Quelques remarques

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YVES PUGET EDITO
YVES PUGET EDITO© © laetitia duarte

Le salon mondial de l’alimentation, a fermé ses portes. Plus de 150 000 visiteurs ont arpenté les 6 300 stands. Une véritable fête de l’innovation qui mérite quelques remarques.

1. La mondialisation de l’alimentation est une évidence, et ne fait que s’accroître. Partout, les consommateurs mangent plus ou moins souvent un steak haché avec deux mor­ceaux de pain et boivent du soda. Mais tous ne sont pas au même régime. La question du PIB de chaque pays entre évidemment en ligne de compte. Au-delà de cette question, les habitudes culturelles et culinaires sont solide­ment ancrées. Et ici où là, on rencontre des produits dont on se dit qu’ils pourraient séduire les Français et d’autres dont on sait qu’ils n’ont que peu de chances d’arriver chez nous. Ils apportent néanmoins de bonnes idées et, surtout, il serait dangereux de tout vouloir uniformiser, de tenter de gommer les spécificités nationales et d’imposer à tous les mêmes produits.

2. Le made in France était à l’honneur. Ce qui, là aussi, est une bonne nouvelle. Il faut absolument que les entreprises françaises, multinationales et PME, s’exportent davantage. Qu’elles le fassent en misant sur l’image culinaire de la France, mais aussi sur nos savoir-faire (qualité, goût, traçabili­té…). Il est d’ailleurs étonnant de voir à quel point beaucoup d’entrepreneurs parlent de made in France sans mettre à l’honneur le drapeau ­tricolore, comme le font les Italiens et ou les Américains. Certains le regrettent probablement, d’autres affirment, à juste titre, que notre histoire, notre terroir, nos régions et notre gastronomie sont suffisamment riches pour évoquer la France sans en faire de trop. Pour s’exporter aux États-Unis, un industriel français se contente d’afficher « ratatouille », « gratin dauphinois » ou « soupe à l’oignon » sur ses produits. Tout est dit. L’imaginaire fait le reste.

3. Cette édition du Sial est restée très positive. Si, bien sûr, les questions de santé, de traçabilité et de sécurité alimentaire étaient présentes, elles n’occupaient pas tous les esprits, tous les médias. L’innovation – la petite comme la grande, la nouvelle recette comme l’offre rupturiste – était au centre des préoccupations. On parlait tendan­ces plus que vache folle. On discu­tait valorisation plus que grippe porcine ou aviaire. On évoquait les budgets R&D plus que le contenu d’éventuelles étiquettes nutritionnelles. On bavardait « produits » et non « prix », du moins les distributeurs étrangers. Les produits « avec » (sucre, l’huile, épices…) revenaient en force, alors que les « sans » (gluten, colorant…) s’imposaient et, surtout, s’affichaient gourmands. On redécouvrait le plaisir de manger « sain » et « bon ». Ce qui n’est pas contradictoire.

4. Enfin, il n’est pas possible de passer sous silence l’inquiétude des exposants français. La guerre des prix qu’ils subissent met à mal leurs comptes d’exploitation. Nombreux sont ceux à reconnaître qu’il est logique que des négociations entre un « vendeur » et un « acheteur » soient tendues. Ils le savent et ne réclament pas un monde de Bisounours. En revanche, ils souhaitent que la loi soit respectée, que la DGCCRF fasse son travail et que les distributeurs tiennent leurs engagements. Car dans le cas contraire, ils craignent pour l’avenir de leur secteur en général et de leur entreprise en particulier. Et si tel est le cas, l’ambiance ne sera peut-être plus la même pour la 51e édition du Sial… en 2016.

 

ypuget@lsa.fr@pugetyves

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Article extrait
du magazine N° 2340

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