Proximité

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Double actualité sur le commerce de proximité. En octobre, Carrefour ouvre le bal à Madrid avec un petit supermarché urbain, Carrefour City. Quelques jours plus tard, Tesco réplique en Californie avec Fresh et Easy, son concept de convenience store. Ces actualités simultanées ne doivent rien au hasard. Aux États-Unis, Tesco se différencie sur des zones où il n'existe pas grand-chose entre les supérettes de 250 m² et les supermarchés de plus de 4 000 m². En Espagne, Carrefour va jusqu'au bout de sa politique multiformat, mono-enseigne. Ces deux stratégies confirment que si dans les pays en développement les supers et hypers se révèlent de redoutables armes de conquête, dans les pays industrialisés la proximité laisse entrevoir de belles perspectives de croissance. Certes, ce métier s'avère diablement complexe. La logistique reste un véritable casse-tête. Les franchisés ne sont pas faciles à trouver et même à gérer. Les emplacements sont toujours difficiles à débusquer. En qualité d'aménagement comme en rentabilité, le parc de magasins est hétérogène. Et le débat sur la défense du pouvoir d'achat ne favorise pas un concept aux prix de vente 5 à 20 % plus élevés que ceux pratiqués en grandes surfaces. C'est pourquoi des dirigeants, misant davantage sur le court que sur le long terme ou devant faire des arbitrages dans leurs investissements, refusent de s'y lancer, voire cherchent tout bonnement à en sortir. Alimentant ainsi nombre de rumeurs de vente. D'autres, bien au contraire, décèlent dans la proximité une méthode d'expansion judicieuse. Elle dope le chiffre d'affaires, permet mécaniquement de gagner des parts de marché, et apporte de nouvelles typologies de clientèle (Système U testera, en 2008, trois magasins U Express à Paris). De même qu'elle autorise une segmentation très fine puisqu'il existe de grandes différences entre un concept en zone rurale et celui en centre-ville ; ou entre celui apportant de la valeur ajoutée (horaires d'ouverture...) et celui misant sur les prix bas. Qui plus est, la proximité engloutit peu de capitaux et affiche d'appréciables résultats d'exploitation. Quant à sa croissance (+ 13 % aux États-Unis), elle paraît pérenne. Dans le monde entier, la hausse du cours du baril de pétrole incitera les consommateurs à limiter leurs déplacements en voiture. Dans de nombreux pays, ce marché morcelé laisse de la place à des mouvements de concentration ou à de nouveaux entrants. Enfin, en France, la réforme annoncée de la loi Raffarin facilitera les ouvertures de magasins et les agrandissements. Dans l'Hexagone ou ailleurs, le commerce de proximité n'a donc pas dit son dernier mot.

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Article extrait
du magazine N° 2020

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