"RISQUES SUR L'EMPLOI"

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EDITORIAL?IL EST REGRETTABLE QUE LE COMMERCE N'AIT PAS SU REDORER SON IMAGE

Par un simple hasard du calendrier (la remise du rapport Boulanger, la Rencontre LSA

sur les négociations commerciales, le dossier Recrutement publié chaque automne, et

l'étude annuelle sur l'image de la distribution par les étudiants), LSA propose cette

semaine quatre articles qui,a priori, n'ont guère de rapport. Il paraît pourtant judicieux de les

rapprocher tant ils parlent chacun, directement ou non,del'emploi.En effet, selon l'enquête

réalisée auprès d'une trentaine d'enseignes, celles-ci recruteront l'année prochaine plus

de  50000 salars (lire p.54 à 58). Malheureusement, il s'avère impossible de dire si ce chiffre est

surieur ou inférieur aux années précédentes,puisque le commerce reste une

zone opaque avec ses multiples fédérations et son culte du secret.

En revanche, il ne fait mystère pour personne que la réforme de la loi Galland

suscite des tensions (p. 22 à 27), voire implique quelques menaces de suppressions

de postes à moyen ou long terme. À l'inverse des conséquences de la fameuseTaxe d'aide au

commerce et à l'artisanat (Taca) qui, elles, sont immédiates, puisqu'elle doit être prélevée dès

 octobre.

Or, ici ou là, il suffit de quelques dizaines de milliers d'euros pour faire basculer le compte

d'exploitation d'un magasin dans le rouge. À l'instar de ce directeur

qui,à cause de la brutale hausse de prélèvement, clare «devoir supprimer un emploi,

mais aussi réduire sa publicité, supprimer son budget formation, et ne plus investir

dans l'aménagement de son magasin»! Ces propos passionnés expriment

la lassitude d'un dirigeant qui voit s'alourdir les impôts en tous genres.Mais

lorsqu'un entrepreneur prévient qu'il compte ajuster sa stratégie au plus près,

pour ne pas dire au rabais, il convient de s'interroger sur les conséquences de

cette évolution. Encore plus lorsquel'on sait que les étudiants -les salars de

demain- rechignent déjà à venir travailler dans la grande distribution, à laquelle

ils attribuent volontiers un«manque de considération sociale ».Au regard

de l'étude LSA-GuillaumeTell (p.60-63), il est simplement regrettable

que le commerce n'ait pas su, pendant ses années fastes, redorer son image.

À l'aune de la guerre des prix qui s'annonce et des taxes qui se multiplient,cela devient pour le

moins inquiétant.

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