REPRISE DES INVESTISSEME NTS EN VUE

Après deux années marquées par l'amélioration de la performance opérationnelle, les directeurs informatiques anticipent une hausse des budgets de 10 %. La seconde étude CSC-LSA démontre que la mise en place des outils de mobilité et la synchronisation des données entre distributeurs et industriels sont prioritaires.





Les investissements informatiques redécolleraient. C'est en tout cas ce que prévoient les 44 directeurs des services d'information (DSI), enseignes et industriels confondus, qui ont répondu à la deuxième étude CSC-LSA. En chiffres, les perspectives de croissance des budgets informatiques varient entre 10 % et 20 %. Une bouffée d'air frais après deux ans de stagnation, voire de récession. Mieux, la hausse attendue touche aussi bien l'alimentaire que les chaînes spécialisées. Ce nouveau cycle de croissance des investissements informatiques pourrait perdurer trois ans.



Parmi les explications de cette embellie, figure la volonté des distributeurs d'augmenter le revenu généré par chaque client. Plus que jamais, toute enseigne se doit de proposer au consommateur les bons produits au bon moment et au bon endroit. Mis en musique sur la chaîne informatique, cela signifie de parfaits échanges d'informations entre distributeurs et industriels, une politique de réappro- visionnement pointue et un service client convivial.







Les magasins au coeur des projets 2004




« Après l'accent porté, l'année dernière, sur l'amélioration de la performance opérationnelle et économique, la plupart des DSI mettent en avant le développement de nouvelles applications », explique Marc Bensoussan, vice-président de CSC. Clairement, la gestion des ventes, des magasins et des clients revient au premier plan. « Le système d'information n'est là qu'en tant que support d'une stratégie métier », confirme Laurent Frampas, directeur de l'informatique commerciale France de Procter & Gamble.



Le focus sur les magasins est rendu possible grâce à la maturité des offres, des solutions sans fil à internet en passant par les promesses de la puce intelligente dans l'entrepôt. On est arrivé à un stade, où la technique rend presque tout possible tout le long de la chaîne logistique.







Priorité au retour sur investissements




Reste à faire les bons choix dans le respect de la stratégie de l'enseigne. « L'utilisation des briques technologiques pour échanger des données volumineu-ses de manière sûre et rapide entre les magasins, les sièges, les fournisseurs et les entrepôts est largement répandue. En revanche, des technologies innovantes comme les outils de scanning, les places de marché ou la gestion des données techniques ne sont appliquées que par 20 % à 30 % des entreprises », note Marc Bensoussan. L'effervescence technologique des années 2000 a fait place à des choix mesurés. Plus que jamais, le mètre étalon demeure le retour sur investissement ou sa nouvelle décli-naison : le coût total de possession. Quelques poids lourds de l'alimentaire sont en pleine reconfiguration de leur système d'information. Casino plan-che sur une remise à plat autour d'un référentiel unique pour tous ses formats de magasins. Et la direction informatique groupe de Carrefour vient d'annoncer à ses fournisseurs sa volonté d'homogénéiser ses systèmes. Vissées aux chiffres, les directions générales évaluent les dossiers sur proposition du DSI, dont la fonction relève parfois du grand écart. Encore plus impliqué dans les décisions opérationnelles, celui-ci doit avant tout « anti- ciper le bon stade de maturité d'une technologie », souligne Olivier Clos, DSI de la chaîne pour enfants Orchestra.







Une fonction multiforme et à haut risque




Il doit aussi se concentrer sur les besoins des utilisateurs métier, choisir les sous-traitants dans les plus grands groupes, voire se faire diplomate. Conséquence de son implication au plus haut niveau, « le métier de DSI est devenu un vrai CDD », lâche Philippe Meurillon, directeur de Getinor, la filiale informatique du groupe Castorama. Certaines réflexions échappent même à son contrôle. Par exemple, les solutions mobiles, très en vogue, s'inscrivent peu dans le cadre d'un plan stratégique formalisé. « La mobilité consiste davantage en un changement de la manière de travailler que du choix de solutions informatiques », explique un distributeur.



Toutefois, ces technologies ne seraient d'aucune utilité sans le dialogue qui s'instaure dans la filière industrie-commerce. Les enseignes échangent de plus en plus de données avec leurs fournisseurs. Résultat, le temps entre l'événement et la prise de décision se raccourcit. Ce qui va démocratiser une nouvelle forme d'outils de « business intelligence » plus souples que les précédents, qui atteindront les régions et les magasins, là, où ils sont vraiment utiles. Avec son corollaire, un volume d'informations qui enfle très rapidement. « Nos flux d'informations en interne ont augmenté de 50 % par rapport au trimestre précédent », s'inquiète Francis Cabourg, DSI de Cadbury. Le risque d'engorgement favorisera les outils de « priorisation » des flux. Gérer et filtrer, pour mieux distribuer aux personnes adéquates, constituera sans aucun doute l'un des prochains enjeux pour les informaticiens.











60 % des DSI estiment que le budget informatique augmentera d'au moins 10 % dans les deux prochaines années. source : étude CSc-lsa.








Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 1858

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous

X

Produits techniques, objets connectés, électroménager : chaque semaine, recevez l’essentiel de l’actualité de ces secteurs.

Ne plus voir ce message