Psy-show

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Petite lecture, avec humourdans une époque qui en manque cruellement, d'une possible ordonnance.

« Ça vous chatouille ou ça vous grattouille ? » La célèbre réplique du docteur Knock est plus que jamais d'actualité. Depuis quelques semaines, les médecins de tous horizons, à la recherche du virus de la sinistrose, tentent d'ausculter le consommateur en particulier et la consommation en général. Mais alors que le gouvernement nous concocte un budget de rigueur, autrement dit une bonne cure d'austérité, il paraît salutaire d'en savoir un peu plus sur la nature du mal. Car si pour beaucoup il est profond, pour d'autres, le traitement relève davantage de la psychologie que de la médecine lourde. En effet, les maux des Français sont connus.

Petite lecture, avec humour dans une époque qui en manque cruellement, d'un possible diagnostic. On mettra de côté la kleptomanie (augmentation des vols en grandes surfaces), l'amnésie (la baguette de pain coûtait 1 franc avant le passage à l'euro...) ou les troubles du langage (geek, hipster...). On oubliera l'anorexie (la déconsommation) ou la boulimie (la quête sans fin d'innovations). L'important est ailleurs. La dépression guette les Français. Idées noires, tristesse, fatigue... Les signes de cette maladie se multiplient aussi bien dans les cabinets médicaux que dans les sondages. Certains vont même plus loin et parlent de psychose, voire de schizophrénie. Avec, à chaque fois, des termes dignes d'acheteurs compulsifs : « multiplication de réactions inappropriées », « impulsions soudaines et irraisonnées »... Quant aux maniaco-dépressifs, ils alternent entre euphorie et dépression. Comme si des Français se précipitaient pour acheter des tablettes électroniques onéreuses tout en rouspétant contre les hausses de prix des pâtes et du café ! Bigre...

Bien sûr, les consommateurs ne sont ni malades ni fous. Il faut simplement déduire de cette litanie médicale que la consommation dépend autant de critères économiques que de l'ambiance générale. Reste la question des remèdes. Face à l'ensemble de ces symptômes, le gouvernement doit prendre garde de ne pas utiliser des méthodes d'un autre temps, comme la saignée (à base de taxes). Car les politiques, de droite comme de gauche, souffrent eux aussi de quelques maux, dont l'hyperactivité (lois en rafales..), et même l'autisme (attitude de repli sur soi où l'individu n'entretient plus de relations avec le monde extérieur...). Certains, confrontés à des pensées préoccupantes qui reviennent sans cesse (des obsessions), afficheraient des troubles obsessionnels compulsifs, les fameux Toc. Pour les chasser, ils se livrent à des rituels particuliers (des compulsions). Dit plus crûment : pour combler les déficits, ils augmentent les impôts et multiplient les taxes, sans réellement baisser les dépenses... Le remède peut alors être pire que le mal. Il ne s'agira pas dès lors de « chatouille » pour la consommation, mais bel et bien de « grattouille ». Et même beaucoup plus pour les Français déjà en difficulté, malheureusement de plus en plus nombreux...

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Article extrait
du magazine N° 2204

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