Proximité : les petits commerçants face aux défis du digital

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Alors que les commerces de proximité accusent un certain retard dans le passage au numérique, la CCI Paris Ile-de-France a inauguré lundi 19 septembre 2016 son premier forum du commerce de proximité connecté à la Bourse de Commerce de Paris. Objectif : proposer des pistes de digitalisation concrète aux petits commerçants.

Connect Street s'est tenu lundi 19 septembre 2016 à Paris.
Connect Street s'est tenu lundi 19 septembre 2016 à Paris.© LSA

Une immersion totale dans le commerce de proximité connecté. C’est ce que proposait Connect Street, le premier forum du commerce de proximité connecté, organisé ce lundi 19 septembre 2016 à Paris par la CCI d’Ile-de-France. Sur 1 000 m² de démonstrations dans un décor de rue connectée, la CCI Paris Ile-de-France animait 6 modules de visites et 100 démonstrations devant un public de commerçants et de fédérations de commerçants mais aussi d’élus locaux préoccupés par l’économie de proximité. Objectif : présenter un certain nombre de solutions digitales adaptées aux problématiques du commerce de proximité.

Organisée en partenariat avec l’association JNOSC (Journées nationales des objets et services connectés) et MLG Consulting, cet événement avait un autre but avoué : rattraper le retard des TPE et des commerces franciliens dans la transition numérique à l’heure où la digitalisation apporte de véritables opportunités. "Les attentes du consommateur ont évolué et le fait qu’il soit connecté le rend de plus en plus exigeant", note Gilles Dabezies, Directeur général adjoint en charge des services aux entreprises et de la coopération internationale. Ainsi, près de 90% des internautes se déclarent intéressés par le web-to-store, tandis que 69% des acheteurs en magasin sont allés sur Internet avant pour se renseigner sur leur achat. Il s’agit donc de comprendre les évolutions du comportement d’achat du consommateur, mais aussi analyser le décalage entre ses attentes et l’offre proposée par le commerçant, car force est de noter que les pratiques numériques sont loin d’être ancrées dans les habitudes des petits commerçants.

Les freins à la digitalisation des petits commerces

Pour mieux cerner la réalité de la digitalisation des commerces, la CCI Paris Ile-de-France a réalisé une enquête auprès de plus de 2 000 commerçants franciliens de proximité. Premier enseignement de ce baromètre : la fracture numérique est bien là. "Seules 11% des entreprises françaises vendent en ligne", rappelle Gilles Dabezies. 42% des commerçants indépendants sont présents sur le web, contre 72% pour les commerces en réseau. Un chiffre faible qui s’explique par plusieurs facteurs selon l’aveu même des professionnels. Pour la moitié des commerçants interrogés, la crainte du manque de rentabilité au vu des investissements financiers, humains et organisationnels constitue le principal frein à la digitalisation du commerce. "Les commerçants se sentent isolés", renchérit Sylvie Bléry-Touchet, Adjointe au maire en charge de la vie économique, du commerce, de l'artisanat et du tourisme à la Mairie de Sceaux. Mais tout n'est pas négatif : côté secteur, si l’alimentaire et les loisirs sont peu présents, l’équipement de la maison est plutôt bien représenté, ainsi que la mode.

Quel rôle le commerçant donne-t-il au web ? C’est l’autre enseignement de ce baromètre. 68% des commerçants online se contentent d’un site vitrine, et seuls 28% de ceux qui sont présents sur le web ont un site marchand. Si la visibilité sur le web semble être bien intégrée, ils sont moins de 60% à actualiser leurs informations au moins une fois par mois.

Sur l’utilisation des réseaux sociaux, le constat est similaire. Ils intéressent encore peu les commerçants franciliens : un sur trois est présent sur un réseau social, les plus jeunes principalement (50% ont moins de 35 ans). "Il y a un manque d’accompagnement et une méconnaissance des outils, analyse Grégory Goddard, Délégué Général des Fromagers de France. Or le commerçant a un vrai rapport  à son territoire, et les réseaux sociaux sont en ce sens une vraie opportunité pour communiquer et valoriser le territoire". Autre crainte des commerçants : une certaine méfiance vis-à-vis des consommateurs et la peur de ne pas savoir gérer les avis négatifs.

L'exemple de la plateforme Sceaux Shopping

La marge de progrès est donc importante. D’une part pour maîtriser les outils, aujourd’hui gages de la montée en puissance du numérique dans les relations commerciales. D’autre part pour reconquérir des clients via l’outil digital et les services qu’il permet de mettre en place. Caisse enregistreuse connectée, paiement sans contact, click and collect, maîtrise de l’e-réputation… Les solutions sont nombreuses et adaptables selon les problématiques du commerce concerné. Pour Oliver Badot, Professeur à l'ESCP Europe et à l'IAE de Caen-Basse Normandie, "c’est même le commerce à travers les réseaux sociaux qui est l’avenir du retail". S’appuyant sur l’exemple de WeChat en Chine, ce #commerce (ou social commerce) "repose sur l’intégration d’une place de marché internationale ou local dans des parcours de cross-canalité notamment grâce à la géolocalisation et aux flux conversationnels". Autrement dit, un véritable commerce 4.0…

