Réduire l’impact environnemental de la Supply Chain, plus que jamais une nécessité !

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TRIBUNE D'EXPERTS Que ce soit pour satisfaire leurs clients, améliorer leur image, développer leur chiffre d’affaires, réduire leurs coûts ou affirmer leurs convictions, les entreprises n’ont désormais d’autre choix que de s’adapter en menant des actions pour réduire leur empreinte environnementale. En commençant par la planification de leur Supply Chain … Explications par Manuel Montalban, CEO d’AZAP.

Manuel Montalban, CEO d’AZAP
Manuel Montalban, CEO d’AZAP© DR

Les chiffres sont éloquents : en 2018 déjà, une étude menée à l’échelle mondiale par Nielsen révèle que 73% des consommateurs sont prêts à changer leurs habitudes afin de réduire leur impact sur l’environnement. D’après le baromètre Contributing® lancé par l’Agence W avec l’Institut CSA en 2020, la protection de l’environnement figure en seconde position des attentes des consommateurs, avant même la protection de la santé.

Au-delà de leur implication personnelle, 90% des consommateurs attendent des marques qu’elles s’engagent et les aident à mieux consommer, comme le révèle l’étude sur la consommation raisonnée réalisée en 2020 par Oney. 56% des consommateurs sont allés jusqu’à boycotter une entreprise en sachant qu’elle n’était pas responsable. Pour des produits et services similaires, les consommateurs préféreront des entreprises dont la démarche RSE est transparente et visible. 

Ces études démontrent une certaine prise de conscience des consommateurs qui aspirent à un meilleur respect de l’environnement de la part des entreprises.

Green Supply Chain, une démarche-clé pour réduire l’empreinte environnementale des entreprises

En 2019, l’ADEME signale que le fret urbain représente à lui seul 30% des gaz à effet de serre dans les villes françaises. Un constat qui se vérifie l’année suivante Outre-Atlantique : selon l’EPA, Agence de Protection de l’Environnement des États-Unis, le fret et le transport génèrent la majorité des émissions de gaz à effet de serre dans le monde.

L’optimisation des transports s’impose donc comme un levier important pour réduire l’empreinte carbone des entreprises. Dans cette optique, le Ministère de l’Ecologie impose d’ores et déjà aux prestataires de transports, depuis 2017, d’informer chaque bénéficiaire de la quantité de gaz à effet de serre émise pour chaque trajet. Cette mesure vise notamment à responsabiliser les clients et à placer la lutte contre le réchauffement climatique au cœur de la compétitivité des entreprises.

À noter toutefois que les consommateurs, tout en exigeant des entreprises qu’elles s’investissent en faveur du respect de l’environnement, attendent une qualité de service qui passe par exemple par la livraison en 2 heures le jour-même, une prestation particulièrement énergivore et difficile à optimiser compte-tenu des délais impartis.

Prévoir et planifier, pour une Supply Chain optimisée et respectueuse de l’environnement

Au-delà du transport, l’optimisation des différentes étapes de la Supply Chain passe par l’anticipation, la prévision et la planification. Pour répondre aux besoins des consommateurs, les entreprises peuvent être tentées de cibler un taux de service de 100% en ayant toujours en stock suffisamment, voire trop de produits, afin de limiter le risque de ne pas pouvoir répondre à la demande. Ces grandes quantités requièrent des espaces de stockage volumineux, donc coûteux, particulièrement consommateurs d’énergie lorsqu’s’il s’agit de produits frais ou surgelés, et sources de pertes liées aux dates limites de consommation.

Des modèles mathématiques et d’IA permettent désormais de bien prévoir l’évolution de la demande : en intégrant des informations internes, comme les ventes, les promotions et les évènements, mais aussi externes, comme la saisonnalité de certains produits (ex : glaces et ventilateurs en été) ou des données climatiques, ces algorithmes calculent avec précision la demande prévisionnelle des consommateurs. Ces modèles de calcul au plus juste s’inscrivent alors dans un cercle vertueux, du début à la fin de la chaîne d’approvisionnement : en anticipant via une planification précise qui tient compte de l’impact environnemental, l’entreprise utilise moins de matières premières, produit au plus près de la demande, optimise ses transports, utilise moins de stockage et génère moins de déchets et de rebuts.

On parle ici de planification responsable de la Supply Chain « end-to-end ». Une telle planification va également être ajustée en fonction du taux de service souhaité, de la politique de distribution et de stocks. La création de scénarios cibles permet ainsi à l’entreprise d’arbitrer et d’ajuster l’ensemble des paramètres afin de trouver le bon compromis entre un taux de service cible, une stratégie de distribution et de stockage et l’impact de chaque scénario sur l’empreinte environnementale. Ces différents scénarios sont autant de données factuelles qui aident les décideurs à prendre les bonnes décisions lors des réunions S&OP (Sales & Operating Planning).

Blockchain et cycle de vie du produit, pour une Supply Chain encore plus verte

Parmi les innovations technologiques permettant d’optimiser la Supply Chain et la prise de décisions visant à réduire l’empreinte environnementale, la blockchain semble particulièrement prometteuse. Cette technologie va faciliter la traçabilité de bout en bout de l’impact environnemental de chaque produit en le suivant à chaque étape de sa vie : extraction des matières premières, production, transport, stockage, vente et recyclage.

Cette démarche s’inscrit totalement dans la volonté du gouvernement d’ajouter une étiquette indiquant, à l’instar du nutri-score, le score environnemental, dit « éco-score », de chaque produit alimentaire basé sur une liste de 15 indicateurs fournis par la base de données Agribalyse, établie par l’ADEME. Un projet ambitieux qu’il serait bon de dupliquer à terme à l’ensemble des produits et des industries, et qui va être particulièrement important pour les acteurs du bio, l’engagement en faveur de l’environnement étant un de leurs fondamentaux.

La dynamique est lancée : une enquête réalisée en 2019 par Business for Social Responsability indique que 52% des entreprises considèrent que pour être pérennes, il est très important d’intégrer le changement climatique dans leur stratégie de développement. En optant pour la prise en compte de l’empreinte environnementale dans la planification de leur Supply Chain end-to-end, les entreprises sont en mesure de réduire leur empreinte carbone, et ainsi de susciter la préférence des consommateurs, au profit de leur chiffre d’affaires mais aussi de la planète.

A propos de l'auteur :
Manuel MONTALBAN est titulaire d’une thèse en IA obtenue à l’INRIA / Université de Sophia Antipolis. Il est un des co-fondateurs de la société ILOG, introduite sur le NASDAQ puis revendue à IBM, et a occupé différentes fonctions de direction générale ou de divisions chez les éditeurs de logiciels ILOG, ATEMPO, VIRTUALOGIX et OPENTEXT. Il est également investisseur et administrateur des start-ups LEMON WAY, UBUDU et MINA STORM. Manuel MONTALBAN a été dernièrement en charge de l’activité Business Network chez OPENTEXT pour la région Europe du Sud, avant de rejoindre début 2021 AZAP, éditeur de logiciels spécialiste de la Supply Chain agile, intelligente & responsable, au poste de CEO.

 

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