Responsable achat de pure player, un métier de passionné

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Accros aux produits et cultivant leur relation aux marques, ces quatre acheteurs partagent deux autres points communs très forts : l’agilité et la réactivité des pure players de l’e-commerce.

Marine Lecomte (directrice commerciale de Showroomprivé) : Directrice des achats dans l’âme

Marine Lecomte a fait toute sa carrière dans la même maison, en débutant en 1998 comme acheteuse prêt-à-porter chez France Export, la société créée par David Dayan avant son association, en 2006, avec Thierry Petit pour fonder Showroomprivé. « Même avant de décrocher mon MBA à la Nicholls­ State University, j’ai toujours voulu être acheteuse, avec une vraie passion pour la négociation, le choix des bons produits et de l’offre la plus séduisante, la définition du meilleur pricing, ou comment acheter toujours plus et toujours mieux ! », précise-t-elle. à 46 ans, cette mère de trois filles a participé au lance­ment puis au développement du site événementiel. Une expérience pionnière et passionnante qui a considérablement évolué ces dix dernières années. D’abord spécia­li­sé par marques, son métier s’est structuré par grands pôles d’achat et fait actuellement l’objet d’une nouvelle organisation en category management. « J’ai longtemps dirigé le pôle prêt-à-porter, lingerie et accessoires de mode », se réjouit cette férue de voyages et de sports. Début janvier, Marine Lecomte a été promue managing director global account avec pour mission de superviser la stratégie commerciale et d’achat de Showroomprivé auprès des 2 500 marques partenaires du site.

 

Julien Durieux (directeur de la catégorie jouet, petit EMG et puériculture, Cdiscount) : Jamais sans ses jouets !

S on DUT Tech de Co achevé, Julien Durieux décroche son premier job au Carrefour de Nice Lingostière comme chef de rayon jouet. « C’était en octobre 1993, en pleine opé de Noël », s’amuse-t-il. Cela influencera toute sa carrière. En 1999, il devient acheteur jouet à la centrale, passe au marketing de l’offre puis devient chef de groupe jouet et déco de Noël. En 2004, il rejoint Disney comme vendeur en charge des produits dérivés textiles et alimentaires pour les supermarchés. Après un passage express au Galec pour acheter… des jouets – « une aventure enrichissante pour la manière de travailler avec des franchisés » –, il s’expatrie à Bah-reïn en 2007 pour y implanter Carrefour. « Il fallait tout construire », se souvient-il. En 2013, il est nommé responsable de pôle jouet de Cdiscount. « J’y ai découvert une approche du client différente et des méthodes de travail bien plus réactives et agiles, en prise directe avec les tendances du marché. » Marketplace comprise, il gère 100 000 références et 150 fournisseurs. « La grande force de Cdiscount, c’est sa flexibilité et ses process de décision ultracourts, sans lourdeur administrative », assure-t-il. Il vient d’être promu directeur de la catégorie jouet, agrémenté cette fois d’un peu de PEM et de puériculture !

 

Myriam Afgour (responsable achats internationaux import-export d'Oscaro) : une vision disruptive de la rechange automobile

Depuis cinq ans, Myriam Afgour participe à la révolution du marché de la pièce de rechange automobile. à 29 ans, cette Ardennaise est entrée, l’été 2012, chez l’e-commerçant Oscaro à la suite de son master à l’EM Normandie et d’un an en alternance comme acheteuse chez PSA. « J’ai toujours été passionnée par l’automobile et l’innovation permanente qui anime ce secteur », précise-t-elle. Après huit mois aux états-Unis durant son Master 1, elle a eu envie de participer au projet innovant de la jeune entreprise Oscaro. « Dès le début, j’ai eu la possibilité d’auto-entreprendre ma mission­ d’acheteur international en bénéficiant d’une grande liber­té et d’une totale confiance », se souvient-elle. Elle est séduite par la volonté d’Oscaro de bousculer le marché de la rechange et d’offrir­ un catalogue le plus complet­ possible de pièces vendues sur internet avec une livraison à J+1. « Il a fallu convaincre les équipementiers et les grossistes pour aboutir à plus de 800 000 références, provenant d’une centaine de fournisseurs partenaires avec un taux de disponibilité de 98,7 %, le tout en cross-docking », assure cette amatrice de boxe anglaise. En mai dernier, Myriam Afgour a pris du galon en devenant responsable achats internationaux import-export, en charge de trois des grandes familles de produits chez Oscaro (freinage, pièces moteur et habitacle), soit un catalogue de 300 000 références.

 

Pierre-Emmanuel Jottras (acheteur réseau et périphériques, LDLC) : fan de réseaux

Pierre-Emmanuel Jottras se desti­nait plutôt à travailler dans l’environnement, après sa maîtri­se en sciences de l’écologie de l’université de Montpellier. Mais sa passion pour l’informatique l’empor­te. Également titulaire d’un DESS en informatique appliquée aux organisations, il peine, à la fin des années 90, à trouver un emploi durable. « Après plusieurs petits boulots­ sans lendemain, j’ai décidé de me réorienter dans la grande distri­bu­tion en intégrant l’école interne de Système U, qui m’a formé en alternance au métier de directeur de magasin », souligne ce Montpelliérain de 40 ans. De 2003 à 2007, il travaille dans le Super U de l’Arbresle (Rhône) comme responsable du rayon non alimentaire, y développe l’offre informatique et participe à l’extension du magasin. Finalement, il postule chez LDLC, e-commerçant lyonnais de produits informatiques créé par Laurent de la Clergerie. « à l’époque, LDLC comptait 330 salariés dont 3 acheteurs, contre respectivement 700 et 8 aujourd’hui », se réjouit cet amateur de tennis et de golf. Il y entre pour gérer les achats, le référencement des produits, le pricing et le stock de toute la gamme des réseaux (switch, routeurs, répéteurs, points d’accès­…). Avec le développement de la téléphonie mobile et du wifi, sa mission­ ne cesse de s’étoffer, comme en témoi­gnent les 3 000 références qu’il suit actuellement. Malgré cette expansion, les relations de LDLC avec ses fournisseurs restent inchangées. « Je travaille avec une cinquantaine de marques et de grossistes. Ce qui me plaît dans mon métier, c’est la philosophie qui consiste à entretenir des rapports sains et durables, alors que ce secteur se caractérise par une innovation permanente et des cycles de plus en plus courts », reconnaît-il. Et le rythme n’est pas près de ralentir : après le rachat du nantais­ Materiel.net en 2016, l’objectif de LDLC est d’attein­dre le milliard d’euros de chiffre d’affaires et la centaine de magasins en 2021.

 

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Article extrait
du magazine N° 2483

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