Roland Beaumanoir, président du groupe Beaumanoir: " Il faudra plus de temps et d'argent que prévu pour relancer Morgan"

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roland  beaumanoir

Un an après le rachat de Morgan, Roland Beaumanoir revient pour LSA sur les conditions d'achat de la marque star des années 90 et celles de sa renaissance. Après avoir fait le tour du propriétaire, l'état de l'enseigne - pire que prévu - a échaudé l'enthousiasme des premières heures. Mais, dans son bureau du nouveau siège parisien, installé dans le quartier du Sentier, le président-fondateur du groupe breton d'habillement fait preuve d'une détermination intacte.

 

LSA - Vous avez repris Morgan en mars 2009. Quel bilan tirez-vous de cette première année ?

Roland Beaumanoir - Il faut savoir que, quand une boîte est dans le mur, ce n'est pas pour rien. Reprendre Morgan, c'était reprendre 900 personnes et un modèle économique des années 90 qui s'est fait damer le pion par les distributeurs espagnols [Zara et Mango, NDLR]. Il reste une marque très forte, mais il faut remettre des méthodes de travail actuelles.

LSA - Votre objectif est-il de revenir concurrencer ces poids lourds du secteur ?

R. B. - Oui, mais je n'en ai pas encore les moyens ! En début d'année, Morgan comptait 121 points de vente en France. Avec des surfaces allant de 50 à 500 m2, comme sur les Champs-Élysées, allez mettre des modules de gestion là-dessus...

LSA - Comment comptez-vous redresser la barre ?

R. B. - D'abord, il faut remettre la marque dans son marché. Morgan n'est ni Gucci ni Prada. La petite robe Morgan doit être jolie et pas très chère. Jusqu'à maintenant, l'enseigne était partie sur des marges phénoménales avec des taux de sortie minables. À la fin, il fallait tout solder... Aujourd'hui, les premiers résultats sont là. Les croissances en 2010 à surface comparable sont de l'ordre de 40 à 50 %. Mais il faut tout refaire évoluer, produits et équipes. Ce n'est pas facile, et chacun doit y mettre du sien. Quand je vais dans des magasins où pas un coup de pinceau n'a été donné, pas une ampoule n'a été changée en dix ans, j'ai honte. Mais il faut du temps.

LSA - Pourrez-vous respecter le calendrier initial ?

R. B. - Les projets de reprise d'entreprise prennent toujours deux fois plus de temps et d'argent que prévu. J'avais dit deux ans, ce sera quatre. J'avais dit tant de millions d'euros, ce sera deux fois plus [un investissement de 25 M € sur trois ans avait été annoncé au moment du rachat, LSA n° 2084, NDLR].

LSA - En 2009, vous annonciez des fermetures à l'étranger. Combien de magasins avez-vous aujourd'hui ?

R. B. - Je ne peux pas vous le dire, je ne le sais pas. Le dossier de reprise était faux, nous avons découvert que certains magasins n'existaient plus. À la louche, tous statuts confondus, il y a encore 370 magasins qui vendent des vêtements Morgan dans le monde, contre les 500 annoncés lors du rachat. En Asie, nous avons trouvé des partenaires navrés de voir la déconfiture de la marque. En décembre, nous avons créé un bureau à Singapour avec un beau projet de développement sur l'Asie du Sud-Est, la Chine et le Japon. Mais ce travail restera souterrain encore pour dix-huit à vingt-quatre mois. Là aussi, il faut tout revoir, le modèle d'export était dépassé.

LSA - En France, quels sont les projets pour 2010 ?

R. B. - Le coup est déjà parti. Morgan va ouvrir une vingtaine de magasins cette année, en succursales et en franchises. D'ailleurs, plusieurs franchisés Cache-Cache ont décidé d'ouvrir un point de vente sous cette enseigne.

Beaumoir en chiffres

858 M € de chiffre d'affaires 2009 (+ 34 %)

Nombre de magasins

946 Cache-Cache, dont 474 en France

272 Patrice Bréal, dont 269 en France

112 Scottage en France

168 Bonobo, dont 166 en France

206 Morgan, dont 120 en France

Source : Beaumanoir, à fin février 2010

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Article extrait
du magazine N° 2140

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