En attendant cette (nouvelle) révolution, certains élus et commerçants prennent à cœur de dynamiser l’économie locale à travers des initiatives des intéressantes. A Sceaux, 60 commerçants se sont fédérés via un site Internet pour proposer trois modes de livraison à leurs clients. Le click and collect a été couplé avec la livraison à domicile par triporteur électrique et au retrait en consigne automatique 24h/24 et 7 jours/7. Avantage pour les petits commerces : pas de site à gérer, un gain de temps non négligeable et des services proposés similaires à l’offre des gros e-commerçants. Baptisée Sceaux Shopping, cette conciergerie numérique est un bon exemple d’utilisation du numérique au service des professionnels. Quant à la Fédération des Fromagers de France, elle conduit le développement d’un projet pilote de digitalisation pour les 18 fédérations des métiers de bouche de la C.G.A.D (Confédération Générale Alimentation Détail). Pour Francis Palombi, président de la Confédération des commerçants de France (CDF), "c'est en se rassemblant que les petits commerçnats pourront lutter à armes égales avec les grands acteurs du numérique".  D'où un projet de Coopérative de développement économique destiné à relancer le commerce en centre-ville, pour aider chacun à prendre "la route de l'innovation".

>> Voir l'ensemble des solutions présentées lors du Connect Street

*Enquête réalisée auprès de 2 060 commerçants d’octobre à décembre 2015 par des conseillers de la CCI Paris Ile-de-France. Les 89 entretiens complémentaires, également administrés par des conseillers de la CCI Paris Ile-de-France, ont été réalisés entre avril et ai 2016.

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4 commentaires

DEEWEE

10/05/2017 15h30 - DEEWEE

Bonjour, Nous sommes justement la start-up DEEWEE dédiée à la digitalisation des petits points de vente proposant une dématérialisation des tickets de caisse, des statistiques de ventes en temps réel, et la capacité de pousser vos promotions à vos clients et prospects, via notre application mobile. Pour plus d'informations, renseignez vous sur https://www.deewee.net/ Nous serons ravis de vous expliquer nos services, pouvant faciliter votre relation quotidienne avec vos consommateurs!

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Nicolas

10/03/2017 10h08 - Nicolas

Bonjour Je viens de prendre connaissance de votre article sur les commerçants et la transition numérique. Nous sommes 3 amienois qui avons conçu un site internet national, tout récemment en ligne www.venteinflash.com Il a pour but de redynamiser le commerce de proximité en leur mettant a disposition une plate forme de communication gratuite. Les professionnels peuvent ainsi y déposer eux même des offres types Bons Plans, Promotions, Evénements et Ventes Flash (vente flash que nous souhaitons démocratiser en boutique) consultable par tous qui a pour but d'amener les clients en magasin (fonction de géolocalisation intégré dans le site). Notre valeur ajoutée est : - la rapidité de mise en ligne de leurs offres (dépôt d'une annonce en quelques clics, avec une validation sous 2H pour mise en ligne) - site a échelle national - la gratuité - la maîtrise complète de leur communication - actuellement un site internet mais qui sera très prochainement accompagné d'une application IOS et Android - ... et bien d'autres fonctions Lien ou l'on parle de VIF : - mon city guide - Site de la ville d'Amiens Notre FaceBook : lien FB

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David

23/09/2016 14h43 - David

"la crainte du manque de rentabilité au vu des investissements financiers" Le problème est la méconnaissance des nombreuses offres du marché qui proposent des offres accessibles voir meme gratuites. Wix, 1&1, oxatis sont autant d'offre à très bas cout. Des plateformes comme wizishop.fr (79€/mois + commission sur vente) ou eproshopping.fr (0€ + commission sur vente) permettent d'avoir un site ecommerce rapidement et presque sans investissement.

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Rojo Y Pinto

20/09/2016 13h54 - Rojo Y Pinto

Une problématique intéressante et bien résumée. Nous tendons à souligner notre retard, sans toujours mettre l'accent sur les initiatives qui fonctionnent comme celles de Sceaux, ou d'autres communes. Les commerçants des villes petites et moyennes ont d'abord dû réagir, face à l'installation des grands enseignes en périphérie notamment, phénomène qui a réduit le traffic en magasin. Seuls ceux qui ont intégré la dimension service et qualité ont pu tirer leur épingle du jeu. Il s'agit maintenant de s'adapter à l'évolution de notre société, en apprenant au quotidien, en dédramatisant l'approche digitale (il n'ya pas de mauvaises questions, il y a des besoins auxquels les commerçants doivent répondre pour se développer). Le digital est devenu un incontournable, sans lequel la survie de beaucoup d'établissements est menacée. Il faut savoir s'entourer, au besoin, et prolonger cette tradition de service pour fidéliser la clientèle. Le point de vente n'est pas mort, et l'humain reste au centre de toute relation commerciale.

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