QUESTION D'ÉQUILIBRE

|

Quel rapport entre le développement du marché du gris (p. 24 et 25) et la multiplication des audits sociaux chez les fournisseurs asiatiques (p. 96 et 97) ? A priori aucun. Pourtant, voilà deux sujets qui démontrent la volonté des hypermarchés de multiplier les importations. Sans pour autant en conclure que ces « usines à vendre » risquent de se transformer en show-room des savoir-faire chinois ou coréens.

Certes, les enseignes ne peuvent passer à côté des multiples opportunités qui leur sont offertes. Il s'agit souvent de débusquer les « meilleures affaires », parfois de répondre à une simple logique d'implantations de magasins, ou d'anticiper l'essor de nouveaux secteurs comme le mobilier de jardin. Et ce avec la ferme volonté de se passer d'intermédiaires. Mais les portes des magasins ne sont pas pour autant grandes ouvertes. Car certains produits affichent leurs limites. La qualité n'est pas toujours au rendez-vous, les marques y sont rares, le transport coûteux, le flux tendu un voeu pieux et le réassort un casse-tête. Quant aux achats, ils dépendent bien évidemment de la fluctuation du dollar. Sans oublier que l'intérêt économique, réel, diminue au fur et à mesure que ces pays s'industrialisent et que le salaire horaire s'y accroît.

Les fournisseurs français, voire européens, ne peuvent ignorer ces évolutions. Et, d'ailleurs, ils y participent amplement en installant leurs usines dans des pays à bas coûts. Et ceux qui veulent ou ne peuvent participer à ce mouvement ne pourront y répondre que s'ils collent parfaitement à la demande du marché local, construisent de véritables marques, inventent des produits à valeur ajoutée et conçoivent des stratégies pertinentes (séries courtes, délais de livraison performants...). Sans oublier, pourquoi pas, d'exporter à leur tour (lire p. 26 sur la loi bio-terrorisme aux États-Unis). Quant aux distributeurs, ils ne doivent pas perdre de vue que les importations imposent une certaine « éthique » et que si les consommateurs (et l'État !) réclament des prix bas, les produits « made in France » sont aussi vecteurs d'image. Un nouvel équilibre - certes fragile mais nécessaire - reste à trouver. À l'intar du mouvement Leclerc, qui investit 16 millions d'euros pour étendre sa plate-forme d'importation au Havre et qui signe, quelques jours plus tard, un accord de partenariat avec la Fédération des entreprises et entrepreneurs de France afin de dynamiser les marques des PME. Ce qui n'est pas forcément une contradiction...

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 1831

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous

 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA