Réaction de Michel-Edouard Leclerc et de sa famille suite au décès d'Edouard Leclerc

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Michel-Edouard Leclerc, sa famille et l’ensemble des adhérents du mouvement E.Leclerc expriment leur tristesse à travers ce communiqué, diffusé in extenso par LSA.

Edouard Leclerc
Edouard Leclerc© Jean-Bernard Porée

Ivry-sur-Seine, le lundi 17 septembre 2012
Décès de Monsieur Edouard Leclerc

Michel-Edouard Leclerc, sa famille et l’ensemble des adhérents du mouvement E.Leclerc ont la tristesse d’annoncer le décès de Monsieur Edouard Leclerc, survenu ce jour.

Portrait d’Edouard Leclerc
Fils d’Eugène Leclerc, militaire franc-comtois agrégé de lettres originaire de l'est de la France et de Marie Kerouanton, Edouard Leclerc est né le 20 novembre 1926 à Landerneau, (Finistère), Sixième d’une famille de quinze enfants. En octobre 1939, il est scolarisé au Petit Séminaire des Prêtres du Sacré-Coeur à Neussargues (Cantal), puis, à partir de juillet 1940, à Viry-Châtillon (Essonne). Sa scolarité étant interrompue par la guerre, il regagne le domicile familial. En 1946-1947, il poursuit sa formation religieuse au noviciat de Saint-Cirgues sur Couze, puis, en 1947-1948, au scolasticat d’Uriage où il étudie la philosophie.


Son projet
Dans cette période de pénurie - l’approvisionnement alimentaire constitue l’une des préoccupations centrales des Français -, Edouard Leclerc cherche à mettre à jour des solutions pour faciliter la vie de ses concitoyens. Il prend conscience des limites de la charité et de l’action sociale de l’Eglise pour modifier la société en profondeur. Peu à peu, émerge la conviction qu’une réforme de la société doit commencer par une refonte des circuits commerciaux. Ainsi, il dénonce le prix de vente des biens de consommation et propose de raccourcir les circuits de distribution. Il prône la suppression non seulement du maximum d’intermédiaires entre le producteur et le consommateur, mais aussi de l’intégralité des marges correspondantes : là réside le caractère innovant de son projet qui, réduisant considérablement le prix de vente, apparait révolutionnaire.
Ainsi, Edouard Leclerc n’avait pas initialement assigné à son projet de finalité commerciale : son objectif était bien réformateur et social.

Epicier à Landerneau (1949-1953)
En décembre 1949, Edouard Leclerc ouvre une petite épicerie, 13 rue des Capucins à Landerneau. Il commercialise d’abord uniquement des biscuits Labour, achetés directement à un producteur de Pontivy. Le prix affiché est alors 30% en deçà de celui proposé par les autres commerçants. Il réinvestit l’ensemble des bénéfices dans son «centre distributeur E. Leclerc» et peut ainsi proposer à ses clients une gamme de plus en plus large de produits : huile, farine, sucre…. Les clients, d’abord timides, se font rapidement plus nombreux.
Face à ce succès, les commerçants des environs s’inquiètent et font pression sur les fabricants pour qu’ils cessent de livrer Edouard Leclerc.

Fondateur du mouvement E. Leclerc (1954-1959)
La presse bretonne se fait l’écho de cette expérience et, à partir de 1954, d’autres centres distributeurs ouvrent en Bretagne : à Saint-Pol-de-Léon, à Lannion... En 1956, Edouard Leclerc ouvre son premier centre distributeur Textile. En 1957, son expérience déborde la Bretagne : Niort, Le Mans, Angers... Edouard Leclerc conseille les nouveaux venus dans leurs démarches et organise l’achat en commun de certains produits. Il recueille aussi leurs doléances, concernant notamment les refus de vente des fournisseurs, et se fait leur porte-parole en transmettant ces plaintes aux autorités.
En septembre 1958, Edouard Leclerc ouvre un centre distributeur à Grenoble. Le défi est considérable : une localisation éloignée de sa région d’origine, un réseau de fournisseurs à reconstituer… La course au bas prix qu’engendre l’implantation d’un centre distributeur entre les différents commerces de la ville et la baisse du coût de la vie qui en résulte font de cette opération une réussite. L’année suivante, en 1959, Edouard Leclerc confie à Jean-Pierre Le Roch l’implantation du premier centre distributeur en région parisienne, à Issy-les Moulineaux : la médiatisation considérable de son inauguration confirme le succès de l’entreprise : on parle de moins en moins de l’«expérience» et de plus en plus du «mouvement E. Leclerc».

