QUESTION D'IMAGE

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Des milliers de fruits et légumes saccagés en quelques minutes dans une centrale d'Intermarché. Une trentaine de tonnes de melons jetées en vrac devant la préfecture de Montauban. Il n'est plus un été où les agriculteurs n'expriment leur mécontentement. La méthode est connue. Opérations musclées, blocages d'entrepôts ou de magasins, puis gâchis de marchandises devant des lieux emblématiques. Une stratégie à tout le moins curieuse. Surtout lorsque les producteurs tempêtent non contre une surproduction, mais bel et bien contre une baisse très sensible de la consommation et des prix à l'achat jugés trop bas. Pour valoriser leurs tarifs, les agriculteurs n'auraient-ils d'autres solutions que de dévaloriser leurs produits ?

Laisser croire, en les détruisant, que les melons et autres nectarines auraient perdu toute valeur tient de la contre-communication, à l'encontre de tous les efforts réalisés ces dernières années. Tant dans la régulation de la filière que dans l'optimisation de la qualité. De nombreuses campagnes publicitaires incitent en effet les Français à manger davantage de fruits et légumes. Quant aux nutritionnistes, ils ne cessent de vanter les mérites de ces produits, notamment avec le fameux Programme national nutrition-santé (PNNS). Le merchandising commence enfin à clarifier et à hiérarchiser l'offre. Les promotions-animations dépassent de plus en plus le simple discours prix. La signalétique a été optimisée. De nouvelles variétés sont apparues. Et que dire du succès de la IVe gamme et de l'émergence d'offres emballées. Sans oublier les nombreux contrats de filière signés entre distributeurs et producteurs.

Hélas, ce travail de fond - qui, certes, n'est pas achevé - n'a pas empêché les indicateurs de virer au rouge. La faute à qui ? La grande distribution - qui n'est d'ailleurs pas l'unique débouché des agriculteurs... - ne peut ni ne veut servir de seul bouc-émissaire. Une météo capricieuse, des importations attrayantes, des taxes multiples, mais aussi des filières désorganisées expliquent en grande partie les difficultés actuelles. La reprise des ventes passe davantage par le dialogue que par les conflits (p. 20 à 22). Par la signature de codes de bonne conduite plus que par des pratiques abusives. Par des accords contractuels plus que par un nouveau carcan législatif. À condition de s'y atteler dès à présent. Sans attendre la prochaine crise...

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Article extrait
du magazine N° 1870

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