Quand les emballages perdent du poids

Tous les ans, 100 milliards d'emballages génèrent 25 tonnes de déchets en France. Il est donc urgent de réduire le poids des conditionnements. 98 produits montrent l'exemple.

L'an passé, la bouteille de Vittel a changé de forme et rajeuni. Surtout, elle a perdu 8 g en abandonnant le PVC (chlorure de polyvinyle) au profit du PET (polyéthylène de téréphtalate). Un allégement imperceptible pour les consommateurs. Mais pas pour l'industriel, qui économise 2 516 t de plastique par an ! Cet exemple n'est pas un cas unique. Dans son « Catalogue de la prévention des déchets d'emballages », le Conseil national de l'emballage a recensé 98 produits ayant subi un régime minceur.

Des économies notables

Poussées par des motivations écologiques et économiques, mais aussi civiques et réglementaires (directive européenne 94/62, adoptée le 20.12.1994 et décret français 98-638 du 20.7.1998), de nombreux industriels s'emploient à délester les produits. À commencer par les emballages tertiaires (pour le transport) et secondaires (pour la présentation dans les magasins). Ainsi, Contrex a revu le filmage de ses palettes et réalisé une économie annuelle de 166,8 t de polyéthylène ! Chez Unisabi, un système de compression des sacs de Pedigree Pal a évité l'achat de 2 006 t de cartons par an.

Mais les suremballages ne sont pas les seuls à suivre des cures d'amaigrissement. À l'instar de la lessive micro, les chercheurs d'Yves Rocher ont concentré leurs shampooings : à capacité égale, le flacon en PETP de 150 ml a pris la place de celui de 450 ml. Du même coup, le vépéciste achète tous les ans 2,8 t de plastique en moins ! Idem pour La Maison verte (Reckitt & Colman) : le flacon en polypropylène de 750 ml et 49 g a été remplacé par un packaging de 500 ml et 27 g. Avec une augmentation du nombre d'usages ! Bilan : 29,9 t de plastique économisées.

Sus au gaspillage !

D'autres sociétés préfèrent traquer le gaspillage. Lors du conditionnement de la viande, Socopa a diminué d'un quart les déchets de découpe des films en plastique. Même La Vache qui rit a perdu ses kilos superflus : 1 118 t en moins/an grâce à la suppression du faux fond et à l'allégement du carton de l'intercalaire !

Pour obtenir des résultats équivalents, il faut souvent toucher à la forme. Goa (jus de fruits en bouteille de verre de 75 cl) a enlevé les stries de sa bouteille et réduit son col : 466 t de verre en moins par an ! D'autres changements sont plus visibles : Ace Delicat, de Procter & Gamble, a été modernisé et allégé de 62 à 52 g.

Enfin, de nouvelles techniques peuvent contribuer à réduire les excès de poids. Grâce à une meilleure répartition du PET au cours du soufflage, Coca-Cola a gagné 3,5 g sur sa bouteille de 50 cl. Une économie annuelle de plus de 291 t ! Chez Cacolac, la boîte 3 pièces a été remplacée par une boîte 2 pièces, passant de 45 à 26 g. Plusieurs mois d'études ont été nécessaires ainsi qu'un investissement de 1,5 million de francs. Car maigrir coûte cher. Valvert a dépensé 4 millions de francs pour réduire sa bouteille de 41,5 à 36 g. Fleury Michon a investi 1,4 million de francs pour remplacer ses caisses américaines par 3 formats de cagettes en carton.

Des gains de productivité

Heureusement, ces dépenses ne sont pas à fonds perdu. En réduisant la facture des conditionnements, les industriels augmentent leur marge ou baissent le prix de vente au consommateur. Sans parler du coût de la logistique. Plus le produit est lourd ou encombrant, plus son transport sera onéreux. D'importants gains de productivité se cachent donc dans les emballages. Mais attention : réduire le poids d'un emballage peut aussi être nuisible... à l'environnement. Parce qu'un écobilan précis n'aura pas été effectué. Les bonnes intentions ne suffisent pas toujours
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Article extrait
du magazine N° 1600

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