Président du mouvement E. Leclerc
Entre 1959 et 2003, il est le président fondateur de l’Association des centres distributeurs E. Leclerc (ACDLec), qui réunit tous les commerçants utilisant son panonceau. Là, il se consacre à la diffusion et à l’implantation de ses idées.
En 1959, Edouard Leclerc milite avec Max Théret (fondateur de la FNAC avec André Essel), en faveur d’une réforme fiscale favorisant les circuits commerciaux courts. En 1960, il dénonce à nouveau les pratiques anticoncurrentielles de ses concurrents auprès des pouvoirs publics qui garantissent, à travers la circulaire Fontanet, parue le 31 mars 1960, la libre concurrence dans le commerce.
Dans les années 1960, il oeuvre pour une réforme des circuits de distribution des produits frais : il soutient notamment les producteurs d’artichauts et les mareyeurs, tandis que sur son impulsion, plusieurs boucheries E. Leclerc ouvrent leurs portes.

En 1964, il y a, en France, 420 centres distributeurs.
Après avoir longtemps défendu les petits formats, Edouard Leclerc se convertit aux très grandes surfaces de vente en ouvrant un Super Centre à Landerneau en 1965 et un véritable hypermarché à Brest en 1969. Il ne transige cependant pas sur l’indépendance des adhérents qui doivent être pleinement propriétaires de leur magasin : c’est notamment un désaccord en 1969 sur ce point, et plus généralement une divergence profonde sur l’architecture du mouvement, qui expliquent le départ d’une partie des adhérents, menés par Jean-Pierre Le Roch. Ensemble, ces derniers fonderont « les Ex », futur Intermarché.

Edouard Leclerc se consacre alors pleinement à la refondation du mouvement. Il milite contre la loi Royer, votée en décembre 1973, qui établit un contrôle de l’implantation des grandes surfaces par des commissions locales. Les actions qu’ils mènent sont spectaculaires : en 1974 par exemple, il se rend à Rochefort accompagné de quelques membres du Mouvement pour chahuter le procès de l’adhérent local, accusé d’avoir ouvert un centre sans autorisation. Ses opposants les plus virulents proviennent du CID-UNATI, qui comme son prédécesseur le mouvement poujadiste, s’est promu défenseur des petits commerçants. E. Leclerc ne cesse de communiquer sur son action. Il multiplie les conférences ; il lance, en 1973, un magazine, le Soleil de l’Ouest, diffusé dans la région brestoise ; il est présent sur les plateaux télévisés. Il fait même son entrée sur la scène politique en créant, en 1977, le mouvement européen économique et social (MEES).


En 1978, Edouard Leclerc s’engage dans le redressement des abattoirs Gilles dans les Côtes d’Armor. Ce soutien devait être transitoire, mais les circonstances conduisent le mouvement à reprendre entièrement l’entreprise, qui devient, sous le nom de Kermené, la première expérience durable d’intégration industrielle de l’enseigne.

Diversifier le mouvement E. Leclerc
Dès les années 1970, Edouard Leclerc cherche systématiquement à briser les monopoles et à libérer les secteurs protégés. Il s’attaque ainsi tous azimuts aux marchés des carburants, des livres, de produits pharmaceutiques, des parfums, de l’or, des voyages… Son action est couronnée de succès dans le cas des carburants: l’application de rabais supérieurs à ceux autorisés dans les stations-services du mouvement entraîne un nombre important d’actions en justice… En 1985, après 467 procès, la Cour de justice des communautés européenne tranche et donne raison au mouvement contre l’Etat français, détenteur du monopole. En revanche, le mouvement échoue à obtenir un prix libre pour les livres, mais s’impose néanmoins, avec ses espaces culturels, comme l’un des premiers libraires français.

En 1986, le mouvement lance une vaste campagne de communication pour dénoncer les monopoles et le corporatisme de certains secteurs.

Dans les années 1980, le mouvement E. Leclerc s’engage également dans une diversification de ses activités dans les secteurs libres : les premiers Agri-E.Leclerc, Jardi-E.Leclerc et Brico E.Leclerc ouvrent leurs portes, tandis qu’à Tarbes, la première librairie E. Leclerc est expérimentée.
En 1989, il y a 187 hypermarchés en France contre une centaine au début des années 1980.

 

1 commentaire

miramas

18/09/2012 05h22 - miramas

toute mes condoelences a votre famille
et un coup de chapeau pour votre travaille
les 35 heures vous ne savez pas ce que c'est vous
c'est du travaille tous les jours
bravo a vous votre titre vous ne laver pas voler
cordialement

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