Marchés

PS4/Xbox One/Wii U, la dernière guerre des consoles ?

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Alors que sort vendredi la dernière machine de Sony, l’industrie du jeu vidéo peine à savoir si le modèle de la console a encore un avenir avec l’émergence des tablettes et smartphones.  

Sony PS4

Un optimisme plus que modéré. Voilà comment les professionnels du jeu vidéo voient l’avenir de leur industrie. « Est-ce la dernière guerre des consoles ? C’est trop tôt pour l’affirmer, estime Pierre Cuilleret, le président de Micromania. Le succès de la PS4 et de la Xbox One ne fait pas de doute au lancement. Après dans deux ans, on verra… » Car même si les gens n’ont jamais autant joué, l’avenir de la console de jeu semble lui incertain. Les prévisions des cabinets spécialisés laissent ainsi entendre que cette huitième génération de consoles de jeux qui arrive sur le marché (les Xbox One, PS4 et Wii U sortie il y a un an déjà) n’atteindra certainement pas les sommets de la précédente. Le cabinet IHS estime en effet que dans cinq ans les ventes respectives de la PS4 et de la Xbox One seront respectivement de 49 millions et 38 millions. Des chiffres guère encourageants. A titre de comparaison les deux machines de la génération précédentes (les PS3 et Xbox 360) se sont vendues à 80 millions d’exemplaires. Bref après une septième génération de consoles qui a vu l’arrivée en masse de nouveaux joueurs, la huitième qui arrive serait celle d’un repli sur les gamers et accro aux jeux vidéo. D’autant que le moteur de l’ouverture (Nintendo et sa Wii) est grippé. Les ventes de la Wii U sortie il y a un an ne décollent pas… Le japonais n’a vendu que 3,9 millions d’unités de sa dernière console (alors que sur la même période la Wii avait déjà dépassé les 15 millions d’unités vendues…).

Pourquoi un tel reflux ? Les joueurs occasionnels séduits par la génération précédente n’ont pas abandonné le jeu, au contraire.  Mais c’est désormais sur tablette et smartphones qu’ils s’y adonnent. Candy Crush Saga a remplacé Wii Sport en quelque sorte. Les éditeurs d’appli au modèle ont montré que des jeux gratuits et à coût symnbolique (99 centimes le prix d’un jeu sur smartphone) pouvait être aussi ludique qu’un jeu console à 60 euros ou du moins satisfaire un large public non accro aux jeux à forte teneur technologique de type Call of Duty ou GTA.

On pourra objecter que paradoxalement ces blockbusters se vendent de mieux en mieux et génèrent de plus en plus de cash. Certes, le marché du jeu vidéo est de plus en plus éclaté et communautaire. Avec des joueurs occasionnels nombreux (mais peu dépensiers) et une population de gamers (dépensière elle) de plus en plus accros aux grosses licences mais qui ne croit pas forcément beaucoup. D’où les prévisions relativement modestes de ventes de consoles à cinq ans. Le marché du jeu vidéo sur console pourrait à terme être réservé à une aristocratie de joueurs quand le grand public lui se contentera d’applications sur tablettes et smartphones. Si l’objet console n’est pas condamnée, c’est le produit de consommation de masse qui l’est peut-être d’avanatage.

Retrouvez tout le détail de la stratégie de lancement de la XboxOne et de la PS4 dans le magazine de LSA demain.
 

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