Questions estivales...

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Si l'été n'a pas été très riche en nouvelles fracassantes, il soulève néanmoins quelques questions. En voici quatre autour des braquages de magasins, du drive, du hard-discount et de l'économie.

1/ La lecture de la presse quotidienne régionale montre la montée en puissance d'un phénomène réel et pourtant absent des débats parisiens. Savez-vous que, le 15 août, deux Intermarché ont été victimes d'une tentative de braquage, d'abord à Râches (59), puis à Carvin (62) ? Avez-vous entendu parler de l'attaque, le même jour, du Carrefour City de Toulouse (31) ? Sans oublier, le 19 août, l'opération commando contre l'Intermarché de Pont-Sainte-Maxence (60) ou la venue de deux individus armés, le 4 août, au Dia de Briançon (05). De temps en temps, ces anecdotes sont dignes des aventures des Pieds Nickelés, mais souvent, hélas, il s'agit de mauvaises séries B. Alors pourquoi personne n'en parle ? Pourquoi ces délits, non seulement se multiplient-ils, mais surtout se banalisent-ils ? Ils génèrent pourtant des traumatismes évidents, tant pour les salariés que pour les clients. Il serait grand temps de prendre ce phénomène en considération.

2/ Selon la base de données LSA Expert, la France compte 2 551 drives ! Alors que tout le monde se focalise sur les ouvertures, cet été, le site lsa.fr a révélé le début des... fermetures. Car, après le Chronodrive de Halluin (59), Carrefour Drive a lui aussi fermé son parking à Tours (37). Tout comme le Leader Drive de Cannes (06)... Qu'en conclure ? Que les distributeurs ont privilégié la rapidité des ouvertures à l'analyse très fine et complète des zones d'implantation. Ces échecs ne remettent pourtant pas en cause l'essor du circuit. Ils rappellent simplement aux enseignes qu'il ne suffit pas d'ouvrir un site, accolé ou déporté, pour qu'il soit rentable. Il faut, certes, trouver le bon modèle économique, mais aussi les bons emplacements.

3/ Une autre question se pose avec le pari pour le moins osé de Sir Stelios Haji-Ioannou. Le fondateur d'easyJet voudrait créer en Grande-Bretagne une enseigne encre moins chère que Lidl ou Aldi : EasyFoodstore, qui se concentrerait sur la vente de produits sans marque et à longue conservation. Une idée folle ? Celle d'un entrepreneur qui croit que le commerce est un métier simple et sans risque ? Il se cassera alors rapidement les dents face à des concurrents plus coriaces que prévu, mais aussi face aux complexités de la distribution (bons emplacements, achats, logistique, vente...). Ou, bien au contraire, Sir Stelios Haji-Ioannou est-il dans le vrai ? Puisque le hard-discount s'embourgeoise (davantage de références, des magasins plus grands et de plus en plus de marques nationales) et que la question du pouvoir d'achat est plus importante que jamais, n'y a-t-il pas une place pour une chaîne plus low-cost que les autres ?

Pourquoi les braquages, non seulement se multiplient-ils, mais surtout se banalisent-ils ? Ils génèrent pourtant des traumatismes évidents, tant pour les salariés que pour les clients.

4/ Enfin, comment ne pas s'interroger sur le rebond de 0,5 % du PIB au deuxième trimestre annoncé par l'Insee, ainsi que sur la sortie de récession de la zone euro prédite par Eurostat. S'agit-il d'un simple petit sursaut sans lendemain (en raison notamment de la météo) ou peut-on sérieusement et durablement envisager une sortie de crise ? Pour l'instant, nul ne peut répondre avec certitude. En revanche, on peut affirmer sans crainte que, dans ce pessimisme ambiant, une bonne nouvelle, même si elle reste à confirmer, fait diablement du bien.

 

 

 

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Article extrait
du magazine N° 2284

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