Quels sont les distributeurs préférés des jeunes diplômés ?

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Les étudiants consacrent de nouveau Decathlon dans le palmarès des enseignes où ils aspirent à travailler. Pour attirer les profils recherchés, les distributeurs nouent de plus en plus de partenariats avec le tissu universitaire.

Jeune diplomé

Encore une fois, Decathlon écrase la concurrence. L’entreprise est sacrée première au palmarès des meilleurs employeurs du retail. Mieux, c’est là que les milliers d’étudiants sondés* rêveraient de travailler. La raison d’un tel succès ? Yann Thomas, DRH des zones Nord et Ouest de la France pour l’enseigne bleue, explique que celle-ci a décidé d’écrire sa marque employeur il y a cinq ans. Parmi les piliers de cette politique, une prise de responsabilité très tôt, comme en témoigne Guillaume Bary, tout juste trentenaire. À peine diplômé de la Skema Business School, il est embauché en 2010. Six ans plus tard, après une ascension continue, il est propulsé à la tête du plus grand magasin de Paris, ouvert en avril 2016 dans le XIXe arrondissement. Comme lui, « la moitié de nos directeurs de magasin ont débuté par un stage », pointe Yann Thomas, qui intensifie ses efforts pour gonfler le nombre d’apprentis, à 740 actuellement pour la partie retail.

Des besoins à clarifier

Les distributeurs sont eux aussi nombreux à se rapprocher du monde universitaire. Les Mulliez ont historiquement noué des liens étroits avec des écoles du Nord de la France. Leclerc collabore avec de nombreuses écoles de commerce (Audencia, Ecal, Neoma…), et vient de créer une chaire d’enseignement en partenariat avec l’ESCP-Europe. Une voie déjà empruntée par Système U en 2013, qui avait lancé, avec AgroParisTech, une chaire d’enseignement et de recherche dans la gestion durable et la supply chain, baptisée Sustainable Demand-Supply Chain. Ces programmes, tous différents, se rassemblent autour d’un point commun : ils constituent de puissants vecteurs d’image.

Carrefour, troisième du classement, l’a compris. Le distributeur a mis sur pied cinq formations ultrasélectives – dix à douze élèves par promotion – pour former des responsables de supply chain, des chefs de projet, des postes clés sur digital… Elles ont permis au distributeur d’attirer de jeunes diplômés au profil intéressant. « Cela a un effet boule de neige, car la reconnaissance de ces programmes entraîne la cooptation de hauts potentiels », observe Élisabeth Valenza, responsable développement RH et relations école chez Carrefour, qui précise que la moitié des 500 cadres employés chaque année sont de jeunes diplômés.

Mais ces efforts sont-ils efficaces pour améliorer les marques employeurs ? Oui, car les partenariats évoqués participent à embellir leur réputation auprès du jeune public. Et non, car les groupes ne parviennent pas forcément à recruter sur leurs besoins spécifiques. « Que des jeunes diplômés de marketing et de vente soient intéressés par la distribution semble logique. En revanche, le secteur n’est pas très attractif pour les informaticiens et le digital, où il y a pourtant des postes à pourvoir », analyse Éric Matarasso, directeur associé de 4ventsgroup, à l’origine de cette étude. Les retailers font des efforts pour communiquer sur leurs métiers, mais leurs besoins restent flous pour ce public. Pour y remédier, certains sites d’entreprises mettent de plus en plus haut l’onglet « Métiers » dans leur arborescence.

L’important critère géographique

Principal handicap dont la distribution peine à s’affranchir : le critère géographique. La localisation fait partie des items que les étudiants scrutent de près pour choisir leur entreprise. Elle est particulièrement importante pour ceux attirés par la distribution (61%). Et certains points de vente éloignés des agglomérations peuvent rebuter. Idem pour la dimension internationale : plébiscitée par les jeunes diplômés, la distribution peine à offrir des parcours incluant la case international pour ses cadres. Elle doit donc encore peaufiner ses opérations séduction pour attirer ce public tant convoité.

Les formations à bac + 2 restent les plus courantes

Le marketing, principal attrait des étudiants

Méthodologie

  • Étude menée en ligne en mars et avril 2016, par 4ventsgroup, auprès de 8 633 étudiants et anciens élèves de zéro à sept ans d’expérience professionnelle.

« Nous avons amélioré notre marque employeur en lançant nos propres formations. Ces programmes sont un excellent levier de cooptation pour recruter de hauts potentiels. »

Élizabeth Valenza, responsable développement RH et relations école chez Carrefour

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Article extrait
du magazine N° 2419

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