Réouverture des commerces : ce qu'il faut retenir de l'allocution d'Emmanuel Macron

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Le président de la République a annoncé mardi la réouverture des commerces dit "non essentiels" à partir du samedi 28 novembre selon un protocole sanitaire strict négocié avec les représentants du secteur. Les magasins devront toutefois fermer à 21 heures.

Le chef de l'Etat s'exprimait mardi 24 novembre lors d'une intervention télévisée pour dessiner les contours d'un confinement allégé.
Le chef de l'Etat s'exprimait mardi 24 novembre lors d'une intervention télévisée pour dessiner les contours d'un confinement allégé.© DR

L’allocution télévisée d’Emmanuel Macron de ce mardi était, comme chacune de ses interventions depuis le début de l’épidémie de Covid-19, attendue par des millions de Français. Mais elle l’était particulièrement par les professionnels des commerces dits “non essentiels”, fermés depuis le 30 octobre et dont la survie économique dépend pour beaucoup du dernier week-end de novembre et du mois de décembre.

Après deux semaines de lobbying intense, ces commerçants ont obtenu gain de cause, puisqu’ils seront autorisés à rouvrir dès le samedi 28 novembre. “Tous les commerces pourront rouvrir et les services à domicile reprendre, mais dans le cadre d’un protocole sanitaire strict qui a été négocié avec l’ensemble des professionnels, a annoncé le chef de l’Etat. Les commerces et les services pourront donc rouvrir, selon ces règles, jusqu’à 21h au plus tard”. 

Un protocole sanitaire approuvé jeudi par les représentants du commerce

Sans en détailler les contours, le président de la République faisait ici référence au protocole sanitaire approuvé jeudi dernier par une dizaine de fédérations de commerçants. C’est ce protocole, avec le report du Black Friday au 4 décembre, qui conditionnait la réouverture des commerces dès le 28 novembre, ou du moins "autour du 1er décembre", comme l’avait évoqué le Premier ministre Jean Castex samedi.

Parmi ces règles : le passage de la jauge de fréquentation de 4m² à 8m² par client (rayonnages compris), l’obligation pour les grandes surfaces de plus de 400m² de comptabiliser le nombre de clients présents dans le magasin, des prises de rendez-vous recommandées mais non obligatoires, ou encore une incitation pour les commerces à afficher la demande aux clients de télécharger l’application StopCovid. 

Pas d'horaires élargis à ce stade

Des horaires d’ouverture élargis étaient aussi évoqués dans le cadre de ce protocole, notamment pour compenser la perte d'afflux engendrée par cette jauge, mais ils ne semblent pas avoir été retenus par le chef de l’exécutif, qui a mentionné une ouverture "jusqu’à 21h au plus tard”. Du reste, un couvre-feu sera mis en place entre 21h et 7h du matin à partir du 15 décembre lorsque le confinement sera levé.

Emmanuel Macron a tenu à se montrer à l’écoute des petits commerçants en soulignant leur rôle pour l’activité des villes. “Je sais combien l’attente est grande et combien cela participe à notre quotidien, à la vie de nos centres-villes, de nos centres-bourgs”, a-t-il souligné. Et pour cause : le manque à gagner pour le commerce “non essentiel" s’élève à 4,4 milliards d’euros depuis le 30 octobre selon Euler Hermes.

Le président de la République donne ainsi son feu vert à la réouverture des "libraires et des disquaires”, qu’il a cités, mais aussi à l’ensemble des commerces spécialisés et des rayons fermés dans les grandes surfaces. Une décision pour laquelle le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, avait pesé de tout son poids.

Des aides renforcées

Les bars et restaurants, eux, ne seront toutefois pour l’heure pas autorisés à rouvrir. Les restaurants pourraient l’être à partir du 20 janvier “si le nombre de contaminations demeure en dessous de 5 000 cas par jour”, a précisé Emmanuel Macron, ajoutant que le couvre-feu pourrait alors être décalé ou levé.

Pour aider ces derniers et l’ensemble des entreprises encore à l'arrêt à surmonter cet épisode sanitaire, le chef de l'exécutif a également annoncé un renforcement du fonds de solidarité pour les entreprises fermées administrativement, à travers une aide équivalente à 20% du chiffres d’affaires 2019 sur la même période (plafonnée à 100 000 euros d'aide par mois), ou une indemnisation allant jusqu’à 10 000 euros par mois. 

En autorisant la réouverture des petits commerces dès le 28 novembre, Emmanuel Macron satisfait une des attentes principales de l’opinion pour cette allocution. Près de 9 Français sur 10 se disaient favorables à la réouverture des commerces dits “non essentiels” dès le week-end prochain, selon une enquête d’Harris Interactive réalisée lundi.

Jean Castex tiendra jeudi matin une conférence de presse afin de détailler les assouplissements du confinement annoncés par Emmanuel Macron.

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