R. Mulliez (PicWicToys) : "Nous avons besoin de voir la lumière au bout du tunnel "

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INTERVIEW Romain Mulliez, président de PicWicToys et co-président de la Fédération des Commerces spécialistes des jouets et des produits de l'enfant (FCJPE), revient sur l'importance pour les familles comme pour la filière d'une réouverture rapide des commerces de jouets, prêts à mettre en place de nouvelles mesures de sécurité sanitaires. 

Romain Mulliez, président de PicWicToys et co-président de la Fédération des Commerces spécialistes des jouets et des produits de l'enfant (FCJPE) insiste sur l'importance d'une réouverture des commerces de jouets, produit "essentiel" en cette saison de Noël.
Romain Mulliez, président de PicWicToys et co-président de la Fédération des Commerces spécialistes des jouets et des produits de l'enfant (FCJPE) insiste sur l'importance d'une réouverture des commerces de jouets, produit "essentiel" en cette saison de Noël. © PicWicToys

Comment apprendre à "vivre avec le virus" si les commerces et la vie sont à l'arrêt ? Tel est le message porté par Romain Mulliez, président de PicWicToys et co-président de la Fédération des Commerces spécialistes des jouets et des produits de l'enfant (FCJPE). Alors que le point étape promis par le gouvernement pour examiner une éventuelle réouverture des magasins "non essentiels" est prévu jeudi, il rappelle les mesures de sécurité renforcée proposées par les jouettistes et les enjeux pour l'ensemble de la filière. Interview. 

LSA – Alors que vos magasins – ainsi que les autres commerces « non essentiels » – sont fermés, comment voyez-vous évoluer la situation ? 

Romain Mulliez – Pour réussir le rendez-vous du 12 novembre où le gouvernement doit étudier la possibilité de rouvrir les commerces, les jouettistes, via la FCJPE, ont fait des propositions concrètes de renforcement des mesures sanitaires comme le passage de 4 à 8m² voire 10m² par client, l’élargissement des horaires des magasins et l’ouverture le dimanche pour étaler la fréquentation, l’appel au civisme des consommateurs pour les inciter à venir seuls en magasins… Nous travaillons aussi à la fédération à mettre en place d’autres solutions techniques, comme la prise de rendez-vous.

Mais il y a un point fondamental qui distingue ce nouveau confinement de celui de printemps : aujourd’hui, nous savons tous que quinze jours de confinement ne suffisent pas à inverser la courbe de progression de l’épidémie. On nous dit aussi qu’il faut apprendre à vivre avec le virus. Mais comment apprendre à "vivre avec" si les commerces restent fermés et la vie au point mort ?

La fermeture des commerces et rayons non alimentaires crée aussi une forte iniquité en poussant les consommateurs vers l’e-commerce en pensant que c’est moins dangereux en termes de contamination. Pourtant, c’est toujours une personne qui donne un produit à une autre personne or les livreurs ne sont pas mieux équipés que les équipes en magasin en masques, plexiglas et autres mesures de distanciation sociale.

LSA – Certains acteurs, comme la Fédération françaises des industries jouet-puériculture, mettent également en avant le côté essentiel du jouet…

R. M. – Pour leur développement, les enfants ont autant besoin de jouer que d’aller à l’école. Mais plutôt que « essentiel », je préfère parler de « saisonnier ». Car les produits essentiels ne sont pas forcément les mêmes selon la saison, à l’image des fleurs jugées non essentielles au printemps mais essentielles durant le week-end de la Toussaint. Le jouet, de par sa forte saisonnalité, est essentiel aujourd’hui et jusqu’à la fin de l’année pour les familles qui ont besoin d’un peu de positif : il est important qu’elles puissent faire Noël et que nos commerces le puissent aussi. Nous avons tous besoin de voir la lumière au bout du tunnel !

Les commerces saisonniers doivent pouvoir rouvrir : un mois de fermeture en novembre, c’est la moitié du résultat de nos entreprises en moins. On ne pourra pas les sauver simplement en allégeant les charges.

LSA – Comment PicWicToys gère cette crise ?

R. M. – A la différence du printemps dernier, nous sommes davantage préparés, ayant profité du premier confinement pour lancer de nombreux projets. Aujourd’hui, le drive et le ship-from-store sont déployés dans tous nos magasins, nous avons mis au point une application de discussion avec nos clients en vidéo. La première semaine du reconfinement, nous avons échangé plus de 50 000 conversations SMS avec nos clients et avons préparé quelque 8000 commandes internet par jour, contre 3000 au printemps dernier.

Notre enseigne, créée il y a un peu plus d’un an de la fusion de Picwic et de Toys’R’Us, a pu accroître sa notoriété et déployer son concept de magasins dans tous ses points de vente. Nous avons aussi introduit la puériculture dans les anciens Picwic et le créatif dans les anciens Toys’R’Us. Nous poursuivons nos investissements marketing, comme notre association avec le jeu Koh-Lanta…

Nous avons désormais besoin de visibilité et de pouvoir rouvrir rapidement car même si nous triplons nos ventes en ligne, le digital ne pourra représenter qu’entre 30 et 40% de notre activité.

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