Rapprochement Auchan-Système U : retour sur des précédents généralement gagnants

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Dossier L'annonce du rapprochement aux achats entre Système U et Auchan peut surprendre de prime abord. Pensez donc: des indépendants qui s'associent à des intégrés... Pourtant, des précédents existent. Qu'il s'agisse de Leroy Merlin et de Weldom, de Boulanger et de Gitem, de Kiabi et de Vêti ou, plus récemment, de Kingfisher et de Mr.Bricolage. Retour sur ces opérations...

Système U, expert en super, peut-il s'entendre avec Auchan, spécialiste des hypers?
Système U, expert en super, peut-il s'entendre avec Auchan, spécialiste des hypers?

Des franchisés qui s’acoquinent avec des intégrés, l’information a toujours de quoi surprendre, de prime abord. Tout, depuis leurs business model jusqu’à leur « philosophie » de développement, semble en effet si éloigné…

Pour autant, et même si alliance n’est pas mariage, l’annonce du rapprochement aux achats entre Auchan et Système U, est loin d’être une première. Leroy Merlin/Weldom, Boulanger/Gitem, Kiabi/Vêti, Kingfisher/Mr.Bricolage sont autant d’exemples de partenariats sinon du même type, du moins concernant, eux aussi, des intégrés et des franchisés.

 

 

2004, le mariage insolite de Leroy Merlin et de Weldom

 

L’occasion rêvée, ainsi, d’un petit retour sur informations… Replongeons d’abord dix ans en arrière. Nous sommes à la fin de l’année 2003 et au début de 2004. Le groupe Leroy Merlin – on ne dit pas encore Adeo –, fort alors de 4,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires, acquiert la centrale d’indépendants Domaxel qui, avec ses quelque 308 magasins Weldom, pèse aux alentours de 300 millions d’euros.

A l’époque, chacun s’interrogeait évidemment sur le devenir de Weldom. Le communiqué commun des groupes Leroy Merlin et Domaxel se voulait certes rassurant, évoquant un partenariat « sur le long terme », avec des ambitions claires visant à « améliorer le chiffre d'affaires au mètre carré des magasins », la question se posait néanmoins : et si Leroy Merlin ne voulait là que réaliser « un coup », consistant à récupérer pour son compte les meilleurs Weldom ?

Dix ans après, les deux enseignes sont toujours là, regroupées au sein d’Adeo. Leroy Merlin a réalisé, en 2013, un chiffre d’affaires de 5,5 milliards d’euros (+34% en dix ans), tandis que Weldom a elle bien grossi, pour atteindre 830 millions d’euros. Soit des ventes multipliées par 2,6. Un bilan finalement plutôt flatteur.

 

 

2008, Boulanger et Euronics (Gitem) groupent leurs achats

 

Quatre ans plus tard, en 2008, c'est l'annonce de la mutualisation des achats entre Boulanger, enseigne de la famille Mulliez, et Euronics France, coopérative de magasins indépendants Gitem, qui fait l'actualité. On parle alors de "bon sens économique", tandis que les deux nouveaux partenaires affirment souhaiter "améliorer (leurs) capacités d'achats et (leur) compétitivité en développant des synergies entre les deux groupes". "C'est la première fois qu'un groupement d'indépendants accède à une telle puissance d'achat", pointait même alors, euphorique, Fabrice Filleur, directeur général d'Euronics France, évoquant "une formidable opportunité".

Pas sûr qu'aujourd'hui l'analyse qu'il porterait soit franchement la même.... Pas forcément, d'ailleurs, à cause de ce rapprochement. C'est sans doute affaire de conjoncture. Laquelle est mauvaise pour le marché de l'électrodomestique. Avec, surtout, un marché en pleine recomposition, dans le sillage d'un Darty, qui vient de se lancer en franchise, et entend bien balayer les derniers bastions réservés aux petits indépendants, qui souffrent grandement. Il en va ainsi de Connexion, d'Expert ou de... Gitem, aujourd'hui bien mal en point.

 

 

2009, Kiabi absorde Vêti

 

Le mariage entre Kiabi et Vêti est lui plus récent, datant de 2009. La finalité en est elle aussi distincte puisqu’il s’agissait alors, pour le groupement d’indépendants des Mousquetaires, de se « débarrasser » de son enseigne textile Vêti, en plein marasme. En clair, le mariage prenait des allures de sauvetage et il s’agissait de faire basculer les magasins sous enseigne Vêti à Kiabi, nettement plus porteur.

A l’époque, Kiabi disposait de 200 magasins pour 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires, quand les 140 Vêti étaient à la peine, avec 190 millions d’euros de chiffre d’affaires seulement. En 2013, le réseau Kiabi pointait à 1,4 milliard d’euros… Soit, là encore, et même si « digérer » Vêti, dans un contexte morose pour les ventes de textile, fut un brin difficile, un bilan somme toute flatteur…

 

 

2014, Kingfisher s'intéresse au savoir-faire de Mr.Bricolage

 

La dernière opération est, elle, trop récente pour en tirer un bilan. Et pour une bonne raison encore : elle n’est pas encore finalisée. Elle concerne le rapprochement entre Kingfisher et Mr.Bricolage, entamé en avril 2014.

Et, surtout, suscite finalement des interrogations à chaque fois similaires : d’un côté, une société anglaise cotée en Bourse, décisionnaire dans tous ses magasins et, de l’autre, une myriade d’indépendants et de franchisés… Un mariage à vue de nez tout sous évident à conclure. Là encore, comme déjà vu auparavant, à en croire les termes employés par les deux groupes, la volonté est « de poursuivre un développement basé notamment sur un réseau d’adhérents et d’affiliés, sous les enseignes Mr. Bricolage et Les Briconautes, et d’affiliés sans enseigne. » En clair, il s’agit de marier le meilleur des deux mondes.

En somme, de quoi rassurer Système U et Auchan dans leur projet de rapprochement. D’autant, d’ailleurs, qu’ils n’en sont pour l’heure, rappelons-le, qu’à mutualiser leurs achats.

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