Que Choisir s’attaque à nouveau aux pratiques des opticiens sur le prix des lunettes

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LÉGISLATION - LOIS L’association de consommateurs présidée par Alain Bazot a mené une vaste enquête sur les pratiques des opticiens concernant le prix des lunettes, dénonçant une fraude de 142 millions d’euros. Mais la future loi plafonnant le remboursement à 450 euros par paire ne lui convient pas non plus.

Le président de Que Choisir reprend le combat sur le prix des lunettes
Le président de Que Choisir reprend le combat sur le prix des lunettes

Alors que le gouvernement a annoncé sa volonté de plafonner le remboursement des lunettes à 450 euros pour les verres simples et 700 euros pour les verres progressifs, dans une loi sur la santé qui devrait être présentée en Conseil des ministres à une date encore indéterminée – avant d’être soumis au Parlement – l’Union Fédérale des consommateurs révèle les résultats d’une vaste enquête sur le mode du «client mystère » - auprès de 1 188 opticiens, qui démontrerait une fraude aux complémentaires santé de la part de certains opticiens, pour un montant estimé à 142 millions d’euros.
 

«Dans près d’un cas sur cinq (17,9 %) l’opticien propose spontanément de falsifier la facture envoyée à la complémentaire santé pour augmenter le remboursement perçu et réduire le reste à charge des consommateurs », soutient l’UFC. Le lobby de consommateurs souligne que ces propositions émanent d’abord des opticiens indépendants ( 29,5 %) plus que des grandes chaines nationales. UFC-Que Choisir avait déjà mené une campagne similaire il y a quelques mos à l’encontre des opticiens, estimant que les prix en France étaient bien supérieurs à ceux constatés en Europe, et dénonçant leurs marges « exhorbitantes ». A cette époque, toutefois, l’association se gardait de mettre en cause les complémentaires santé, qui offrent des remboursements confortables sur lesquels les opticiens se basent en toute logique, à leur bénéfice mais aussi à celui des consommateurs. Ces derniers se voient en effet proposer montures et verres de bonne qualité, d’origine française, bien dans la volonté gouvernementale de redressement productif.

Complémentaires santé en cause aussi

Mais cette fois, Que Choisir dénonce aussi les « liaisons dangereuses entre les complémentaires santé et les opticiens ». « Les garanties optique haut de gamme, qui concernent 40 % des assurés, ont enclenché un cercle vicieux entre remboursements en optique et prix pratiqués par les opticiens, qui ont fait de la France la championne d’Europe de la cherté, avec un prix moyen de 470 €. Une fois montés très haut, il est vain de croire à une baisse de prix spontanée ». Pour enrayer la spirale, le gouvernement prévoit en effet de limiter les remboursements à 450 euros pour des verres simples et 700 euros pour des verres progressifs. De plus, ces remboursements seraient valables tous les deux ans et non tous les ans comme c’est le cas actuellement. Pour Alain Bazot, "le gouvernement est myope, le plafonnement ne permettra pas la baisse des prix". Pour y parvenir, il faudrait favoriser des "réseaux de soins" surveillés "par l'Autorité de la concurrence".

Assurément, le plafonnement prévu par le gouvernement aura des effets considérables sur la distribution de lunettes en France, mais aussi sur l’industrie en amont, qui lutte pour sa survie face à l’offre chinoise. Les consommateurs n’y gagneraient sans doute pas – puisque le reste à charge augmenterait brutalement. Enfin, nul  ne peut être certain que les complémentaires santé baisseront le niveau des cotisations – même si le montant des remboursements baisse et si des magasins d’optique ferment. 40 % des contrats sont d’ailleurs négociés au niveau des entreprises, 60 % d'ici à deux ans, en raison d'une nouvelle loi applicable en 2015. Que Choisir n’a d’ailleurs pas enquêté sur le taux de marges des complémentaires réalisées via l’optique. Sans doute l’opération est-elle moins facile à mettre en place que d’envoyer des clients-mystère dans les magasins d’optique.

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