Quand les U se font « nouveaux recycleurs »

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· Des magasins U de la région Ouest ont trouvé une solution « associative » pour valoriser leurs déchets · Grâce au GIE Ecovalor, cartons et plastiques sont récupérés pour être recyclés

Les U de Vendée, soit une quarantaine de magasins, ont pris une bonne longueur d'avance dans le traitement de leurs déchets. Ces « nouveaux commerçants », animés par l'esprit associatif du groupement, sont aussi devenus des « nouveaux recycleurs ». Après une phase de test initiée en 1995, un GIE, du nom d'Ecovalor, a été créé sous l'impulsion de Serge Papin, directeur général de la région Ouest. Une usine de 5000 m2, représentant un investissement de 4,8 millions de francs, a ouvert ses portes en janvier 1998. Sa mission : la revalorisation des déchets, cartons et plastiques dans un premier temps.

Une démarche pas seulement écologique

Il faut rappeler que, en vertu du décret européen sur l'élimination des déchets des activités industrielles et commerciales (texte du 13 juillet 1994, entré en application en juillet 1995), la grande distribution a pour obligation*, comme détenteur final d'emballages usagés, de prendre en charge ses propres déchets. Mais les U d'Ecovalor ne souhaitaient pas seulement répondre à cette obligation : « C'est aussi pour nous l'occasion de jouer notre rôle d'entreprise citoyenne, assure Jean-Luc Boidé, responsable du GIE et propriétaire de deux Super U. Il est trop tôt pour affirmer qu'Ecovalor fournit une solution économiquement rentable mais il s'agit sans aucun doute d'une solution d'avenir. Quand le système sera bien rodé, Ecovalor permettra de maîtriser tous les aspects du recyclage. »

L'enjeu est à la fois écologique (« il s'agit de participer à la sauvegarde de l'environnement »), économique (« on transforme une dépense en investissement ») et social (« on crée des emplois directs sur le site et indirects à travers toute la filière »).

La première étape de la filière, c'est le point de vente. Un tri sélectif des cartons est effectué dès la mise en rayon et les films plastique sont récupérés dans des « bigs bags » (grands sacs). Pour le stockage des cartons, les Marché U et les Super U disposent de simples bennes, d'une contenance de 2 à 3 tonnes, tandis que les Hyper U et les gros Super U ont recours à des bennes compactantes (4 à 5 tonnes). Quand les volumes le permettront, verre et papier pourront être récupérés, mais ce n'est pas encore le cas. A l'avenir, Ecovalor sera même en mesure de traiter piles, batteries, boîtes en fer, caisses polyester, etc. Bref, une multitude de produits et de conditionnements, que les clients pourront rapporter dans les magasins. Ecovalor envisage aussi d'élargir son champ d'action : « Nous aimerions attirer sur le projet d'autres gros producteurs de déchets tels que les industriels locaux de l'agroalimentaire », souligne Jean-Louis Guinaudeau, responsable de la gestion du GIE et patron du Marché U de Saint-Laurent.

Le transport, un poste coûteux

Le transport des matériaux, qui représente 50% des frais de fonctionnement du GIE, est le poste le plus onéreux : « Pour une meilleure rentabilité, les camions doivent repartir bien chargés », remarque Philippe Boutreux, associé du Super U de Saint-Hermine et responsable logistique du GIE. Le ramassage s'effectue au rythme de deux fois par mois pour un Super U et de quatre pour un Hyper U, avec une fréquence double pendant la saison estivale, en raison de la forte activité des magasins.

L'usine de traitement est implantée à Bournezeau, site choisi pour sa situation centrale, à moins de 100 kilomètres des points de vente. Là est effectué un nouveau tri, puis cartons ou plastiques sont dirigés par un tapis roulant vers une presse à balle, pour être compactés. Ecovalor traitera plus de 4 000 tonnes de cartons en 1998 (3700 en 1997 ) et environ 200 tonnes de plastique.

Reste le quatrième et dernier maillon de la chaîne : le recyclage des déchets, pour lequel le GIE a passé un accord de partenariat avec le groupe Otor, un des premiers groupes cartonniers français. Sur un marché du carton dont les cours sont très fluctuants, Otor s'est engagé à acheter la production d'Ecovalor en garantissant un prix minimal. Les cartons sont transformés dans l'usine de Nantes en pâte à papier, elle-même utilisée pour fabriquer de nouveaux emballages. Certains seront destinés à des industriels fournisseurs de Système U. La boucle est ainsi bouclée.

Très motivés par cette expérience, les U manifestent déjà leur intention d'aller plus loin : « Je rêve pour demain de la nomination d'un permanent qui serait responsable de l'environnement pour la région », confie Jean-Luc Boidé.

* Le ramassage des déchets est assuré par les collectivités locales jusqu'à 1 000litres par semaine. Au-delà, il est à la charge de l'entreprise.
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Article extrait
du magazine N° 1586

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