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Ricard ou l'art de contourner les lois antialcool

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L’histoire du célèbre anisé est jalonnée de lois contraignantesque son créateur, Paul Ricard, a su astucieusement faire oublier.

Paul Ricard avait à peine 23 ans quand il créa le pastis qu’il baptisa de son nom. Grâce à ses talents de ­commercial, le Ricard devint vite aussi populaire que l’absinthe au XIXe siècle. Leur point commun ? Ces alcools louchissent dès qu’on les allonge d’eau. Et puis, l’histoire de Ricard est comme celle de l’absinthe, interdite en 1908 : jalonnée d’épisodes contraignants. Dès 1940, le gouvernement de Vichy interdit les pastis titrant 45°. Paul Ricard doit arrêter la production de sa boisson.

Celle-ci ne repartira qu’en 1951… l’année où une nouvelle loi bannit la publicité des anisés par affichage et voie de presse. Alors, Paul Ricard s’adapte. Il crée un studio mêlant architectes, décorateurs et graphistes chargés de réaliser des affiches pour les lieux de vente, des brochures, ainsi que des objets tels que carafes – celle que Paul Ricard inventa dès 1935 –, verres, cendriers, et même des jeux de cartes et des pistes de dés. Des objets en bleu et jaune, réalisés dans l’atelier de céramique maison, devenus aussi célèbres que le breuvage anisé. Ce n’est pas tout. Pour accroître la notoriété de sa marque, Paul Ricard s’associe avec des événements populaires, ce qui était à l’époque très précurseur. Car son intention fut, jusqu’à son départ de la société en 1968, d’accompagner les Français dans leurs loisirs.

 

 

Sport, musique et écologie

Alors, toujours en 1951, Ricard rejoint la caravane du Tour de France avec la « Caravelle Ricard », qui distribue des cargaisons du fameux bob Ricard. Le soir venu, la Caravelle se transformait en scène de music-hall sur laquelle ont chanté Tino Rossi, Charles Trenet ou Annie Cordy. Toujours du côté des sports, le fondateur inaugure, en 1970, le circuit Paul- Ricard (ou circuit du Castellet, dans le Var), connu des amateurs de vitesse du monde entier. Et les amoureux de voile se souviendront qu’en 1980, Éric Tabarly a battu le record de la traversée de l’Atlantique à bord du… Paul Ricard. Le parrainage sportif dut s’arrêter en 1987, sous l’effet de la loi Barzach.

Version musique, la Caravelle a été remplacée par le Ricard SA Music Live Tour, qui soutient les jeunes artistes en offrant des concerts gratuits dans les grandes villes de France. Et Paul Ricard, écolo avant la mode, a fondé en 1966 l’Observatoire de la mer, sur l’île des Embiez (Var). Une île que ce Marseillais avait acquise des années plus tôt. Ouvert au public, cet observatoire, renommé Institut océanographique Paul-Ricard, sensibilise les visiteurs à la protection des océans.

Touche-à-tout assez génial, Paul Ricard n’a jamais oublié qu’il rêvait de devenir artiste, ce que n’enthousiasmait pas son père, marchand de vins. Ancien élève des Beaux-Arts de Marseille, il mit ainsi toute sa créativité dans le design des étiquettes, des affiches, mais aussi de la bouteille, inchangée jusqu’en 2011. Une longévité rare dans le monde des spiritueux.

 

En dates

1932 Création de l’anisé Ricard par Paul Ricard

1967 Ouverture de la fondation culturellePaul-Ricard,à Bendor (Var)

1970 Inaugurationdu circuit Paul- Ricard (Var)

1988 Début du Ricard SA Music Live

2011 Lancement de la nouvelle bouteille, créée par l’agence Coley Porter Bell

En chiffres

N°1 des marques d’anisés en France, avec 40 % du marché

Environ 55M de litres vendus chaque annéeen GMS

Source : Ricard Source : Ricard

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