux. Qui plaide aussi pour des dispositifs anti-agression « de type alarme silencieuse pour protéger les salariés qui seraient confrontés à des faits délictueux ».

Enfin, si, comme il le rappelle, « la surveillance humaine dans des lieux fermés est déconseillée », un nouveau matériel, les « robots de patrouillage », dotés de systèmes de surveillance intégrant la cartographie du site, offrent des possibilités de contrôle supplémentaires. Un matériel onéreux, mais qui intéresse de grands acteurs de la logistique. Dernier volet, préconisé par Jean-Jacques Wagner : un agent en entrée et en sortie d’entrepôt, assurant un contrôle du contenu des sacs.

70 à 80 % 

La part d’actesde malveillancequi sont d’origine interne

Source : prestataires

Aucun site n’est inviolable. Ce qui est impératif, c’est de freiner le plus possible le cambrioleur dans sa tentative d’intrusion. Si, au bout d’un certain nombre de minutes, il n’a pas atteint son objectif et que les alarmes se déclenchent, il abandonne.

Thierry Daux, directeur sécurité et gestion du risque opérationnel au sein d’ID Logistics

Les problèmes rencontrés

Braquage

Les cas de braquage sont rares, mais des attaques à main armée se sont déjà produites en plein jour dans des sites renfermant des produits à forte valeur ajoutée (cigarettes, produits électroniques, parfums…).

Cambriolage

Opéré en dehors des heures d’ouverture, le cambriolage peut viser des camions semi-remorques qui sont restés chargés à l’extérieur de l’entrepôt, faute de place ou de temps.

Vol

Dans la plupart des cas, le vol a une origine interne. Encore plus quand il y a brassage de salariés, avec la venue de « faux » intérimaires.

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Article extrait
du magazine N° 2323

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