Résultats saison 2016 : Les industriels du foie gras résistent à la crise

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Malgré la crise sanitaire qui a touché la filière du foie gras et provoqué une baisse des volumes disponibles, les industriels ont réussi à passer le cap décisif de la saison festive.

Foie gras

Alors que c’est au cours des deux derniers mois de l’année que la filière du foie gras réalise 80% de son chiffre d’affaires, l’heure du bilan a sonné. Depuis quelques jours, les industriels s’attachent à présenter leurs résultats. L’exercice est délicat tant le contexte est particulier et l’enjeu important car la grippe aviaire est loin d’être terminée et les industriels doivent déjà être capables de rassurer leurs clients sur les performances de la prochaine saison.

Un contexte peu favorable aux produits festifs

Une chose est sûre, le contexte a cette année était peu favorable aux produits festifs. La majorité des marchés festifs sont, selon les données de Nielsen pour la période P12 et P13 2016 en recul. Le champagne voit ses volumes baisser de 4,4%, les fruits de mer surgelés de 7,7%, la pâtisserie surgelée (dont les bûches) de 7,7%.

Sans surprise les volumes de foie gras  s’inscrivent en baisse. Les mesures de vide sanitaire appliquées en 2016 ont fait perdre à la filière 9,5 M de canards, soit une perte de 4750 tonnes de foies gras. Les volumes dévissent donc de 10,4%, alors que le chiffre d’affaires résiste à 205 M€, soit une valorisation de +1,6%.

Le mi-cuit plus fortment touché

Le mi- cuit qui représente 79% des volumes est plus fortement touché avec une baisse des volumes de 12,3% versus -2,5% pour le foie gras en conserve. Sur ce marché du mi-cuit, tous les segments ne sont pas logés à la même enseigne : le bloc avec morceaux affiche les plus fortes progressions (+25% en valeur et +13% en volume), tandis que l’entier perd 3% de chiffres d’affaires et 14% de volumes. En ce qui concerne, le bloc, le chiffre d’affaires dégringole de 9% et les volumes de 21%.

Selon Dominique Duprat, directeur général adjoint de Delpeyrat, la forte progression du bloc avec morceaux s’explique en partie par la qualité des foies disponibles. « Après la période de vide sanitaire, les canards remis en élevage se sont très bien portés et ont donné des foies de taille importante utilisés non pas pour le mi- cuit mais pour le bloc avec morceaux ».

Le manque de disponibilité a donc surtout concerné le mi- cuit. Un segment privilégié par le numéro un du marché Labeyrie (24,2% de PDM valeur), dont la part de marché est en recul de 1,4 points tous segments confondus (mi cuit et conserve). Au cours de cette saison Delpeyrat confirme sa place de numéro deux avec une part de marché valeur en progression de 1,7 points à 14,2 points. Troisième intervenant du marché, Montfort affiche une très légère progression (+0,2 points de marché à 13,2). La plus forte progression revient à Larnaudie qui gagne 1,9 points de parts de marché en valeur à 11 points.

Une relative satisfaction

« Nous assumons nos choix. Sur le marché du mi-cuit notre part de marché est stabilisée à -0,3 points. Nous n’avons pas de bassin de production dans le nord-ouest de la France. Nous n’avions pas de capacité à mettre des canards sur le marché. Nous avons fait avec ce que nous avons eu. A la fin de la saison, il ne restait plus de produits Labeyrie en rayon. Ce très bon taux d’écoulement nous conforte dans l’idée que nous avons fait les bons choix », explique Jacques Trottier, directeur général de Labeyrie.

Une relative satisfaction également perceptible du côté de Delpeyrat : « il s’agit d’une année très atypique. Mais dans un marché en retrait, nous avons quand même réussi à progresser », conclut Dominique Duprat. 

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